‹ Cinq cents contes et apologues (volume 2)Chapitre 51 sur 59 · ENERGIE S E · texte numérisé non relu

ENERGIE S E

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SÛTRAS DIVERS (N° 499) 337

cin. » Æ’i-yu (Jivaka) insista : « Allez dire à la femme de votre maître qu’elle me permette seulement de la soigner; si elle guérit, elle me donnera ce qu’elle voudra.» Quand le portier eut rapporté ces paroles, la femme songea que, s’il en était ainsi, elle ne risquait rien ; elle ordonna donc au portier de le faire entrer. Æ’i-yu (Jivaka), s'étant rendu auprès de la femme du notable, lui demanda quelles étaient ses souffrances ; elle répondit qu’elle souffrait de telle et telle manière. « Comment, reprit-il, a commencé

votre maladie ? — Elle a commencé dans telles et telles circonstances. — Votre maladie est-elle ancienne ou récente ? — Elle date de telle époque ». Après toutes

ces questions, Æ’i-yu (Jivaka) déclara : « Je puis vous soi-

gner. » Il prit alors un bon remède qu’il fit frire dans du beurre, puis il le versa dans le nez de la femme ; le beurre ressortit avec de la salive par la bouche de la malade ; celleei reçut le tout dans un vase et recueillit Le beurre en le séparant de la salive qu’elle rejeta. En la voyant agir ainsi, K'i-yu (Jivaka) se sentit pénétré de tristesse, car il se disait : « Si elle se montre économe à ce point pour un peu de beurre malpropre, que sera-ce quand il s'agira de me récompenser! » La malade s’aperçut de ses préoccupations et lui demanda: « Étes-vous affligé ? » Sur sa réponse affirmative, elle lui demanda la cause de son affliction. « Je pensais dit-il, que si vous êtes économe à ce point quand il s’agit d’un peu de beurre malpropre, ce serait bien pire quand :l s'agirait de me récompenser; voilà pourquoi je m'attriste. » La femme répliqua

« Diriger un ménage n’est pas chose facile ; quelle utilité y avait-il à jeter ce beurre qui peut encore servir à allumer la lampe ? Je l'ai donc recueilli. Quant à vous, occupez-vous seulement de soigner ma maladie; à quoi bon vous affliger ainsi ? » Il la traita donc et, par la suite, elle guérit de sa maladie ; alors cette femme du notable lui donna quatre cent mille onces d'or, ainsi que

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