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ÉPRIB XEX 72 Dev)
Autrefois, le fils d’un roi dès l’âge de sept ans entra dans de profondes montagnes pour y rechercher et y étudier la sagesse des ascètes ; il n'avait point encore appris quelles étaient les attributions des divers fonctionnaires de la cour. Plus tard, le roi de ce pays étant mort, il n’y eut personne qui fût qualifié pour devenir roi du royaume. Les ministres se rassemblèrent et délibérèrent entre eux, disant : « L’ascète qui est dans la montagne était à l’origine fils du roi; d'autre part il pratique la sagesse et la verlu; prenons-le pour roi et toutes les principautés auront en lui un appui. »
Tous donc, officiers et gens du peuple, sortirent et se rendirent dans la montagne; ils saluèrent cet ascète du titre de roi ; ils le firent monter dans le palanquin royal et revinrent à la capitale ; ils donnèrent l’ordre à l'officier de bouche de préparer des mets délicats et exquis pour
nourrir le grand roi. Le roi, voyant que le goût de ces aliments agréait à sa bouche, se mit à demander à son cuisinier toutes les autres choses les unes après les autres.
Ses ministres rassemblés se prirent tous'à rire et dirent donc au roi : « Les cent officiers ont des attributions qui font que chacun d’eux préside à des fonctions détermi-
nées : l'officier de la cuisine préside à la nourriture; l’offi-
cier des vêtements préside à l'habillement; pour les affaires militaires et pour les trésors d’objets précieux, il y a des préposés spéciaux. Il ne faut pas, parce que
votre nourriture a été bonne, charger de tout un seul
homme. »
- Get apologue (fait comprendre que), dans la foule des
livres saints qui donnent des explications, chacun d’eux
donne certaines explications et on ne peut demander tout à un seul livre saint. Parmi eux, il y en a par exemple qui expliquent les diverses essences, leur réalité et leurs caractéristiques; l’abhidharma explique Pêtre des diverses essences ; chacun d’eux est différent des autres et c’est ainsi qu'on expose la nécessité tantôt des caractéristiques, tantôt de l’absence de caractéristiques.
CPrip XXE, 7, ,p; Iye0r.)
Dans la forêt des cerfs, il y avait autrefois une troupe de cinq cents cerfs; dans cette forêt il y avait (aussi deux) rois des cerfs; l’un était le Bodhisattva:; l’autre était le vrai roi.des cerfs. Un jour le roi du pays sortit de la ville-pour chasser ; il vit cette troupe de cerfs et amena
(1) Voyez plus haw, n° 18, t. I, p. 68-71.
des soldats pour les cerner. Ces deux rois des cerfs, après. avoir tous deux avisé à un moyen (de salut) allèrent ensemble auprès du roi des hommes et, se mettant à deux genoux devant lui, ils lui dirent : « Maintenant, puisque nous sommes sur le territoire de votre Majesté, nous sommes destinés à la tuerie ; mais si votre Majesté met à mort en une fois tous les cerfs, vous n'aurez pas le temps de les manger tous et il y en aura qui se pourriront ; nous vous proposons de vous envoyer chaque. jour deux cerfs pour subvenir à la nourriture de votre Majesté ; tous les autres tour à tour devront jour après jour vous être envoyés sans que nous nous permettions d'y manquer; nous souhaitons que votre Majesté nous écoute afin que nous puissions un peu prolonger notre vie. Ne serait-ce pas là un bienfait digne de vous, 6 grand roi ? » Alors le roi donna son consentement à cette proposition; il ordonna qu’on ouvrit le cercle d’investissement et qu’on laissât aller (les cerfs). À partir de ce moment, ces deux rois des cerfs arrangèrent entre eux un choix pour déterminer l’ordre de succession suivant lequel deux cerfs étaient chaque jour envoyés aux cuisines du roi. Plusieurs jours plus tard, il y eut une biche enceinte dont ce fut le tour d’aller à la mort; cette biche se rendit auprès de son roi pour lui demander d’attendre que sa grossesse füt terminée; le roi des cerfs lui répondit : «Le tour des autres cerfs n’est pas encore arrivé; qui pourrait vous remplacer ? » Cette biche alla alors auprès du roi qui était le Bodhisattva et lui dit : « Mon roi n'est pas compatissant et ne trouve pas d’arrangement qui le rende indulgent. Maintenant, je viens vous remettre ma
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destinée et je désire que vous arrangiez cette affaire. »
Le roi des cerfs qui était le Bodhisattva eut pitié de sa situation; il alla donc lui-même dans les cuisines du roi des hommes; le chef des cuisines vint dire au roi : « Le roi des cerfs est venu de lui-même dans les cuisines et
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demande à se substituer à cette biche enceinte. » Le roi, surpris d’un fait si extraordinaire, dit au chef des cuisines : « Amenez-moi ce roi des cerfs. » Le roi des cerfs vint donc auprès du roi des hommes et lui exposa toute Sa pensée ; alors la foi s'éveilla dans le cœur du roi qui (se dit que), si les animaux mêmes pratiquent la vertu, à combien plus forte raison les hommes le doivent-ils faire. Il ordonna que dans tout son royaume on cessât à jamais de chasser et il donna à perpétuité à la troupe des - cerfs le territoire de cette forêt qui prit dès lors le nom de Forêts des cerfs (Mrgadâva). |
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(Trip. XIX, JNpr O4 Cho D 12rv 1970)
Autrefois, il y avait un laïque dont la femme était en- ceinte; il invita le Buddha à venir dans sa demeure et, . après lui avoir fait des offrandes, il voulut prier le Tathä-
gata de pronostiquer ce que serait l’enfant que sa femme devait plus tard mettre au monde, car il désirait savoir si
ce serait un fils ou une fille. Le Buddha lui dit : « Elle enfantera plus tard un fils qui sera d’une beauté merveil-
leuse et qui, quand il sera devenu grand, jouira parmi les hommes des félicités qui sont réservées en haut aux devas; plus tard, il obtiendra la sagesse d’Arhat. » Quand le laïque eut entendu ces paroles, il les mit en doute dans . Son cœur et n’y ajouta pas foi.
Par la suite il invita encore (un disciple des) six maîtres (hérétiques) et, après lui avoir fait des offrandes, le pria derechef de faire un pronostic ; le laïque dit à cet hérétique : « Auparavant, j'ai chargé le çramana Gautama de faire un pronostic; il a dit que (ma femme) devrait plus
tard enfanter un fils; mais je ne sais pas si ce sera réellement un fils vertueux ou non. ANSE lui dit : « Elle enfantera une fille. »
Cet hérétique détestait La loi du Buddha; quoi qu’en vérité il voulût la contrecarrer, lorsqu'il s’en fut retourné, il fit la réflexion suivante : « Si cette (femme) engendre un fils, ce laïque me délaissera et servira Gautama. » II tint alors au laïque ce discours trompeur : « Votre femme doit enfanter un fils; mais, après la naissance de ce fils, il y aura de grandes calamités et votre famille et votre parenté jusqu’à la septième génération seront entièrement anéanties; c’est parce que ce pronostic était néfaste que je vous ai faussement dit naguère que ce serait une fille (qui naîtrait). »
En entendant cela, le laïque en conçut une grande frayeur dans son cœur et ne sut que faire. Cet hérétique lui dit alors : « Si vous désirez obtenir un avenir heureux et avantageux, il suffit d'éliminer (cette cause de mal). » L'hérétique se mit alors à masser le ventre de la femme du laïque afin de la faire avorter; comme il lui massait le ventre sans discontinuer, la femme du laïque mourut; cependant son fils n’était pas mort, grâce à un effet du bonheur que lui avaient assuré ses existences antérieures. Le laïque se débarrassa alors de sa femme, en la mettant dans l'endroit des morts; on fit un grand tas de bois pour la brüler; au moment où les flammes étaient ardentes, le Buddha accompagné de ses disciples, se rendit là pour regarder; le corps de la femme du laïque se fendit et on apercut son fils assis sur une fleur de lotus; il était d’une beauté merveilleuse et son visage était comme la neige.
Le Buddha ordonna à A'i-yu (Jivaka) (1) de lui apporter cet enfant; quand Æ'1-yu (Jivaka) l’eut apporté, on le sortit de Îà et on le rendit au laïque qui alors le
1 Le célèbre médecin.
TSA PI YU KIXG (N° 176) 39
nourrit et l'éleva. Quand il eut atteint l’âge de seize ans, il l’emportait sur les autres hommes en talent et en beauté ; il prépara alors en quantité des boissons et des nourritures excellentes et invita l’hérétique (dont il a été question plus haut); quand l’hérétique se fut assis, au bout d’un moment il se mit à éclater de rire, et comme l’autre lui demandait pourquoi il riait, il répondit : « Je vois à cinquante mille : d'ici une montagne; au pied de cette montagne il y a une rivière; un singe est tombé dans cette rivière et c’est pourquoi je ris. » Le jeune homme savait que tout cela n’était que mensonge; c’est pourquoi, dans le bol (de l’hérétique) il placa toutes sortes de bouillies exquises qu’il recouvrit de riz et chargea un À homme de le lui présenter ; pour toutes les autres personnes, il plaça dans leurs bols le riz au fond et Îles bouillies au-dessus; tous les gens se mirent à manger; seul l’hérétique jetait des regards irritéset ne mangeait pas.
Comme le maître de la maison lui demandait pourquoi il ne mangeait pas, l’hérétique répondit : « Je n’ai pas de bouillie ; comment mangerais-je? » Le maître de la maison lui dit : « Si votre regard peut voir un singe qui tombe dans l’eau à cinquante mille /z d'ici, comment ne voit-il pas les bouillies qui sont sous le riz? » L’hérétique fut grandement en colère et en définitive 1l s’en retourna sans avoir mangé.Il se rendit auprès de Chü-lik’ieou fo (Grigupta) à qui il raconta tout ce qui s'était passé; la sœur aînée de cet homme était en effet la femme de Crigupta. Quand Crigupta eut entendu ce récit, lui aussi s’irrita ; il dit à l’hérétique : « Gautama est le maïtre de ces gens; mais c’est moi qui suis le grand maitre; je-l’inviterai à venir pour le calomnier et lui faire affront. » C'est pourquoi il disposa la fosse pleine de feu et la nour-riture empoisonnée (1). Cette histoire est fort étendue; on
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(1) Voyez Hiuan-tsang, Mémoires, t. IT, p. 18-19.
ne peut la rapporter point par point; c'est pourquoi nous l'avons abrégée en n’en prenant que l'essentiel.