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(TPID AEX 7, pr v A)
Autrefois, il y eut un religieux qui sé rendit dans la maison d’un brahmane pour y mendier de la nourriture; le brahmane chargea sa femme de lui présenter de la nourriture pour lui donner à manger; cette femme se tenait debout devant (le religieux), et, comme elle était belle, celui-ci conçut dans son cœur l’idée de jouer un bon tour; il dit au brahmane : « Le goût de la volupté; après, malheur; sortir. » Le brahmane ne comprit pas et lui demanda ce que signifiaient ces paroles : « Le goût de la volupté; après, malheur; sortir. » Le religieux prit alors dans ses mains la gorge de la femme et ils s'embrassèrent l’un l’autre; après l'avoir embrassée, il dit au brahmane : « Ça, c’est : Le goût de la volupté. » Le brahmane, très irrité, frappa d’un coup de bâton ce religieux qui lui dit alors : « Ça, c’est : Après, malheur. » Comme Le brahmane voulait le frapper encore, le religieux s’enfuit hors de la porte, puis, retournant la tête, il dit au brahmane : « Ca cest: Sortir»
Cet apologue prouve que lorsque les hommes ne peur vent comprendre à fond tout le sens (des maximes de la religion), il faut leur montrer des exemples concrets et alors ils sont éclairés (1).
(1) La leçon que le religieux voulait donner par un exemple, que le mari de la femme dut trouver un peu trop concret, était sans doute la suivante : celui qui s'abandonne à ses désirs sensuels éprouve ensuite des malheurs et c'est pourquoi il juge préférable de sortir du monde et d’entrer en religion.
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rip KES IDES NT)
Autrefois, il y eut un paysan qui se rendit pour un moment à la ville; il aperçut un homme qui, ayant subi la peine du fouet, s’enduisait le dos de crottin de cheval tout chaud; il lui demanda pourquoi il faisait cela et l’autre lui répondit : « C’est pour que mes blessures guérissent facilement et ne laissent pas de cicatrices. » Le paysan garda secrètement (cette recette) dans son cœur; plus tard, étant de retour chez lui, il dit aux gens de sa famille : « En allant à la capitale, j'ai acquis beaucoup de sagesse. » Les gens de sa famille lui ayant ensuite demandé quelle était cette sagesse, il appela un esclave et lui dit: « Apportez un fouet et donnez-moi de toutes vos forces deux cents coups de fouet. » Par crainte de son maître, l’esclave n'osa pas désobéir et lui donna donc de toutes ses forces deux cents coups de fouet jusqu’à ce que le sang qui ruisselait couvriît son dos; il dit alors à son esclave : « Apportez du crottin de cheval tout chaud pour m'en enduire; cela pourra faire que (mes blessures) guérissent facilement et ne forment pas de cicatrices. » Puis il dit aux gens de sa famille : « Saviez-vous cela ? Voilà quelle est ma sagesse. »
Cet apologue s'applique au religieux qui renonce aux défenses : au début, il a rencontré un maître éclairé et a recu les défenses; mais ensuite, ayant eu l'occasion de voir d’autres personnes, les défenses qu'il avait recues sont rejetées et il délaisse les défenses qu'il avait d'abord acceptées ; il redevient laïque et détruit (en lui) le corps de la Loi (dharmakäâya) ; il est comparable à celui qui recoit deux cents coups de fouet, en sorte que le sang qui ruisselle lui couvre le dos; quand alors il demande à recevoir de nou-
veau (les défenses), il est comme celui qui s'enduit de crottin de cheval.
(rip AIX D 0 NE CRD: 13 rs
Dans un royaume étranger il y avait un exorciste de nâgas; avec sa kiun-lch'e (kundikâ, cruche) remplie d’eau, il se rendit au bord d’un étang où se trouvait un nâga et prononca de tout son cœur la formule de conjuration. Ce nâga vit alors aussitôt qu’un grand feu s'élevait du fond de l'étang et que tout l’étang était en flammes; en apercevant le feu, le nâga fut effrayé et sortit la tête pour regarder au loin les montagnes; il vitencore qu’un grand feu incendiaitles montagnes et les marais; il regarda plus haut jusqu’au sommet des montagnes et ne trouva aucun endroit où il püt s'établir; tout était brülant et il n’avait aucun lieu où réfugier son corps; il apercut que seule l’eau qui était dans la cruche (kundikà) pouvait lui permettre d’échapper au péril; alors il anéantit son grand corps et prit une forme menue et petite pour s'introduire dans la cruche (kiun-tch'e, kundikâ).
Cet étang du nâga symbolise le monde des désirs (kàmadhâtu); les montagnes et les marais que (le nâga) voit de loin sont le monde des formes (rüpadhâtu); le sommet de la montagne qu’il regarde est le monde de la privaüon de forme {arüpadhâtu). Le conjurateur de nâgas symbolise Le Bodhisattva; l’eau de la cruche, le Nirvâna; la formule de conjuration, les moyens (d’arriver à la Bodhi); le grand feu brûlant, l’impermanence visible; le grand corps du nâga, l’arrogance; la petite forme qu'il prend, l'humilité. Cet apologue signifie ‘donc : Le Bodhisattva
montre que le présent kalpa brüle de part en part les désirs et les formes et que le grand feu de l’impermanence épouvante tous les êtres; il nous exhorte à nous dépouiller de notre arrogance, à nous humilier et à descendre toujours plus bas, afin qu’ensuite nous entrions tous dans le Nirvâna.
(Trip, XIX, 7, p. 5 v°.).
Autrefois dans un royaume étranger, il y a de cela fort longtemps, il y avait une pierre qui, se trouvant sur le
bord de la route que fréquentaient les hommes, était
souvent foulée par les chars et par les chevaux et petit à
petit s’effritait. En ce temps il y eut un. homme qui,
ennuyé de la voir gêner la route, voulut absolument la supprimer et la frappa de manière à la briser; il vit un serpent venimeux sortir du milieu de la pierre et devenir de plus en plus grand en se gonflant; en l’espace d’un moment, son corps remplit le Jambudvipa; tout ce qu’il y avait d'êtres vivants, hommes et bêtes, dans le Jambudvipa, en un jour ce serpent les dévora entièrement. Après quoi il mourut.
Puisque la rétribution des actes mauvais se produit déjà avec une telle promptitude, à plus forte raison, lorsque le Bodhisattva, qui est d’abord un homme ordinaire, a accumulé ses actes méritoires et a multiplié ses vertus, et cela à travers des kalpas aussi nombreux que les grains de sable, s’il arrive un moment où, dès qu'il en a concu l'idée, il réalise en lui la sagesse du Buddha, explique la Loi, sauve les hommes et atteint au Nirvâna, pourquoi s’étonnerait-on de la rapidité avec laquelle cela se produit ?
CPrip XEXST, Dr: 07)
Autrefois il y avait la tête et la queue d’un serpent qui se faisaient l’une à l’autre des remontrances. La tête dit à la queue : « C’est moi qui dois être la plus grande. » La queue dit à la tête: « Moi aussi je dois être la plus grande. » La tête dit : « J'ai des oreilles avec lesquelles je peux entendre; j'ai des yeux avec lesquels je peux voir; j'ai une bouche avec laquelle je peux manger. Au moment où nous marchons, je suis celle qui est le plus en avant, c'est pourquoi il faut que je sois la plus grande. Vous n'avez pas ces talents; vous ne devez pas être la plus grande.» La queue dit : « C’est moi qui vous permets d'aller de l’avantet c’est ainsi que vous pouvez aller de l’avant; si je m'enroulais en faisant trois tours de tout mon corps autour d’un arbre etsi, trois jours durant, je ne me relächais pas, (vous seriez condamnée à mourir. » La queue fit comme elle venait dé dire); alors la tête ne put plus s’en aller pour chercher sa nourriture; affamée, elle était près de mourir. La tête dit à la queue : « Vous pouvez nous mettre en liberté; je vous accorde que vous êtes la plus grande. » La queue, ayant entendu cette parole, les mit aussitôt en liberté. (La tête) dit encore à la queue : « Puisque vous êtes la plus grande, je vous permets de marcher devant. » À peine avaient-elles fait quelques pas qu'elles tombèrent dans une fosse pleine de feu et y périrent.
Voici à quoi s'applique cette comparaison : Si parmi les religieux il se trouve quelque supérieur (sthavira) de grande vertu (bhadanta) et intelligent qui peut décider des points de doctrine et de discipline, et si au-dessous
s'mintiits dois natal)
à re
de lui il y a un homme médiocre qui se refuse à lui obéir, lorsque le supérieur n’est pas assez fort pour imposer ses ordres à cet homme et qu’il lui dit donc : « Je désire que vous agissiez à votre guise », les affaires ne réussissent
pas et tous deux ensemble tombent dans les violations de
la loi. Is sont comparables à ce serpent qui tomba dans la fosse pleine de feu. |
DPI, XIX,.,/, p.90 vor: ch p.13 v°.)
Autrefois un oiseleur avait tendu son filet sur un marais et y avait placé des aliments dont se nourrissent les oiseaux. Des oiseaux en foule, appelant leurs compagnons, accoururent à l’envi pour les manger. L’oiseleur tira à lui
. la corde de son filet et tous les oiseaux tombèrent dedans;
or, (parmi eux) se trouvait un oiseau grand et très fort; 1l souleva avec son corps le filet et, de concert avec tous les autres oiseaux, partit en s’envolant.
L’oiseleur se mit à leur poursuite en se guidant sur l'ombre qu'ils faisaient; quelqu'un lui dit : « Les oiseaux volent dans les airs et vous les poursuivez à pied. Quelle n’est pas votre folie ! » L’oiseleur répondit : « Pas si grande que vous le prétendez; ces oiseaux, quand viendra le coucher du soleil, voudront chercher à se poser pour passer la nuit: commeils iront alors dans des directions différentes, il faudra bien qu’ils tombent à terre. »
Cet homme continua donc à les poursuivre sans s’arréter; quand le soleil fut près de se coucher, il vit en levant les yeux que tous ces oiseaux tournoyaient en volant et se disputaient; les uns voulaient aller à lest, les autres à l’ouest; ceux-ci jetaient les yeux vers une grande forêt;
ceux-là désiraient se rendre près d’une eau courante; comme leurs contestations n'avaient pas de fin, au bout d'un instant ils tombèrent à terre. L'’oiseleur alors les prit et les tua les uns après les autres.
L'oiseleur représente Po-siun (Pâpiyân); le fait d’étendre le filet est comparable à celui de contracter les asservissements; les oiseaux qui volent en emportant le filet sur leur dos sont comparables à l’homme qui, avant d’être dégagé des asservissements qu'il a contractés, fait que ses désirs produisent la révolution essentielle; les oiseaux qui s'arrêtent au coucher du soleil sont comme les hommes qui conçoivent des sentiments de lassitude et qui ne font plus de progrès. Les oiseaux qui ne sont pas d’accord quand ils cherchent à se poser sont comme ceux qui soulèvent les soixante-deux opinions (hérétiques) pour se contredire
continuellement. Les oiseaux qui tombent à terre sont
comme les hommes qui reçoivent la punition de leurs erreurs et tombent dans les enfers. Ceci montre que toutes les souillures que causent les asservissements contracés sont le filet de Mâra.
Ainsi donc (1) les asservissements contractés recouvrent
l’homme comme un filet. Ceux qui sont dans les deux
voies [supérieures (2)] doivent avec le plus grand soin veiller sur leur corps et sur leur bouche (3), pour ne pas se laisser tomber dans ce filet, car Les souffrances des trois voies mauvaises (4) et la prolongation indéfinie des naissances et des morts sont insupportables.
(1) Cette conclusion ne se trouve que dans la rédaction du Tchong king siuan Îsa pi yu king (Trip., XIX, 7, p. 13 vo).
2) Les conditions d'homme et de deva.
(3) Sur leurs actes et sur leurs paroles.
(4) Les conditions d'animal, de démon affamé et d'habitant des enfers.
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éFripis XIK,7, P. 6 r°.)
* Autrefois, au temps où le Buddha était dans ce monde, il y avait cinq cents hommes forts qui étaient tous devenus çramanas ; réunis en un même lieu, ils se tenaient assis en contemplation et récitaient les livres saints. Or, de méchants voleurs enlevèrent complètement tous les vêtements et les bols des religieux en ne leur laissant que leur nivâsana et leur samghâti.
- Après que ces voleurs furent partis, tous les çramanas, légèrement vêtus de leur niväsana et de leur samghäti, vinrent auprès du Buddha et lui racontèrent ce qui s'était passé. Le Buddha leur dit : « Pourquoi n’avez-vous pas poussé de grands cris ? » Ils répondirent : « Le Buddha ne nous y avait point encore autorisés; c'est pourquoi nous n'avons pas osé crier. »
Le Buddha dit à tous ces bhiksus : « Si vous n’osez pas crier, les voleurs vous dépouilleront chaque jour de vos vêtements, et qui sera alors capable de vous en donner constamment (de nouveau) ? Dorénavant je vous autorise, quand vous verrez venir des voleurs, à pousser de grands cris, à brandir des bâtons et à prendre en main des pierres pour les effrayer et les faire se retirer; mais gardez-vous d’aller jusqu’à les blesser ou les tuer réellement. »
‘ (Suit une longue dissertation sur les raisons pour lesquelles il ne faut pas attacher d'importance au corps, à la vie et aux richesses, sans cependant les mépriser absolu-
ment.)
(Trip, XIX, 7, p.6 2-1)
Autrefois, dans le T'ien-tchou (Inde) il y avait un lieu
de résidence où se tenaient cent mille çramanas; plus de cinquante mille d’entre eux avaient déjà obtenu (la dignité d’) Arhat; leurs six pénétrations (abhijñâs) étaient pures et pénétrantes: ils avaient cessé de passer dans le cycle des transmigrations. Il restait cinquante mille hommes, dont les uns avaient obtenu les trois degrés inférieurs de la sagesse, et dont les autres ne les avaient pas encore obtenus. Or, il y eut un notable qui, dans le désir de rechercher les félicités dont on jouit autant qu’on veut dans les conditions d'homme et de deva, vint dans ce temple et y disposa un repas qu'il offrit à la foule des religieux.
En ce temps, il y avait un sthavira qui était un grand Arhat ayant obtenu les six pénétrations surnaturelles ; cet homme était fort vieux; sa barbe était blanche; ses dents étaient tombées ; son corps était décrépit; il était celui qui occupait la plus haute position parmi ces cent mille hommes. Quand on eut fini de prononcer des vœux accompagnés de prières en faveur de ces notables, quand on eut bu et mangé et quand l’eau pour les ablutions eut cessé de circuler, (ce vieillard) dit alors au notable : « O dânapati, par votre libéralité présente vous venez de vous attirer un grand châtiment. »
Aussitôt ceux des religieux qui n'avaient point encore obtenu la sagesse dirent tous que le sthavira avait prononcé celte folle parole à cause de son grand âge. Le sthavira leur répondit : « C’est là une chose véritable; je n’ai point dit une folle parole. » Les religieux en foule lui
PT OU SR QT 7 Ut
demandèrent : « Cet homme vient de semer pour lui le bonheur; comment récolterait-il le châtiment ? »
Le sthavira répondit : « Vous connaissez la première phase, mais vous ne connaissez point encore la seconde. Cet homme a semé pour lui le bonheur ; aussi recevra:t-il encore des félicités en se trouvant dans les conditions d'homme ou de deva; mais, tandis qu’il jouira de ces félicités, il concevra une grande arrogance; il pensera qu’il
a fait assez et ne cherchera pas à être délivré; quand il
regardera le Buddha, il ne l’adorera pas; quand il verra des livres saints, il ne les lira pas; quand il verra des cramanas, il n'aura pas pour eux des sentiments de respect; il s’'abandonnera au gré de ses désirs ; quand il aura fini de jouir de ces félicités, il devra tomber dans les voies mauvaises et y rester pendant des asamkhyeya-kalpas illimités; quand son châtiment sera fini, alors il en sortira. S’il peut semer ainsi pour lui de grands châtiments, c'est parce qu’il aura reçu la grande rétribution (1) de sa conduite dans ce monde. Si donc il fixe (maintenant) son cœur sur la sagesse sainte et s’il fait cet acte producteur de bonheur, plus tard, quand il recevra sa rétribution, ce ne sera pas en définitive cette rétribution là (qu'il recevra) (2). »
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CÉASERARS 7 be 6
Autrefois dans le royaume de T'ien-lchou (Inde), il y avait deux hommes pauvres ; ils s’ingéniaient pour gagner
(1) En d’autres termes, la récompense même que sa bonne action lui aura value l'induira à commettre des fautes qu'il expiera cruellement plus tard.
(2) En définitive il sera châtié au lieu d'être récompensé.
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leur vie et calculaient avec parcimonie ; ils s'occupaient à vendre du lait fermenté. Ces deux hommes, portant chacun sur leur tête une jarre de lait fermenté, se rendirent au marché pour l'y vendre; en ce temps, il avait plu et le chemin était glissant ; un de ces hommes, qui était sage, se fit cette réflexion: « Aujourd’hui, à cause de la boue et de la pluie, il est difficile de marcher sur la route ; si je viens à tomber, ma jarre se brisera et je perdrai tout. Maintenant je vais retirer entièrement le beurre et si je dois tomber, ce que je perdrai sera sans importance. » L'autre homme, qui avait peu de prévoyance, prit ensemble le beurre et le lait) pour aller au marché.
Au milieu du chemin que la boue rendait glissant, ces. hommes tombèrent tous deux ; l’un d’eux s’abandonna au désespoir, versa des larmes et se tordit (de douleur) em restant étendu sur le sol ; l’autre n’avait point l’air chagrin. et ne témoignait aucun déplaisir. Quelqu'un leur demanda: « Vous avez tous deux cassé votre jarre de lait; votre perte est égale et ne diffère point pour l’un et pour l’autre. Pourquoi l’un de vous est-il seul à s’affliger, à pleurer et à exprimer ses regrets, tandis que l’autre reste calme et ne semble point fâché? » Un de ces hommes répondit : « Du lait que je portais je n'avais point extrait le beurre; maintenant que ma jarre est brisée, ma perte est absolument totale ; c'est pourquoi je ne puis dominer mon affliction. » L'autre homme répondit : « Du lait que je portais j'avais. au préalable enlevé le beurre; maintenant, bien que ma jarre soit cassée, ma perte est de peu d'importance; c’est: pourquoi je reste tranquille et n’éprouve pas de regrets. »
La jarre symbolise le corps; le beurre symbolise les richesses. Quand un homme est avare et tient à ses. richesses, 1l recherche avec avidité son intérêt immédiat et ne songe pas à l'impermanence; mais quand son corps, comme la jarre, vient à se briser, ses richesses sont entièrement perdues, et il est comparable à cet homme qui
perdit follement son beurre et son lait; il s’afflige alors et a des regrets rétrospectifs, mais son repentir ne sert de rien. (Au contraire,) quand un homme croit fermement auxrécompenses des vies futures, toutcequ'iladerichesses, il l’emploie en charités; même quand son corps, comme la cruche, vient à se briser, la perte qu’il éprouve est sans importance, et il est comparable à cet homme qui, bien que sa jarre de lait se füt brisée, n'avait subi qu’une perte minime ; son cœur reste tranquille et il n’a point lieu d'avoir des regrets rétrospectifs.
(rip RER pe6 mt ct D 19 V0)
Il y avait autrefois cinq cents marchands qui étaient montés en bateau et étaient allés sur la mer pour chercher des denrées précieuses. Il arriva que le poisson mo-kie (makara) sortit la tête et, la gueule grande ouverte, voulut dévorer tous les êtres vivants; en ce jour, il y avait peu de vent et cependant le bateau filait comme une flèche. Le patron sa-po (sârthavâha) dit à l'équipage : « Le bateau file trop vite ; il faut relâcher la voile et la descendre à fond. » Mais le bateau n’en alla que plus rapidement et on ne pouvait l'arrêter.
Le patron sa-po (särthavâäha) demanda à l’homme qui était sur le château d’avant : « Que voyez-vous ? » « Je vois, (répondit-il), en haut deux soleils qui apparaissent; en bas est une montagne blanche ; au milieu est une montagne noire!. » Le patron sa-po (sârthavâha) s’écria tout effrayé : « C’est là le poisson gigantesque ; que faut-il faire ?
(1) Ce sont, apparemment, les deux yeux, les dents et la langue du monstre qui sont ainsi décrits par le matelot épouvanté.
Vous et moi maintenant sommes en grand péril; nous allons entrer dans le ventre du poisson et il n’y aura plus aucun moyen de sauver notre vie. Que chacun de vous implore de tout son cœur les dieux qu'il sert. » Alors tous ces hommes se mirent chacun à confier sa destinée à la divinité qu'il servait en lui demandant de les retirer de détresse ; mais pius leurs prières étaient ardentes, plus vite allait le bateau.
Au bout d'un moment, comme il ne s’arrétait pas, il allait entrer dans la gueule du poisson ; alors le patron sa-po (sàrthavâha) dit aux autres : « Je sais un grand dieu qu'on appelle Buddha ; vous autres, abandonnez les dieux que chacun de vous adore et invoquez-le. » Alors ces cinq cents hommes poussèrent à grands cris l’invocation na-mo Fo (namo Buddhâya).
Le poisson, entendant le nom du Buddha, fit cette réflexion : « Aujourd’hui dans le monde il y a de nouveau un Buddha; comment pourrai-je supporter de faire du mal à tous les êtres vivants? » Ayant fait cette réflexion, il referma la bouche ; l’eau se mit à couler en sens inverse et repoussa (le bateau) loin de la gueule du poisson. Les cinq cenis marchands purent être sauvés en même temps.
Ce poisson, dans une existence antérieure, avait été un religieux qui, pour quelque faute, reçut ce corps de poisson ; dès qu’il entendit prononcer le nom du Buddha, il se souvint de son existence antérieure ; c’est pourquoi il réfléchit et de bons sentiments se produisirent en lui. Cette histoire prouve que ces cinq cents marchands, simplement en pensant de tout leur cœur au Buddha et en prononçant un instant son nom, purent être délivrés d’un péril immense comme le ciel; à combien plus forte raison, quand quelqu'un conserve dans son cœur la samâdhi qui consiste à penser au Buddha, cela fera-t-il que ses fautes graves deviendront légères etque ses fautes légères seront effacées. Mais des exaucements comme celui (que nous venons
de raconter dans cette histoire), il n’y en a pas un grand
nombre.
(Trips XIX;7, p.677)
Au temps où un kalpa avait été détruit par le feu, tout l’univers était vide. Grâce à la force des causes résultant des actes vertueux producteurs de bonheur accomplis par tous les êtres, les vents des dix régions arrivèrent; tous
ces vents, en soufflant (1) ensemble, purent soutenir une
grande masse d’eau; sur cette eau se trouvait un homme
à mille têtes qui avait deux mille mains et deux mille
pieds; son nom était Wei-si (Visnu); cet homme produisit du milieu de son nombril une fleur de lotus couleur d'or à mille pétales ; son éclat était fort brillant et était semblable à celui de dix mille soleils éclairant ensemble. Dans le lotus était un homme qui se tenait assis les jambes croisées l’une sur l’autre; cet homme à son tour avait un éclat illimité; son nom était le roi des devas Brahma; de son cœur il fit naître huit fils; ces huit fils engendrèrent le ciel, la terre et les hommes. Le roi des devas Brahma n'avait plus en lui aucun reste de tout ce qui est luxure et colère ; c’est pourquoi on dit, quand un homme se livre à la méditation, agit purement et supprime en lui les désirs débauchés, qu'il pratique la conduite de Brahma (brahmaéàrin); quand les Buddhas font tourner la roue de la Loi, on appelle parfois (cette roue) la roue de Brahma. Le roi des devas Brahma était assis sur une fleur de lotus ; c'est pourquoi tous les Buddhas, pour se conformer à la coutume du monde, sont assis sur une fleur de lotus en ayant les
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(1) 1H faut lire vraisemblablement FX au lieu de fR
jambes croisées ; (c'est alors qu”) ils expliquent les six pâramitâs, et ceux qui entendent cette doctrine atteignent à l'anuttara-samyak-sambodhi.