CÉPIDSR ER TE DT PE
Autrefois il y avait une fille de noble naissance qui avait un visage fort beau et un extérieur remarquable; elle sortit du monde, s’adonna à l'étude et obtint la voie d’Arhat. Comme elle se promenait solitaire dans un bois en dehors de la ville, elle rencontra ug homme qui, en voyant le visage admirable de cette bhiksuni devint profondément épris d'elle. Il se tint debout devant elle en lui barrant le chemin et voulut la posséder ; il lui déclara avec serment : «Si vous ne me cédez pas,je ne vous laisserai pas partir. »
La bhiksuni se mit alors à lui expliquer la théorie des humeurs sales et de l’impureté : qu’y a-t-il qui soit désirable dans la tête, dans les yeux, dans les mains et dans les pieds ? Cet homme dit alors à la bhiksuni : « J'aime la beauté de vos yeux.» Aussitôt cette bhiksuni arracha avec Sa main droite un de ses yeux et le montra au jeune homme ; le sang coulait sur son visage. Quand le jeune homme vit ce spectacle, ses désirs disparurent.
La bhiksuni, tenant un de ses yeux dans sa main, revint à l'endroit où se tenait le Buddha pour qu'il remit cet œil à sa place ; elle raconta tout ce qui s'était passé au Buddha et cest à la suite de cela que (le Buddha) décréta cette défense : « Dorénavant il ne sera pas permis aux bhiksunis de s'arrêter en dehors de la ville, ni de marcher seules en dehors des villages. »
CERN EKE C7 pr 1 4)
Les herbes et les arbres qui sont dans le monde peuvent tous servir de remèdes; c’est simplement parce qu'on ne s'entend pas bien à les distinguer qu'on ne le sait pas. Autrefois il y avait un saint roi-médecin nommé X”1yu (Jivaka) qui était capable de combiner et de réunir les herbes médicinales; il avait la forme d’un jeune garçon(1); ceux qui le voyaient éprouvaient de la joie et étaient guéris de toutes leurs maladies. Parfois, avec une seule plante, il soignait toutes sortes de maladies ; parfois, avec toutes sortes de plantes, il soignait une seule maladie. Parmi les herbes qui sont dans le monde, il n’y en avait aucune qui ne füt susceptible d’être employé par lui; parmi les maladies qui sont dans le monde, il n’y en avait aucune qu'il ne püt guérir.
Quand la vie de X’1-yu (Jivaka) prit fin, les herbes médicinales du monde se mirent à pleurer en même temps et toutes se lamentaient, disant : « Nous pouvons toutes être employées à la guérison des maladies; mais seul A1yu (Jivaka) était capable de nous bien connaître. Après la mort de X’i-yu (Jivaka); il n’y aura plus aucun homme qui soit capable de nous bien connaître. Les hommes qui viendront plus tard se tromperont parfois en nous employant; pèchant tantôt par excès, tantôt par défaut, ils feront que les maladies ne guériront pas, et ainsi on incitera les gens à penser que nous ne sommes point divines. C'est en songeant à cela que nous pleurons et gémissons. » | |
(1) « Jeune garçon » est l’épithète communément appliquée à Jivaka.
Or, il y avaitune (plante nommée) ho-li-le(1/(harîtaka), qui, se tenant à l'écart, était seule à ne point pleurer. Elle disait elle-même : « Toutes les maladies, je suis capable de les soigner; ceux qui me mangeront seront tous guéris de leurs maladies; ceux qui ne me mangeront pas ne guériront point. Il n'est pas nécessaire d’avoir recours au discernement d’un homme, et voilà pourquoi je ne pleure pas D.
K'i-yu (Jivaka) symbolise le Buddha; toutes les plantes . médicinales symbolisent les diverses lois; le ho-li-le (hari taka) symbolise l’impermanence. (Cette parabole) signifie que, lorsque le Buddha est présent dans le monde, il excelle à se servir des diverses lois; il est capable d’employer comme remèdes la luxure, la colère et la sottise ; pour guérir les hommes de leurs maladies; et toutes les autres bonnes lois, il s’en sert suivant l'opportunité, sans s'astreindre à une règle immuable; il est comparable au bon médecin des malades. Mais quand le Buddha a quitté ce monde, peu nombreux sont ceux qui savent bien se servir des diverses lois et les adapter aux circonstances; la considération de l’impermanence est alors ce qui guérit le plus souvent; elle peut également soigner la luxure et la colère et la stupidité; ceux qui s'en servent bien éloignent d'eux les maladies; ceux qui ne s’en servent pas bien sont atteints par tous les maux; c’est pourquoi elle est comparable au ho-li-le. Quant aux autres diverses lois, il n’est point aisé de s’en servir; ceux qui s’en ser-
vent doivent nécessairement avoir un maître qui les guide; quand on s’en sert bien, la maladie diminue ; mais quand on ne s’en sert pas bien, on ne fait qu'aggraver la maladie.
(d). Le meilleur purgatif, d'après Sucçruta. (Dict. de Saint-Pétersbourg)
ÉFrip, XEX: 7,p. 2 1%v°; CE p.13 v°-AA po)
Autrefois un boucher se rendit auprès du roi A-chü-che (Ajâtacatru) pour lui demander de lui accorder une chose qu'il désirait; le roi lui dit : « Que désirez-vous de moi?» L'autre répondit : « O roi, dans les occasions où vous . célébrez des fêtes, il est nécessaire qu’on tue (des animaux); je désire, Ô roi, que vous me fassiez la faveur de me charger de toute cette besogne. »
Le roi lui dit : « Mettre à mort est une occupation à laquelle les hommes ne se plaisent point; comment se faitil que vous désiriez cette occupation et que vous vous y plaisiez ? » L'autre répondit : « J'étais autrefois un pauvre homme et je gagnais ma vie au moyen d'une boutique où je tuais des moutons. Pour cette raison, j'ai pu naître en haut chez les quatre devarâjas; quand j'eus terminé cette existence de deva, je vins naître dans la condition humaine et je continuai de nouveau à tuer des moutons; après que ma vie fut finie, je naquis en haut dans le second ciel. De la sorte, par six fois je fus tueur de moutons et c’est à cause de cela même que je suis constamment né à six reprises dans la condition de deva et que j'ai éprouvé des félicités illimitées. Voilà pourquoi maintenant j'adresse cette demande à Votre Majesté. »
Le roi dit : « À supposer que ce que vous racontez soit vrai, comment le savez-vous? » L'autre répondit: «Je connais mes existences antérieures. »
Le roi n’ajouta pas foi à ce qu'il disait et pensa que c’étaient de vains propos, car comment un homme d'aussi basse condition aurait-il pu connaître ses vies antérieures ? Dans la suite, il interrogea à ce sujet le Buddha, qui
lui répondit : « Cet homme a dit vrai et ne vous a point tenu de vains propos. Dans les générations passées cet homme s'est trouvé rencontrer un Pratyeka Buddha; en voyant ce Buddha, il a-éprouvé de la joie et de tout son cœur il l’a contemplé attentivement; en levant les yeux, il a considéré sa tête; en abaissant son regard, il a examiné ses pieds ; ila conçu alors des sentiments excellents; c’est à cause de cette action méritoire qu’il a obtenu de naître six fois successivement en haut parmi les devas et que, lorsqu'il naît en bas parmi les hommes, il connaît ses existences antérieures; parce que sa vertu productrice de bonheur était müre, il a obtenu à six reprises de naître dans la condition de deva et dans la condition d'homme ; parce que ses fautes n'étaient pas encore müres, il n’en a point encore reçu le châtiment. Mais, quand il aura terminé son existence présente, il devra tomber dans les enfers pour y subir le châtiment d’avoir tué des moutons; quand il aura achevé son temps dans les enfers, il devra naître dans la condition de mouton et payer (de sa vie) autant de fois (qu'il aura tué de moutons). La connaissance que cet homme possède de ses vies antérieures est superficielle; il ne voit que ce qui concerne ses six existences dans la condition de deva; comme il n'atteint pas au delà jusqu'à sa septième existence (antérieure), il pense que c’est pour avoir tué des moutons qu’il est né dans la condition de deva. Une connaissance si limitée des existences antérieures n'est ni complète, ni claire. »
Ainsi, quand ceux qui accomplissent des actes méritoires formulent des désirs, il leur arrivé de parler inconsidérément en sorte que la rétribution des actes n’est pas bien comprise par eux; c'est ce que prouve cettehistoire(1).
(1). Ce paragraphe final ne se trouve que dans la rédaction du Tchongking siuan Isa pi yu king (Trip., XIX, 7, p. 14 ro).
CPrID, XIE, 7, p.18")
Autrefois il y avait un roi qui connaissait fort bien les châtiments et les récompenses et qui croyait à l’existence des rétributions. Il se plaisait constamment à répandre ses libéralités et ne s’opposait point aux désirs des hommes; sa renommée s'était étendue au loin dans les quatre directions et il n’était personne qui n'en eût entendu parler. Un jour, un pays voisin entra en campagne pour attaquer à l'improviste son royaume. Le roi se dit: « Si je sors pour combattre, il y aura certainement des blessés et des morts ; il vaut mieux que je sacrifie ma personne et que
je n’agisse pas avec cruauté à l'égard de mon peuple.»
Quand l’armée ennemie arriva, elle entra par la porte orientale de la ville et le roi sortit aussitôt par la porte occidentale ; absolument solitaire, il s'enfuit dans une forêt sauvage.
Or, un brahmane qui venait de loin passa par cette forêt et rencontra le roi ; alors ces deux hommes s’interrogèrent mutuellement. Le roi demanda au brahmane : « D'où venez-vous et où voulez-vous aller? » Le brahmane répondit: «J'ai entendu dire que le roi un tel a le cœur disposé à la libéralité et ne s'oppose pas aux désirs des hommes : c’est pourquoi je suis venu de loin dans l'intention de lui demander quelque chose. » Le roi répliqua : « La personne dont vous parlez, c’est moi-même. »
En entendant cette parole, le brahmane fut stupéfait ; 1l demanda alors au roi : « Quelle est la cause, à roi, pour laquelle vous êtes maintenant dans cette situation ? » Le roi expliqua donc au brahmane tout ce qui s'était passé: en l’entendant, le brahmane tomba étendu sur le sol et fut
près de mourir pendant un long moment. Le roi le soutint et le releva, l’aspergea d’eau et alors il reprit ses sens ; le roi lui demandant pourquoi cela lui était arrivé, le brahmane répondit: « Depuis longtemps je suis d’une extrême pauvreté et ne possède rien; c'est pourquoi je suis venu de loin dans l'intention de demander des richesses. Comment aurais-je pensé que je vous rencontreraisaujourd’hui, à roi, dans cette situation ? Voilà pourquoi j'éprouve un chagrin que je suis incapable de surmonter. »
Le roi consola le brahmane en lui disant : « Ne vous désolez pas; je ferai que vous obtiendrez de grandes richesses. Quoique ce roi étranger ait pris mon royaume, il n'a pu s'emparer de ma personne; il a promulgué une ordonnance jusque dans les régions les plus lointaines pour engager par la promesse de dons fort considérables (les gens à me livrer). Chargez-moi donc de liens et menezmoi à la porte du roi. Le roi sera content et vous récompensera amplement. » Le brahmane se conforma donc à ces paroles ; il lui attacha les deux mains avec une corde d'herbe et le mena à la porte du roi: ce que voyant, le portier vint en toute hâte en avertir le roi; à cette nouvelle, le roi, surpris et joyeux, ordonna aux soldats qui étaient devant la porte de prendre le roi qui avait été saisi, ainsi que le brahmane, et de les amener devant son trône.
Le roi demanda au brahmane : « Par quel artifice avezvous pu attirer cet homme? » Le brahmane répondit : «Je n'ai eu recours à aucun artifice. Quand cet homme était autrefois roi, son cœur se plaisait à la libéralité: c’est pourquoi je suis venu de loin dans l'intention de lui demander quelque chose; je l’ai rencontré dans la forêt et il m'a demandé pourquoi j'étais venu. Je lui répondis alors que je voulais aller auprès du roi un tel. Il me répliqua que le roi un tel c'était lui-même. En entendant cette parole, je fus près de mourir et je perdis entièrement connaissance; le roi me releva et m’aspergea d’eau et me
demanda ensuite pourquoi cela m'était arrivé. Je lui répondis que, pour n'avoir pas été libéral dans une existence antérieure, j'étais né dans une condition d'extrême pauvreté, que, pour cette raison, j'étais venu de loin afin de solliciter des richesses, et que, mon espérance ne pouvant se réaliser, j en ressentais un grand chagrin. Il me réconforta en me disant de ne point me tourmenter : il me donnerait, au moyen de sa propre personne, ce dont j'avais besoin. Il me dit alors que je pouvais prendre une corde pour lui lier les deux bras et l’amener à la porte du roi, car ce roime récompenserait certainement. » En entendant le récit du brahmane , le roi se prit à verser des larmes; il quitta son siège, descendit de son trône et dit à l'ancien roi: « Vous êtes véritablement un roi des hommes; moi, je suis un brigand. » Alors, emmenant avec lui ceux à qui il commandait, il retourna dans son premier pays. L'ancien roi reprit le pouvoir et sa conduite excellente fut telle qu'auparavant.
Cette histoire montre que, lorsque le Bodhisattva est d’abord dans la condition d’un homme ordinaire, l’absolue vertu de la conduite est ce à quoi se conforment ses actes ; et s’il y a quelque chose qui soit écrit dans les livres saints, c'est ce à quoi se conforme son cœur parfait; ni les devas ni les hommes méchants ne peuvent jamais trouver l’occasion (de l'emporter sur lui).
N°%192; (Prtp OX DEN EST) Il y avait deux voleurs d’espèce différente; l’un volaiten
se servant de la force de ses mains ; le second volait en ayant recours à des stratagèmes. Le voleur qui se servait
de la force de ses mains pratiquait avec ses mains dans les murailles des trous auxquels il donnait tantôt la forme d’une tête de lion, tantôt la forme d’une fleur de lotus ; quand il était entré dans la maison et qu'il prenait des objets, il n'emportait pas tout ; il exigeait peu et laissait beaucoup ; il voulait faire que le maître de maison eût encore de quoi vivre et désirait agir en sorte que les gens dissent de lui: « C’est un brave voleur. » À son retour, il changeait de vêtements et se mélait en spectateur à la foule pour aller à la maison où le vol avait été commis.
Une fois, les gens de la foule, en voyant l'endroit où le voleur avait percé la muraille, disaient tous : «C’est là un habile voleur. » Or, en ce moment, le voleur qui procédait par stratagèmes, se trouvait aussi, déguisé avec des habits de brahmane, au milieu de la foule et tint alors ce propos : « Ce n’est pas là un habile voleur ; il déploie beaucoup de force pour gagner peu. Comment serait-ce là de l’'habileté ? L'important est de ne pas avoir à déployer de force pour gagner beaucoup. Voilà la vraie habileté. »
Le voleur qui se servait de la force de ses mains conserva secrètement (ces paroles) dans son cœur, et, après avoir attendu que la foule se fût retirée, il suivit (l’autre voleur) et lui demanda : « En quoi consiste le vol à l’aide de stratagèmes ? » L’autre lui répondit : « Si vous voulez. le voir, vous n'avez qu’à me suivre; dans un mois et quelques jours je vous le montrerai. » Alors le voleur qui procédait à laide de stratagèmes combina un stratagème ; déguisé avec des habits de brahmane, il se rendit dans la maison d’un riche notable et lui dit: « J'ai besoin d’une petite somme ; si vous pouvez me la donner, ne serace pas bien? » Le notable, croyant qu'il réclamait le prix d'un vêtement, lui répondit : « Je vous la donne- Tai:
Avant que le notable eût pu se procurer (l'argent), (le voleur) revint de nouveau vers lui en disant : « La somme
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