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Autrefois il y avait un saint roi tourneur de la roue (‘akravartin); il avait d’abord engendré neuf cent quatrevingt-neuf fils qui tous parvinrent à l’âge adulte, furent beaux et avenants, furent intelligents et perspicaces et furent doués en même temps des qualités du corps ; parmi eux, il y en avait qui possédaient vingt-huit marques distinctives (laksanas), d’autres qui en possédaient trente, d’autres qui en possédaient trente et une.
Un autre fils vint en dernier lieu ; il était à peine entré dans le ventre de sa mère et il se trouvait encore au milieu des liquides impurs et des souillures que déjà des génies très puissants des huit catégories, frappant des instruments de musique, jouant d'instruments à cordes et chantant, montaient la garde auprès de sa mère. Le roi de son côté ordonna à ceux qui l’entouraient de veiller à ce que les offrandes fussent au complet et à ce que les ornements magnifiques de toutes sortes fussent trois fois plus pompeux que d'habitude.
Quelqu'un dit alors au roi : « Les divers fils que vous
avez eus précédemment, Ô roi, ont tous maintenant atteint l’âge adulte; ils sont intelligents et perspicaces; leur
corps a un aspect fort beau; mais votre cœur est resté
indifférent et jamais vous ne vous êtes réjoui (à leur propos). Maintenantque ce seul fils vientà peine de prendre place dans le ventre de sa mère, qu’a-t-il de si extraordinaire pour que vous vous mettiez en frais tout autrement qu'auparavant ? » Le roi répondit alors : « Bien que mes fils aînés l’emportent sur les autres hommes par les talents et l’excellence, il n'y avait cependant encore aucun d'eux qui füt capable de monter à la dignité suprême. Mais ce fils qui me vient en dernier lieu, quand il sera né et qu'il sera devenu grand, devra certainement être capable de me succéder dans la dignité suprême. »
Ce saint roi d'alors est comparable au Buddha; les divers fils aînés symbolisent les deux véhicules inférieurs; le fils qui vint en dernier lieu symbolise le Bodhisattva (1). (Cette parabole) signifie que le Bodhisattva, même quand il est au milieu des souillures (de ce monde) est cependant celui qui est capable de concevoir les pensées suprêmes; il est certainement l’objet de la sollicitude de tous les Buddhas ; les devas, les nâgas et les génies concoivent tous pour lui du respect et de l’affection.
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(PRIS 7 pl NC Ep 19 mevrA
Autrefois, à l'époque du Buddha Xüia-che (Kâcyapa), il
Y avait deux frères qui tous deux étaient sortis du monde Nas . . « * F . .
et sétaient faits cramanas. Le frère aîné se plaisait à
(1) Comme on le voit, ce conte de même que le précédent, est à la gloire du système du Mahâvâna.
observer les défenses et à demeurer assis en contemplation; de tout son cœur il recherchait la sagesse, mais n'aimait pas à faire des libéralités. Le frère cadet se plaisait à la libéralité et aux actions qui assurent le bonheur, mais il enfreignait volontiers les défenses.
Quand Che-kia-wen (Çâkyamuni) fit son apparition dans ce monde, le frère aîné se trouva être un religieux bouddhique qui se livrait aux pratiques de la sagesse et qui obtint ainsi (la dignité de) lo-han (Arhat), mais il n’avait que peu de bonheur et s’affligeait toujours de ce que ses vêtements et sa nourriture ne fussent pas à sa satisfaction ; quand il allait de lieu en lieu avec ses compagnons pour mendier de quoi manger, il était le seul qui revint non rassasié. Quant au frère cadet, il naquit dans la condition d’éléphant; c'était un éléphant de grande force qui pouvait repousser les ennemis; il était aimé du roi du pays; on orna son corps d’or et d'argent excellents et de joyaux; on lui assigna en apanage les revenus d’une ville de plusieurs centaines de foyers ; on fournissait à cet éléphant tout ce dont il avait besoin.
Une fois le frère aîné qui était bhiksu se trouva en un temps où une grande disette sévissait dans le monde; il alla de lieu en lieu pour mendier sa nourriture et pendant sept jours il ne put en trouver; enfin il obtint un peu de nourriture grossière grâce à laquelle il parvint tout juste à conserver la vie ; il savait déjà auparavant que cet éléphant avait été autrefois son frère cadet; il alla donc en présence de l'éléphant, lui prit l’oreille avec ses mains et lui dit : « Vous et moi sommes tous deux coupables. » L'éléphant alors médita la parole du bhiksu ; il put lui-même connaître quelle avait été sa vie dans une nais-