‹ Cinq cents contes et apologues (volume 3)Chapitre 26 sur 72 · LS PE · texte numérisé non relu

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demi-boisseau (et lui dit): « Prenez cet œuf et enterrez-le

dans ce royaume sous le grand arbre qui est au milieu de

la place du marché. Si vous y manquez, plus tard je vous tuerai. » |

Cet homme promit de le faire ; il passa ensuite dans ce royaume et enterra l’œuf en le plaçant sous le grand arbre qui était au milieu de la place du marché. A partir de ce moment, ce royaume fut désolé par des calamités, des maladies et des épidémies; le roi du pays chargea un magicien de consulter les sorts à ce sujet : il déclara qu’un œuf de boa se trouvait dans le royaume et que tel était la cause des calamités et des épidémies. On s’empressa de le sortir de terre et on le brüla ; les malades furent tous guéris.

Plus tard, ce même marchand étant retourné sur la mer, vit le dieu-nâga qui lui demanda de nouveau ce qui s'était passé. Le marchand lui répondit: « Autrefois, conformément à vos instructions divines, j'ai enterré l’œuf au milieu de la place du marché; il y eut alors dans le royaume beaucoup de maladies et d’épidémies; le roi appela un brahmane pour consulter les sorts à ce sujet; quand on eut exhumé (l'œuf), on le brüla et les malades guérirent tous. »

Le nâga dit : « Je regrette de n'avoir pu faire périr cette race d'esclaves.» Les gens du bateau ayant demandé au dieu pourquoi il parlait ainsi, il dit: «Avez-vous jadis entendu dire que, dans tel royaume il y avait eu l’homme vaillant appelé de tel nom ? » Comme ils répondaient qu'ils en avaient entendu parler mais qu'il était mort, le dieu ajouta : «C’est moi-même. Au temps où j'étais en vie, je me plaisais à opprimer les habitants du royaume; jamais il n'y eut personne pour me conseiller et me faire des reproches ; on se bornait à me louer; c’est ce qui fait que je suis tombé dans la condition de serpent boa. Je voudrais absolument tuer tous ces gens. »

Ainsi les hommes doivent se réprimander les uns les autres et, prenant pour principe la bonté, s’y rendre con= formes réciproquement ; que personne ne profite de sa puissance pour opprimer les hommes ; (celui qui agirait ainsi,) s'exposerait à attirer sur lui la souffrance des tourments des trois voies mauvaises ; il pourrait seulement … entendre la voix (du Buddha), mais il ne pourrait plus se trouver en sa présence. + Ê É

N°220. Re

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Autrefois, dans le royaume de Po-lo-nai (Vârânasi, Bénarès), il y avait cinq cents aveugles qui parcouraient le pays pour mendier; survint une disette et ils ne reçurent plus rien. Ils délibérèrent entre eux disant : « Le Buddha se trouve à Chô-wei (Crâvasti) où il enseigne aux hommes la bienfaisance et la libéralité; il nous faut aller dans ce pays et nous parviendrons ainsi à sauver notre vie. » Chacun d’eux dit : « Il nous faut louer un homme pour nous mener jusque là-bas. » Les cinq cents aveugles promirent chacun une pièce de monnaie en argent à un homme qui, à son tour, leur promit de les mener dans ce royaume. Ils se mirent donc en route.

L'homme qu'ils avaient pris à gages leur dit : « A partr d'ici le chemin est dangereux; que chacun de vous me remette sa pièce de monnaie, et, si nous rencontrons des brigands, je cacherai (cet argent). » Les aveugles lui remirent leurs pièces de monnaie; mais, dès que cet homme les eut en sa possession, il abandonna les aveugles et s’en alla.

Tous les aveugles errèrent de-ci et de-là pendant plu-

ans mm. à

— sieurs jours; ils avaient faim et soif et ne savaient où était le chemin; alorsils confièrent ensemble et en même

temps leurs destinées au Buddha en disant: « Le Buddha

est divin et saint; il doitavoir pitié de nous et nous sauver de

cette détresse. » Aussitôt le Buddha fit soudainapparaître sa divinité en leur présence; de sa main, il toucha la tête des aveugles qui tous recouvrèrent la vue tandis que leur faim et leur soif étaient apaisées. Ces cinq cents hommes, bondissant de joie, souhaitèrent devenir des disciples; sur le champ leurs barbes et leurs cheveux tombèrent; ils se trouvèrent revêtus des habits religieux et munis du bol. Le Buddha, à plusieurs reprises leur expliqua la Loi et tous obtinrent la sagesse conforme au vrai. En volant à la suite du Buddha ils revinrent dans le Jetavana.

Ânanda demanda au Buddha : « Quelles punitions et quelles récompenses ces cinq cents hommes avaient-ils méritées dans leurs vies antérieures ? » Le Buddha répondit : « Autrefois, il y a de cela bien des générations, il y avait un maître de maison qui loua cinq cents hommes pour un travail; ceux-ci prirent d'avance le salaire du travail, puis ils abandonnèrent le maître de maison, et s’en allèrent : mais plus tard, après plusieurs générations, ils n'ont pas manqué de recevoir cette peine (d’être abandonnés à leur tour et dépouillés de leur argent). Celui qui.en ce temps était le maïtre de maison, c’est maintenant l’homme qui s’en est allé en emportant l'argent. Leur dette étant acquittée, il s’est trouvé que je leur ai ouvert l'esprit et tous ont obtenu la sagesse. Telles furent leurs DE et leurs récompenses. »

Ainsi, les conduites que tiennent les hommes ne sont pas toutes de même sorte; les unes sont des conduites qui créent (certaines conséquences pour des vies à venir); les autres sont des conduites qui sont des conséquences (de conduites tenues dans des vies antérieures); on ne saurait se dispenser de faire attention (à cette distinction).

(Trips XIX, 7, p.462

Autrefois deux hommes étaient fort intimes; ils étaient

amis et n'avaient aucun dissentiment. Dans la suite, l’un d'eux commit un crime dont le châtiment devait être la

mort; il s'enfuit alors et passa chez son ami; celui-ci n’ouvrit pas la porte et lui demanda par avance : « Qui êtesvous ? » Il répondit : «Je suis votre ami; j'ai commis un crime et c'est pourquoi je suis venu vous trouver. » L'autre lui répliqua : « En temps de calme, soyons intimes; “mais en cas de danger pressant, que chacun de nous aille de son côté. Je ne vous laisserai pas entrer. » L’ami fut très mécontent; il se disait: « Des hommes qui en temps de calme entraient et sortaient, allaient et venaient, buvaient et mangeaient sans jamais se séparer, comment peuvent-ils s’abandonner l’un l’autre dès qu’il y a péril ? Comment serait-ce là une intimité sérieuse ? » Il s’en alla donc avec l'intention d'entrer dans la montagne.

Or, il avait encore un autre bon ami chez qui il se rendit; cet homme lui ouvrit aussitôt sa porte et le cacha en lui disant : « Quoique vous et moi n’ayons pas des relations intimes, je vous mènerai dans un endroit sûr et secret. » Alors il chargea un char d'objets précieux et mena lui-même son ami dans un royaume étranger; il se chargea d'informer le roi de ce pays et tous les maîtres de maison de l’endroit où se trouvait cethomme;il fit pour lui un palais; il l’installa au milieu de champs, d’habitations, de richesses et d'objets précieux; quand il l’eut bien fourni de tout, il le quitta pour s’en retourner.

Le Buddha, ayant alors vu cet homme, en tira immédiatement des comparaisons : le criminel, c’est l’âme hu-

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maine; son ami intime, ce sont les quatre éléments (composant le corps); son bon ami, ce sont les trois refuges etles cinq défenses. Cet apologue signifie ceci: quand un homme se propose d'entretenir les quatre éléments (composant son corps), quand il mange et boit des aliments exquis et que les quatre choses ne lui font point défaut, l'impermanence lui est appariée et survient et 11 doit tomber dans les voies mauvaises; alors il cherche à se cacher, mais dans l’instant, au contraire, on lui ferme la porte et on ne le laisse pas avancer. Lorsque ensuite, l'homme rencontre un bon ami qui le mène dans un pays étranger, qui l'installe au milieu de tout ce dont il a besoin et qui ne le laisse manquer de rien, cela symbolise la libéralité et l'observation des défenses qui, lorsque survient la mort du corps, mènent l'homme en haut parmi les devas, en le tirant par la puissance de ces actes producteurs de bonheur; alors les palais faits des sept substances précieuses, le fait d'être vêtu des vêtements précieux des devas et Les aliments aux cent saveurs des devas viennent spontanément à cet homme qui jouit d'une félicité extrême et sans limites. Ainsi, quand l'homme est dans ce monde, il ne doit pas être avide de jouissances, mais il doit retrancher sur ce qu'il possède pour faire des actes producteurs de bonheur. S'il satisfait son corps composé des quatre éléments, de quelle utilité cela lui sera-t-il? Le sage agira donc en conséquence.

(PPID CRIER ep: Tosreve)

Cent ans après le parinirväna du Buddha, il y eut un roi qui servait le dieu du ciel; if fui fit un grand sacrilice dans lequel il voulut immoler des bœufs, des moutons,

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