‹ Cinq cents contes et apologues (volume 3)Chapitre 28 sur 72 · CD NI DEN · texte numérisé non relu

CD NI DEN

Autrefois, du temps où le Buddha était dans le monde, il y avait une upâsikà qui, matin et soir se rendait auprès du Buddha pour lui faire des offrandes avec une extrême diligence et sans jamais se relâcher. Le Buddha s’en apercut et lui demanda quel souhait elle formait avec résolution. Elle dit alors au Buddha : « Si je dois avoir un bonheur en récompense, je souhaite mettre au monde quatre fils dans ma vie présente. »

Le Buddha Jui ayant demandé pourquoi elle désirait quatre fils, l’upâsikä répondit : « Quand ces quatre fils

seront devenus grands, je ferai que l’un d'eux s'occupe

(1) Sur cet épisode célèbre de la vie du Buddha, voyez Iiuan-lsang, (Mémoires, trad. Julien, t. IT, p. 16).

de gagner sa vie en faisant le commerce et amasse des

richesses, que le second soit versé dans l’agriculture et dans l'élevage des troupeaux et rassemble en quantité des «

animaux domestiques des six sortes et des grains, que le troisième recherche les positions officielles et devienne

une protection pour notre famille, que le quatrième entre

en religion en se faisant çramana, obtienne la sagesse, et, quand il y sera parvenu, revienne sauver son père, sa mère et tous les hommes. Voilà exactement pourquoi je demande quatre fils. » Le Buddha lui dit : « Je ferai en sorte que vous obteniez ce que vous désirez. » L’upàsikà rendit hommage au Buddha etse retira.

Par la suite, elle enfanta un seul fils qui était intelli-

gent et prudent; sa mère l’aimait plus que tout au monde. Plus tard, quand ce fils fut devenu grand, il demanda à sa mère : « Pourquoi votre affection pour moi est-elle si extrême que rien ne saurait lui être comparé ? » Sa mère lui répondit : « J’avais d’abord souhaité avoir quatre fils, mais je n'ai eu que vous seul; j'ai reporté sur vous toutes mes affections réunies; voilà pourquoi il en est ainsi. » Elle racontaason fils toute l'histoire de ses souhaits; en l’entendant parler, il fut profondément touché des intentions de sa mère; il se mit alors à gagner sa vie et, en moins d'un an, il obtint des richesses qui se chiffraient par centaines de mille de centaines de mille (de pièces de monnaie); ensuite il s’occupa d'agriculture; son bétail et ses récoltes furent abondantes; ses bœufs, ses chevaux et ses grains défiaient toute énumération; ensuite il entreprit d'étudier et, étant entré dans la carrière officielle, il demanda une charge publique; il prit une épouse qui enfanta des fils; sa famille devint aussitôt une famille puissante. |

I fit alors cette déclaration (à sa mère) : « Si vous avez demandé quatre fils, c'était afin que chacun d’eux füt habile dans une profession ; maintenant j'ai agi à leur place et

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