‹ Cinq cents contes et apologues (volume 3)Chapitre 34 sur 72 · RE · texte numérisé non relu

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PO YU KiNG (N° 239) 155

CErip.XRINC:S; p:674)

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Celui dont on cassait la têle à coups de gourdin.

. Autrefois il y avait un sot qui n'avait pas un seul cheveu sur la tête. Un jour, un homme prit un gourdin de poirier etlui asséna deux ou trois coups sur la tête au point de la lui endommager complètement ; cependant ce sot recevait les coups en silence et ne songeait pas à s'enfuir. Quelqu'un qui était près de là et qui avait vu ce qui se passait, lui dit: « Pourquoi ne vous enfuyez-vous pas et pourquoi restez-vous là jusqu’à ce que votre tête soit brisée ? » Le sot lui répondit : « Pour ce qui est de cet homme, c'est un arrogant qui se fie dans sa force; c'est un insensé dénué de toute sagesse ; en voyant ma tête sur laquelle il n'y a aucun cheveu, il l’a prise pour un caillou et alors il à frappé ma tête avec un gourdin de poirier jusqu'à l’endommager au point que vous voyez. » Son interlocuteur répliqua : « C’est vous-même qui êtes un sot et un insensé ; comment pouvez-vous traiter cet autre d’insensé ? Si vous n'étiez pas insensé vous-même, quand un autre vous frappait au point de vous fracasser la tête, n’auriezvous pas dû vous enfuir (1) ? ».….

(1) Semblable à ce sot est le bhiksu qui s'expose à souffrir parce qu'il ne sait pas s'affranchir des intérêts de ce monde.

CPrIDA RAIN 6: D 67 0

La femme qui se fil passer faussement pour morte (1).

Autrefois un sot avait une femme fort belle qu'il aimait beaucoup. Sa femme n'était ni vertueuse ni fidèle et, par la suite, elle profita d’une occasion pour entretenir des relations avec un autre homme ; comme son cœurétait plein de sa passion débauchée, elle voulut suivre son amant et abandonner son mari; elle dit alors secrètement à une vieille : « Après que je serai partie, apportez le cadavre d’une femme morte et placez-le dans ma chambre, puis dites à mon mari que je suis morte ». La vieille attendit en effet un moment où le mari n'était pas chez lui et introduisit un corps mort dans sa maison ; quand le mari revint, la

vieille lui annonça que sa femme était morte ; le mari alla

regarder le corps et crut que c'était effectivement celui

de sa femme ; il poussa des gémissements de tristesse et s affligea ; il fit un grand bücher qu'il arrosa d'huile, brûla le cadavre et recueillit ses os ; il les plaça dans un sac qu'il portait jour et nuit sur lui. Par la suite, sa femme se lassa de son amant et revint dans sa maison ; elle dit à son mari: « Je suis votre femme. » Mais son mari lui répondit : « Ma femme est morte depuis longtemps. Qui êtes-vous, vous qui prétendez faussement être ma femme. » Malgré ses assurances répétées, il refusa de la croire (2)...

(1) Cf. Julien, Les Avadänas, t. I, p. 162-164.

(2) Semblables à ce sot sont les hérétiques qui, une fois qu'ils ont adopté une fausse doctrine, se refusent à admettre la vraie religion quand elle se présente à eux.

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