‹ Cinq cents contes et apologues (volume 3)Chapitre 35 sur 72 · NAIL · texte numérisé non relu

NAIL

(Pris; XD 8; p.67 r-v).

L'homme alléré qui aperçoit de l'eau.

utrefois il y avait un 1e, insensé et dénué Autrefois il y t homme, inse a | de toute sagesse, qui était fort altéré et qui avait besoin eau ; voyant les vapeurs brülan duites par la chad’eau ; voyant les vapeurs brülantes produit la ch ur, il crut que c'était de l’eau (A)et s’élanca aussitôt à leur, il t ur poursuite ; il arriva ainsi jusqu'au fleuve Sindhu leur p te ; il si jusqu'au fl Sindh in-leou, Indus); mais, arrivé auprès du fleuve, il se Sin-leou, Indus) ; S, lu fl NE mit à le regarder et ne but pas ; quelqu'un qui se trouvait là lui demanda : « Vous souffriez de la soifet recherchiez de l’eau; maintenant que vous êtes arrivé auprès de l’eau; pourquoi ne buvez-vous pas ? » le sot répondit: « Si je pouvais boire toute cette eau, je la boirais; mais cette eau est fort abondante et je ne pourrais l'épuiser; c’est pourquoi je ne bois pas. » Alors toute la foule, entendant cette réponse, partit d’un grand éclat de rire (2).

NPD

CPE XI SE De EAN

Celui qui voulait installer son fils mort dans sa maison.

Autrefois un sot élevait sept fils ; un de ses fils mourut

(1) Effet du mirage.

(2) Tels les hérétiques qui, ne pouvant observer toutes les défenses du Buddha, n’en acceptent aucune.

158 PO YU KING (N°s 242-243)

avant lui ; alors le sot, voyant que son fils était mort, vou= lut l'installer dans sa maison qu'il se proposait lui-même

d'abandonner. Un voisin, ayant vu cela, lui dit: « Les vivants et les morts doivent être traités différemment ; il vous faut promptement faire la toilette de-votre fils, l’emmener dans un lieu écarté et l'y enterrer. Comment pourriez-vous le faire rester ici et vouloir vous-même vous en aller ? » Quand le sot eut entendu ce conseil, il fit la réflexion suivante : « Puisque je ne puis pas laisser ici mon fils etqu’il faut que je l’enterre, il est nécessaire que je tue un autre fils; je suspendrai (les deux corps) aux deux bouts du bâton et ainsi il me sera plus facile de les transporter (1). » Il tua donc un autre de ses fils, puis il porta les deux corps suspendus (aux deux bouts d’un bâton) et les enterra au loin dans une solitude de la forêt. Les gens dece

temps qui furent témoins de sa conduite s’en moquèrent fort et s’étonnèrent de cette action sans précédent (2)...

(Trip, XXIN87p7067 v°)

Celui qui reconnaissait un homme pour son frère aîné.

Autrefois il y avait un homme qui était beau de visage el qui était parfaitement intelligent; en outre il était fort riche, et, parmi les hommes de son temps, il n’était personne qui ne le louât; or il y eut un sot qui, le voyant ètre ainsi, se mit à l’appeler « mon frère aîné ; » la raison

(1) Il tue donc un second de ses fils afin que son corps puisse servir de contrepoids au cadavre du premier.

(2) Tel est le bhiksu qui, lorsqu'il a commis une violation des défenses, ne la confesse pas aussitôt, mais attend d’avoir commis d'autres fautes pour se repentir.

onclannn da né re LRR D ” CE ee, . Ji .

td ne

A PR 2 AT res

en est, disait-il, que cet homme est fort riche et que si j'ai besoin de ces richesses je veux pouvoir m'en servir ;

c'est pourquoi je l'appelle mon frère aîné; mais si je voyais au contraire qu'il est endetté, je dirais qu'il n’est pas mon frère aîné. » Quelqu'un qui était à côté de lui, lui dit: « Vous n'êtes qu’un sot; comment se peut-il faire que vous l’appeliez votre frère aîné quand vous avez besoin de ses richesses et que vous disiez qu’il n’est plus votre frère aîné quand il est endetté? » Le sot répondit: « C’est lorsque je désire obtenir son argent que je le reconnais pour mon frère aîné ; mais, en réalité, il n'est point mon frère aîné; aussi, lorsqu'il sera accablé de dettes, dirai-je qu'il n’est pas mon frère aîné. » Quand les gens entendirent ces paroles, ils en rirent tous (1)...

(Trip, XXIV, 8, p. 67 ve.)

Le pâtre de la montagne qui avait volé des vêlements officiels (2).

Dans les générations passées, il y eut un pâtre de la montagne qui vola divers objets dans les magasins royaux, puis s'enfuit au loin. Alors le roi envoya de tous côtés, pour le rechercher, des gens qui s’emparèrent de lui, et qui l'amenèrent auprès du roi. Le roi l’interrogea sur la provenance des vêtements qui étaient en sa possession ; le pâtre des montagnes répondit : « Mes vêtements me viennent de mon grand-père et de mon père. » Le roi

(1) Tel est l'hérétique qui adopte celles des paroles du Buddha qui lui

agrèent, mais refuse de se convertir entièrement. (2) Cf. Julien, les Avadänas, t. 1, p. 201-203.

alors l’invita à mettre ces habits et comme, en réalité, ils

n'étaient point véritablement la propriété de ce pâtre des montagnes, il ne sut comment s’en revêtir; ce qui devait

être sur la main, ilen couvrait son pied; ce qui devait

être à la ceinture, il le plaçait au contraire sur sa tête. Quand le roi eut constaté qu’il avait affaire à un voleur, il rassembla tous ses officiers pour que tous ensemble ils

examinassent à fond cette affaire, puis il dit à l’homme:

« Si ces vêtements sont une possession qui vous vient de votre grand-père et de votre père, vous devriez savoir les mettre. Comment se fait-il que vous les tourniez sens dessus dessous, plaçant en bas ce qui doit être en haut ; c’est parce que vous ne savez pas vous en revêtir que je reconnais avec certitude que ces habits ont dû étre volés par vous et ne sont pas pour vous une ancienne propiété ne

CRPID AN XIN ES ED 68ErS

L'homme qui louait la vertu de son père.

Autrefois il y avait un homme qui, au milieu de plusieurs personnes assemblées, louait la vertu de son père et parlait ainsi: « Mon père est bienveillant et bon, il ne tue ni ne vole ; il agit avec droiture, il parle avec franchise ; en même temps il pratique la charité. » II y eut alors un sot qui, en entendant ce discours, se mit à dire : « La conduite vertueuse de mon père est encore supérieure à celle de votre père. » Tous les assistants lui

(1) Tels sont les hérétiques qui veulent s'approprier certains enseignements du Bouddhisme, mais qui les travestissent, parce qu’ils n'en comprennent pas bien le sens.

+ ? eme

Re

rs na te » SA. 7" Vent 2e nr

demandèrent : « Quelle conduite vertueuse eut-il? Veuillez nous l’exposer. » Le sot répliqua : « Mon père, depuis sa jeunesse, s’est abstenu de tout désir sexuel et jamais il ne s’est souillé, » Tous aussitôt de lui dire: « S'il s’est abstenu de tout désir sexuel, comment vous a-t-il engen-

dré ? » Ce fut là un grand sujet d’amusement et de risée

pour les gens de ce temps (1)...

CLIS NXIN; 8 p:08175)

La tour à trois étages (2).

Dans les générations passées il y avait un homme riche et sot; il était insensé et ne savait rien; étant allé chez un homme extrêmement riche, il y avait vu une tour à trois étages qui était haute et large, belle, spacieuse et claire ; il en concut du désir et de l’admiration et fit alors cette réflexion : « Mes richesses ne sont pas moindres que celles de cet homme; pourquoi ne ferais-je pas sur-lechamp édifier une tour semblable à celle-ci ? » Il appela donc un charpentier et lui demanda : « Sauriez-vous faire une demeure belle comme l'habitation de cet homme ? — Oui, dit le charpentier, car c’est moi qui ait fait celleci: » L'autre lui dit aussitôt : « Construisez-moi donc maintenant une tour comme celle-là. » Alors, le charpentier se mit à tracer des lignes sur le sol et à entasser des lignes pour faire la tour. En le voyant entasser des briques

(1) Tels sont les hommes de ce monde qui, parce qu'ils ignorent ce qu'est la vertu, montrent les défauts de celui-là mème qu'ils prétendent louer.

(2) Cf. Julien, les Avadänas, t. TI, p. 35-37. I, 11

pour faire sa construction, le sot conçut un doute, et, ne ess pas à en trouver la cROIANES il demanda Si

Pare « Une tour à trois Fr » Le’sot ee «Je ne désire pas avoir les chambres des deux étages inférieurs; faites-moi d’abord la chambre la plus haute ». Le « charpentier répliqua : « Cela ne se peut; comment par= viendrait-on à construire la chambre du second étage si de on n’avait pas d’abord édifié la chambre de l'étage infé- : rieur ? Comment pourrait-on construire la chambre du troi- | sième étage si on n'a pas d'abord bâti celle du second ? » Le sot insista, disant : « Je n’ai maintenant aucun besoin des chambres des deux étages inférieurs; il faut absolument que vous me construisiez la chambre la plus haute. »

En apprenant cela, les gens de ce temps s’étonnèrent et se moquerent, et tous disaient : « Comment pourrait-on construire l'étage supérieur si on a pas d’abord construit l'étage inférieur (1)? »…

(Frips, XX PV:8 p.268 57

Me 2, l'os de

Le brahmane qui tua son fils.

Autrefois il y avait un brahmane qui se prétendait fort savant; toutes Îles connaissances astrologiques et les sciences de toutes sortes, il disait les avoir bien comprises; telle était la confiance qu'il avait en lui-même. Voulant montrer ses talents, il se rendit dans un pays étranger;

(1) À partir d'ici, je crois inutile de résumer la leçon morale qui est déduite de l'apologue. Le lecteur a pu se faire une idée suffisante du procédé de l’auteur.

ne le à

Lai be

DL RL TE CU OX Se

là, il se mit à se lamenter en tenant son fils dans ses bras ; des gens lui demandèrent pourquoi il pleurait; il répondit : « Maintenant, ce jeune garcon dans sept jours doit mourir; je suis affligé de son trépas prématuré, et c'est -pourquoi je me lamente. » Les gens de ce temps lui dirent: « La destinée humaine est difficile à connaître; on se

trompe aisément (1) dans les calculs qu’on fait à ce sujet.

Au bout du terme de sept jours que vous avez supposé, peut-être votre fils pourra-t-il n'être point mort; à quoi sert de vous lamenter par avance ? » Le brahmane répliqua : « Le soleil et la lune peuvent être obscurcis; les planètes et les constellations peuvent tomber; mais ce que j'ai noté ne saurait manquer d'arriver. » En vue donc de maintenir sa réputation, lorsqu’arriva le matin du septième jour, il tua lui-même son fils pour prouver qu'il avait eu raison. Or, les gens de ce temps, quand les. sept jours furent passés, apprenant que ce fils était mort, s'écrièrent tous que ce brahmane était véritablement un sage et qu'il ne se trompait jamais dans ce qu’il disait, ils conçurent des sentiments de foi et de soumission et vinrent tous lui témoigner leur respect...

Nr:2/78;

(Prin NIV ES ND be)

L'homme qui faisait cuire du sirop de sucre candi noir.

Autrefois un sot faisait chauffer du sucre candi noir; or, un homme riche vint dans sa maison; ce sot songea alors qu'il devait prendre du sirop de sucre candi noir pour le

(1) Au lieude %£ lisez #

donner à ce richard ; il mit donc du sucre candi dans un peu d’eau qu’il plaça au milieu du feu, et, tandis que le tout était sur le feu, il l’éventait avec un éventail dans l'espoir de le faire refroidir. Un assistant lui dit: « Si vous

n'arrêtez pas le feu qui est par-dessous, même en éven-

tant sans jamais cesser, comment parviendrez-vous à refroidir (ce liquide) ? » Alors tous les gens de ce temps se moquèrent de lui.

(Trip., XXIV, 8, p. 68 v°.)

L'homme de qui on disait qu'il se mettait volontiers en colère.

Il y avait autrefois quelqu'un qui, assis dans une chambre avec plusieurs autres personnes, louait un absent en disant que sa conduite vertueuse était extrêmement bonne; il lui reprochait cependant deux défauts : le premier, de se mettre volontiers en colère; le second, d’agir avec précipitation. Or, précisément cet homme se trouvait derrière la porte et entendit ce qu’on disait de lui ; aussitôt, saisi de colère, il entra dans la chambre, empoigna celui qui avait parlé de ses défauts et le frappa de la main. Les assistants lui ayant demandé pourquoi il le battait, il répondit : « Me suis-je jamais mis volontiers en colère et ai-je jamais agi avec précipitation ? Cependant cet homme a dit que je me laissais facilement aller à la colère et que j'agissais avec précipitation. Voilà pourquoi je le frappe. » Les assistants lui répliquèrent : « Vous donnez en ce moment même la preuve manifeste que vous avez ces deux défauts; comment pourriez-vous le nier ? » Ainsi tout le

-« ca # .

monde s’'émerveéilla fort de la stupidité de cet homme qui concevait de l’irritation contre celui qui avait mentionné ses défauts.

(ITID XX IN, D. 08 V7)

Les marchands qui tuèrent leur quide pour faire un sacrifice à une divinité.

Autrefois il y avait des marchands qui se proposaient d’aller sur la grande mer; or, la règle pour ceux qui vont sur la grande mer, c'est qu'il ne peuvent partir qu'après qu'ils ont pris un guide; ces marchands cherchèrent donc ensemble un guide, et, quand ils l’eurent trouvé, ils partirent avec lui. Ils arrivèrent dans un désert où il y avait le sanctuaire d’un dieu auquel il fallait sacrifier un homme pour pouvoir passer. Ces marchands délibérèrent alors entre eux et dirent : « Tous ceux de notre compagnie sont amis; comment pourrions-nous prendre l'un de nous pour le tuer ? Il n'ya que ce guide qui puisse servir de victime pour le sacrifice au dieu. » Ils tuèrent donc leur guide et l’offrirent en sacrifice. Mais, quand ils eurent terminé leur sacrifice au dieu, ils perdirent leur route et ne surent où aller; ils moururent tous d'épuisement et de fatigue.

166 PO yU KING (N° 251)

(Tps XXIÏV 8, p.687)

Le médecin qui donne à la fille du roi une drogue pour la faire grandir subilement.

Autrefois le roi d'un royaume, ayant engendré une fille, appela un médecin et lui dit : « Procurez-moi une drogue qui fasse immédiatement grandir cette enfant. » Le médecin répondit : « Je vous donnerai une excellente drogue grâce à laquelle vous pourrez la faire grandir sur-le-champ; maintenant, cependant, je n’en ai pas pour l'instant la recette; il faut que je la recherche. Jusqu'à ce que J'aie la drogue, il importe que Votre Majesté ne voie pas l'enfant; après que je lui aurai administré la drogue, je montrerai la fille à Votre Majesté. » Alors donc il partit pour des pays lointains afin d’y quérir la drogue; au bout de douze ans, il revint er la rapportant ; il la donna à la fille en linvitant à l’avaler, puis il se disposa à montrer (l'enfant) au roi. Quand le roi la vit, il fut content et se dit: « En vérité, c'est là un bon médecin; en donnant une drogue à ma fille, il l'a faite devenir grande soudain. » Il prescrivit donc à ceux qui l'entouraient de lui présenter en cadeau des richesses précieuses. Tout le monde alors se moqua du roi qui, dans sa simplicité, n'avait pas su faire le compte des mois et des années écoulées, et qui, voyant sa fille devenue grande, pensait que c'était un effet de la drogue.

CEFIDNREN "8 D: 001)

L’arrosage des cannes à sucre (1).

Autrefois deux hommes avaient planté en même temps des cannes à sucre et avaient fait cette convention : « Celui qui aura planté les meilleures sera récompensé ; celui qui aura planté les moins bonnes sera sévèrement puni. » Or, l'un de ces deux hommes fit cette réflexion : «Les cannes à sucre sont extrêmement douces ; si j'en écrasais quel-

ques-unes et si, avec leur jus, j’arrosais mes plants de FX canne à sucre, la douceur de ceux-ci deviendrait certainement très grande et j'aurais remporté la victoire sur mon rival. » Il écrasa donc des cannes à sucre et en exprima le jus dont il se servit pour arroser et engraisser ses plants, espérant augmenter ainsi leur saveur; mais, au contraire il fit périr sa plantation et toutes ses cannes à sucre furent absolument perdues...

CPRIDs NAN S "Sp 00;T0:)

Réclamer une demi-pièce de monnaie (?).

Il y avait autrefois un marchand qui avait prêté à quelqu'un une demi-pièce de monnaie et qui était resté longtemps sans en obtenir le remboursement; il se mit alors

(1) Cf. Julien, les Avadänas, t. II, p. 3-5.

(2) Cf. Julien, les Avadäânas, t. I, p. 185-186.

en chemin pour aller réclamer sa créance; sur sa route il rencontra un grand fleuve et ne put le passer qu'en payant deux pièces de monnaie à un homme ; arrivé de l’autre côté, 1l alla demander son dû, mais ne put rencontrer son débiteur; au retour, il lui fallut de nouveau traverser le fleuve et payer encore deux pièces de monnaie. Ainsi, pour une demi-pièce de monnaie dont il était créancier, il en perdit quatre et eut, en outre, toutes les fatigues du voyage ; sa créance était fort peu de chose et les frais qu'il fit furent considérables. Ainsi tout le monde le trouva bizarre et se moqua de lui...

CFP ERINE 8 D 6002)

Celui qui montait sur une lour pour aiquiser son couteau.

Il y avait une fois un homme, pauvre et misérable, qui était au service du roi; au bout d'un mois environ, son corps était devenu tout maigre; le roi l’aperçut, eut pitié de lui et lui fit don d'un chameau mort; quand ce pauvre homme eut reçu ce chameau, il se mit à en détacher la peau ; mais, ennuyé de voir que son couteau était émoussé, il chercha une pierre afin de l’aiguiser; il trouva au sommet d’une tour une pierre à aiguiser; 1l aiguisa donc son couteau de manière à le rendre tranchant, puis il redescendit pour continuer à dépouiller son chameau; il alla et revint plusieurs fois de la sorte pour aiguiser son couteau; enfin, il se trouva fatigué et craignit de ne plus pouvoir remonter plusieurs fois au sommet de la tour ; il suspendit donc son chameau et le hissa sur la tour pour le mettre près de la pierre à aiguiser et il fut ainsi l’objet des railleries de tous...

(PripeXXIN;S8, pe 697)

a de

Celui qui était sur un baleau et perdit une coupe (1).

Autrefois un homme était monté sur un bateau pour traverser la mer; il perdit une coupe d'argent qui tomba dans l’eau ; il fit alors cette réflexion : « Je vais tracer une marque sur l’eau pour me rappeler l'endroit; je laisserai là ma coupe et m'en irai; plus tard je la reprendrai. » Deux mois plus tard, il arriva dans les divers royaumes (de l’ile) du Lion (Ceylan) ; il y apercut une rivière et entra aussitôt dans l’eau pour rechercher la coupe qu'il avait autrefois perdue. Comme on lui demandait ce qu’il faisait, il répondit : « Auparavant j'ai perdu une coupe; je désire maintenant la retrouver »; et, comme on lui demandait où il l’avait perdue, il ajouta qu'il l'avait perdue au moment où il entrait en mer.

« Depuis combien de temps l’avez-vous perdue ? » lui dit-on.

« Depuis deux mois. »

« Sivous l’avez perdue depuis deux mois, pourquoi la cherchez-vous ici ? »

« Quand j'ai perdu cette coupe, j'ai fait une marque sur l’eau pour me rappeler l'endroit ; or, Peau sur laquelle j'ai fait une marque est exactement semblable à celle-ci; voilà pourquoi je cherche ici. »

On lui demanda encore : « Quoique les eaux ne soient point différentes, cependant, lorsque autrefois vous avez perdu cette coupe, vous étiez là-bas ; Si maintenant vous

(1) Cf. Julien, les Avadänas, t. I, p. 233-235.

la cherchez en cet endroit-ci, comment pourrez-vous la trouver ? »

I n'y eutalors personne qui ne partit d'un grand éclat

de rire...

(Trip., XXIV, 8, p. 69 r°-v°.)

L'homme qui disait que le roi se laissail aller à la cruaulé.

Autrefois un homme avait parlé des défauts du roi et avait dit : « Ce roi est fort cruel; il gouverne sans justice, » Cette parole fut rapportée au roi qui se mit fort en colère et qui, sans procéder à une enquête approfondie pour savoir qui avaittenu ce propos, fit arrêter, sur la foi de ses courtisans, un sage ministre, puis ordonna qu'on lui coupât cent onces de chair sur le dos. Cependant on prouva clairement qu’il n'était pas l’auteur de ce propos ; le roi eut donc quelque regret et fit chercher mille onces de chair pour les Ini remettre sur le dos; au milieu de la nuit, le malheureux poussait des cris, en proie aux plus vives souffrances ; le roi entendit sa voix et lui demanda : « Pourquoi souffrez-vous ? je vous ai pris cent onces et je vous en rends dix fois plus. Jugez-vous donc que cela ne soit pas suffisant ? Comment se fait-il que vous souffriez ? » Un assistant répondit alors : « O grand roi, si on coupail la tête à votre fils, quand bien même on vous donnerait mille têtes, cela n'empécherait pas votre fils d’être mort. De même, bien que cet homme ait reçu dix fois plus de chair qu’on ne lui en a ôté, cela ne l’empêche pas de souffrir ».….

À 1 & EH r > LA F . D: 4 | ï ve pe. TU D al y x ASS Le ai er 2e “4 « oi v Le 7 k di ire) i l À 4h84 Car: * ji 5 CSS né ct PE SE LP ; +

Per enene ut :

1 x On Doll |) VAL "1 ù i

DT german ts pce vompere OT 7 re

(Trip., XXIV, 8, p. 69 ve.)

La femme qui demandait à avoir un second fils (4).

Autrefois une femme avait eu d’abord un fils, mais désirait en obtenir d’autres. Elle interrogea à ce sujet des femmes en leur demandant qui pourrait lui faire avoir d’autres fils. Or une vieille lui dit : « Je puis vous faire obtenir les fils que vous demandez; mais il vous faut offrir un sacrifice à un dieu». « Quelle victime faut-il sacrifier ?» demanda la femme. » Tuez votre propre fils, lui répondit la vieille ; prenez-en le sang ; offrez-le en sacrifice au dieu et alors vous aurez certainement beaucoup d'enfants. » Cette femme, prête à suivre ces conseils, se disposait à tuer son fils, lorsqu'un sage qui était auprès d'elle la reprit fortement en se moquant d'elle : «Est-il possible, lui dit-il que vous soyez sotte et insensée à ce point que vous vouliez tuer votre fils que vous avez actuellement sans même savoir si vous aurez ou non les fils qui ne sont pas encore nés ? ».….

(1) Cf. Julien, les Avadänas, t. I, p. 180-181.

Page 1