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maître de maison (grhapati); le maître de maison n'avait aucun désir de la lui donner et c’est pourquoi il lui dit : « Si vous pouvez un an durant vous évertuer à jouer des
airs de musique jour et nuit sans discontinuer, je vous
donnerai une vache. » L'artiste répondit : « J’en suis capable. » Puis il ajouta : « Vous, Ô maître pouvez-vous m'écouter ? » Le maître de maison dit à son tour qu'il en serait capable. En entendant cela, le musicien fut joyeux et s’appliqua de tout son cœur à jouer de la musique ; trois jours et trois nuits durant, il ne prit aucun
relâche. Le maître de maison, lassé de l’entendre, ordonna
alors à un jeune garçon d'amener la vache et de la lui donner.
Cet apologue est applicable à celui qui pratique la sagesse pour faire œuvre productrice de bonheur ; il ne s'inquiète pas de la lointaine durée des nombreux kalpas
(qui doivent s’écouler entre l’acte et sa récompense); plus
il s'applique avec zèle et plus prompte est la rétribution ; il n’est plus nécessaire qu’il traverse intégralement tel ou tel nombre de kalpas (avant d'obtenir sa récompense).
CriD XIE pv)
Autrefois il y avait un bhiksu qui avait été chassé (de la communauté où il vivait); plein de tristesse et poussant de douloureux soupirs, il allait en pleurant et en se lamentant; il rencontra sur la route un démon qui, pour quelque violation de la loi, avait lui aussi été chassé par le roi des devas P'i-cha-men (Vaiçramana). Le démon demanda alors au bhiksu : « Pour quelle raison allez-vous
en pleurant et en vous lamentant ? » Le bhiksu lui répondit : « J'ai fait une infraction à la règle des religieux et j'ai été expulsé par la communauté; j'ai perdu entièrement les offrandes de tous les bienfaiteurs (dänapati); en outre ma mauvaise renommée s'est répandue au loin etau près. Voilà pourquoi je soupire avec affliction et je verse des larmes. »
Le démon dit au bhiksu : « Je puis faire en sorte que votre mauvaise renommée soit effacée, et que vous -obteniez des offrandes considérables. Vous n'avez qu’à vous tenir debout sur mon épaule gauche; je vous porterai en marchant dans les airs ; les gens ne verront que votre corps et n'apercevront pas le mien; mais si vous obtenez des offrandes en abondance, vous devrez d’abord m’en faire part. » Ce démon prit donc sur son épaule le bhiksu et se mit à marcher dans les airs au-dessus du village d'où (ce bhiksu) avait été précédemment chassé.
Les villageois, en apercevant (le bhiksu dans les airs) furent tous frappés d’étonnement; ils pensèrent qu'il avait obtenu la sagesse et se direntles uns aux autres : « La communauté des religieux a agi d’une manière honteuse en chassant inconsidérément un homme qui avait obtenu la sagesse. » Alors donc les gens du village se rendirent à ce temple pour adresser des reproches aux religieux, puis ils amenèrent ce bhiksu, l’installèrent dans le temple où il reçut aussitôt des offrandes en abondance. Ce bhiksu à mesure qu'il obtenait des vêtements, de la nourriture et toutes sortes d’autres choses, commencait aussitôt par en faire part au démon et ne violait pas le pacte primitif qu'il avait conclu avec lui.
Un jour,le démon avait pris de nouveau le bhiksu sur son épaule et se promenait dans les airs lorsqu'il vint à rencontrer des satellites du roi des devas P'i-cha-men (Vaicramana); en les voyant, le démon eut grand’peur; il licha le bhiksu et s'enfuit en courant de toutes ses forces ;
où
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le bhiksu tomba à terre et mourut; son corps et sa tête furent broyés.
Cet apologue prouve que celui qui pratique (la bonne conduite) doit travailler à ses fins par lui-même et ne pas sen remettre à quelque homme puissant, car il serait jeté à bas un beau matin et renversé tout comme le fut
cet autre.