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Autrefois Mou-lien (Maudgalyâyana) accompagné des autres disciples, descendait du mont ÆÂi-chü-kiue (Grdhraküta) et se rendait dans la ville de la résidence royale (Wang-chü-tch'eng, Kuçâgârapura) pour y mendier sa nourriture. Au milieu du chemin, Mou-lien (Maudgalyàyana) leva la tête pour regarder dans l’espace et se mit à rire ouvertement; les autres disciples lui ayant demandé pourquoi il riait, Wou-lien (Maudgalyäyana) leur répondit : « Si vous désirez le savoir, attendez que nous soyons revenus auprès du Buddha et alors vous pourrez m'interroger. »
Ainsi donc, quand ils eurent fini de mendier leur nourriture, ils revinrent auprès du Buddha; ces disciples demandèrent alors de nouveau à Wou-lien (Maudgalväyana) pour quelle raison il avait ri naguère ; Mou-lien (Maudwalyâyana) leur répondit : « J'ai vu dans les airs un démon affamé; son corps était extrêmement grand et son aspect était affreux; sept boules de fer brülant entraient par sa bouche et ressortaient par le bas; puis, quand elles étaient sorties par le bas, elles revenaient rentrer par la bouche; tout son corps était en feu et il se tordait de douleur;
épuisé, il tombait pour se relever et quand il s'était relevé il tombait de nouveau, Voilà pourquoi j'ai ri. Mais je n'ai pas été seul à le voir, car le Buddha aussi l’a vu. »
Les disciples demandèrent : « Pour quelle cause enduret-il de tels tourments ? » Mou-lien (Maudgalyäyana) répondit: « Posez cette question au Buddha, Honoré du monde. » Alors les disciples ayant demandé au Buddha quelle était la cause de cela, le Buddha leur répondit : « Ce démon affamé était, dans une vie antérieure un cha-mi (crâmanera); en ce temps il y eut une extrême disette dans le monde et on se nourrissait de pois; ce cha-mi (crâmanera), étant allé mendier de la nourriture pour la communauté des religieux, vint à son maître en lui remettant injustement sept pois de plus (qu'aux autres religieux); pour cette faute il a reçu le corps d’un démon affamé et il endure ces affreuses souffrances. » Le Buddha dit : « Je l’avais, moi aussi, vu constamment, mais si je n'en parlais pas, c'était de crainte que les hommes ne me crussent pas et commissent ainsi le plus grave des crimes. »
Cette histoire prouve que, lorsque le Buddha expose la pan-jo (prajñà), ceux qui ne le croient pas et qui le désapprouvent commettent un crime plus grave que les violations des cinq défenses et subissent les pires tortures des enfers.