‹ Cinq cents contes et apologues (volume 3)Chapitre 43 sur 72 · EE ASS LP ERRREANTES · texte numérisé non relu

EE ASS LP ERRREANTES

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le fruit vainqueur; mais, au lieu de cela, ils recherchent la renommée, sont arrogants et font montre de leur supériorité; par là ils n'aboutissent qu'à augmenter leurs malheurs.

CDD ER NIMES D 78 rev)

Celui qui aurait voulu manger une demi-galelte (1).

Un homme, ayant faim, se mit à manger sept galettes frites; quand il en eut mangé six et demie,il se sentit rassasié; cet homme éprouva alors de la colère et du regret, et, se frappant lui-même de la main, il dit : « Si je suis maintenant rassasié, c’est à cause de cette moitié de galette; ainsi donc les six galettes précédentes ont été inutilement gaspillées; si cette demi-galette pouvait apaiser ma faim, j'aurais dû la manger la première ».…..

CRIE NN SP De 7e)

L’esclave qui garda la porte.

Un homme qui voulait aller au loin donna cet ordre à son esclave : « Gardez bien la porte et en même temps veillez sur l'âne et son licou. » Après que le maitre fut parti, on fit de la musique dans une maison voisine; l’esclave, désireux de l’entendre, ne put plus rester en place ;

(1) Cf Julien, les Avadänas, t. T, p. 227-228.

alors il attacha avec le licou la porte sur le dos de l’âne et, emmenant le tout, il alla au lieu des réjouissances pour y écouter la musique qu'on faisait. Après que l’esclave

fut parti, des voleurs emportèrent tous les objets de quel-

que valeur qui étaient dans la maison. Quand le maître revint de voyage, il demanda à son esclave où étaient tous ses objets précieux; mais l’esclave lui répondit : « Mon

maitre, vous m'aviez confié la porte, l'âne et son licou; …

pour ce qui est du surplus, je n’avais pas à m'en occuper. » Son maitre répliqua : « Si je vous avais laissé pour garder la porte, c'était précisément à cause de ces objets de valeur; maintenant que ces objets sont perdus, qu’aije à faire de la porte ? »…

(FRIDINXINEES D 790)

Le bœuf volé.

Des villageois avaient volé ensemble un bœuf de labour et ensemble l'avaient mangé. Celui à qui on avait pris le bœuf suivit ses traces et arriva dans ce village; il appela les villageois et les interrogea sur la manière dont la chose s'était faite; 11 leur demanda : « N’étiez-vous pas dans ce village ? « Les voleurs répondirent : « Pour nous,en vérité, il n'y a pas de village. » Il leur demanda encore : « Dans votre village il y a un étang; n’est-ce pas au bord de cet élang que vous avez ensemble mangé le bœuf ? » Ils répondirent : « I n’y a pas d’étang. » Il leur demanda en core : « À côté de l'étang n'y a-t-il pas un arbre ? » Ils répondirent : « Il n’y a pas d'arbre. » Il leur demanda encore : « Quand vous avez volé le bœuf, n’étiez-vous à

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l'Est de votre village ? » Ils répondirent : « Il n'y a pas d’Est ». Il leur demanda encore : « Quand vous avez volé le bœuf, n’était-ce pas midi ? » Ils répondirent : «In ya pas de midi. » L’autre alors de leur dire : « On aurait pu admettre vos réponses depuis le moment où vous avez prétendu qu’il n’y avait pas de village, jusqu’à celui où vous avez prétendu qu'il n’y avait pas d'arbre; mais comment se pourrait-il faire que dans le monde il n'y eût pas d’Est et pas d’heure ? Je connais par là que vous mentez et que vous n'êtes aucunement digne de foi. N’avez-vous pas volé et mangé le bœuf ? » Ils répondirent : « Nous l'avons en effet mangé ‘. »..

CErID SN XIN 6 De 73 ve)

Le pauvre homme qui imila le cri du canard.

Autrefois, dans un royaume étranger, en un jour de réjouissance qui était une fête religieuse, toutes les femmes prenaient des fleurs d’utpala (yeou-po-lo) pour en orner leurs cheveux. Or, il y avait un pauvre homme à qui sa femme dit : « Si vous pouvez vous procurer des fleurs d’utpala, et que vous veniez les mettre à ma disposition, je resterai votre épouse ; mais si vous ne le pouvez pas, je vous abandonnerai. » Son mari était depuis longtemps habile à imiter le cri du canard ; il entra donc dans un étang du roi en imitant le cri du canard pour voler des fleurs d’utpala ; en ce moment, le gardien de l'étang fit

1. Cet apologue offre un intérêt tout particulier puisqu'il nous montre l'éveil de la pensée philosophique au moment où elle reconnait le caractère de nécessité qui est inhérent aux catégories du temps et de l'espace.

cette demande : « Qui est dans l'étang ? » Alors ce pauvre homme laissa échapper cette réponse: « Je suis un canard. » Le gardien l’appréhenda et le mena auprès du roi; en chemin, l’homme se remit à imiter fortexactement le cri du canard, mais le gardien de l'étang lui dit : « Vous ne l’avez pas fait précédemment (1) ; à quoi vous sert de le faire maintenant ? ».….

Prin; XXIN, 8 D: 7re)

Le chacal qui fut frappé par une branche d'arbre.

Voici un apologue : Un chacal était sous un arbre lorsque, par le souffle du vent, une petite branche se cassa et vint à tomber sur son dos; aussitôt fermant les yeux et ne voulant pas voir l'arbre, ils'en éloigna en toute hâte : il arriva dans un lieu découvert el y resta jusqu’au soir sans oser revenir ; cependant il aperçut de loin les branches du grand arbre qui, sous le souffle du vent, s’agitaient en haut et en bas; il dit alors: « Il m’appelle », et aussitôt il revint se mettre sous l'arbre (2)...

(1 Quand le gardien a demandé précédemment qui était dans l’étang, l'homme aurait dû répondre en continuant à imiter le cri du canard. Maintenant qu'il s'est fait prendre, il ne donnera plus le change à personne. |

(2) Ainsi ce chacal était aussi déraisonnable quand il partit que quand il revint: dans les deux cas, il interpréta des faits fortuits comme s'ils eussent été intentionnels : il avait cru en effet que l'arbre d'abord avait voulu le frapper et ensuite l'avait appelé.

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(Trip., XXIV, 8, p. 74 r°.)

Les jeunes enfants qui se dispulaient sur la vraie nature de quelques poils.

Autrefois deux jeunes enfants étaient entrés dans une rivière pour s'y ébattre ; ils trouvèrent au fond une poignée de poils ; l’un d’eux dit: « C’est de la barbe de rsi ; » l’autre dit : « C’est du poil d'ours. » Il y avait alors sur le bord de cette rivière un ascète, et, comme les deux jeunes enfants ne pouvaient trancher leur différend, ils allèrent auprès de lui pour qu'il décidât la question en litige. L’ascète prit alors du riz et des graines de sésame ; après avoir mâché cela dans sa bouche, il le cracha dans la paume de sa main et dit aux enfants : « Ce que j'ai dans ma main ressemble à de la fiente de paon. » Puis cet ascète refusa de répondre à aucune autre question ; tout le monde sut cela.

Dans ce monde, les sots font de même. Au moment où on explique la Loi, ils s'amusent à discuter sur toutes sortes de principes sans répondre sur la vraie doctrine ; ils sont semblables à cet ascète qui ne répondait pas à ce qu'on lui demandait et qui fut l’objet de la risée universelle. Les propos déréglés et vains sont cux aussi comparables à la réponse de cet ascète (1).

(1) Ces réflexions morales semblent être fort mal appropriées à l'apologue ci-dessus dont le vrai sens doit être de montrer que les questions qui ne sont pas des questions concernant la religion sont oiseuses.

194 po YU KING (N°° 286-287)

(Trip; XATV: pr 7474

Le médecin qui voulut quértr le bossu.

Un homme qui s'était avisé de s’affliger d’être bossu, ‘avait prié un médecin de le guérir; le médecin le frotta avec du beurre; ille mit entre deux planches, puis il pressa de toutes ses forces ; mais il ne s’aperçut pas que les yeux du bossu lui sortaient de la tête au même moment...

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