NOT
(Trip, XXIV, 8, p. 74 r°.)
Les cinq hommes qui avaient achelé une servante el qui voulaient tous la faire travailler.
Cinq hommes avaient acheté ensemble une servante ; l’un d’eux lui dit de laver ses vêtements ; un autre à son tour lui donna le même ordre ; elle répondit au second : « Je vais d'abord laver les vêtement du premier.» Mais il se mit en colère et lui dit : « Je vous ai achetée en même temps que le premier ; pourquoi ne vous occupez-vous que de lui ? » Il lui donna alors dix coups de fouets. De même, successivement, les cinq hommes lui donnèrent chacun dix coups... (1) |
1) De la même manière, les cinq skandhas tourmentent incessamment notre corps.
st duc
ACTA EMA ÉREENEN
pr; ü SRE
(Trip., XXIV, n° 8, p. 74 r°.)
Le musicien qui faisait de la musique.
Un musicien faisait de la musique devant le roi ; celui-
ci lui avait promis mille pièces de monnaie ; mais, quand il les réclama, le roi ne les lui donna pas et lui dit:
« Quand vous faisiez de la musique, vous avez amusé mes oreilles d’un vain son ; en vous donnant des pièces de
monnaie, jamuserai aussi vos oreilles (1). ».…
(Fripi RXIN ES pa ME EV)
Le maitre qui avait mal à ses pieds el qui les avail confiés à ses disciples.
Un maitre avait deux disciples ; il les chargea de s’occuper chacun de l’un de ses pieds pour le frictionner de temps à autre. Ces deux disciples se jalousaient constamment ; l’un d’eux s’étant absenté, l’autre empoigna le pied que devait frictionner celui-ei et l’écrasa avec une
(1) I semble que le roi ait jugé suffisant de faire tinter les pièces de monnaie sans les donner au musicien, estimant qu'il était Juste de payer le son par du son. Dans la rédaction de ce conte telle qu'elle $e trouve dans le Yang kiu mo lo king et telle qu'elle à été traduite par Julien (Avadänas, t. X, p. 108-109), le roi répond : « Si je vous accordais la somme promise, je vous accorderais quelque chose de solide pour du son. »
pierre ; quand le premier revint, il fut irrité de ce qui s'était passé ; il empoigna le pied que frictionnait l’autre, et, à son tour, l’écrasa.…
(Trip NIV, Bb 7EN")
La tête et la queue du serpent se disputant à qui ira la première (1).
La queue d’un serpent dit à la tête : « C’est moi qui dois aller devant. » La tête lui répondit : « J’ai toujours été devant; pourquoi ce brusque changement ? » La tête resta | en effet devant; mais, comme la queue s’était enroulée autour d’un arbre et ne lui permettait pas de partir, elle laissa | alors la queue aller devant ; tout aussitôt elles tombèrent Û dans une fosse pleine de feu et y moururent brülées.… |
(Trip., XXIV, 8, p. 74 v°.)
L'homme qui désirait raser la barbe du roi.
Autrefois un roi avait un homme qui lui était fort dévoué et qui, sur le champ de bataille, exposa sa vie pour sauver celle du roi, en sorte que celui-ci put être sain etsauf. Le roi, très content, lui promit de lui accorder tout ce qu'il désirerait et lui demanda: « Que réclamez-
(1) CF. le N° 181 et Julien, les Avadänas, t. I, p. 152-154.
vous ? Je satisferai toutes vos envies. » Cet homme répondit : « O roi, quand on vous rasera la barbe, je désire que vous consentiez à ce que soit moi qui vous rase. » Le roi répondit : « Si cela peut vous faire plaisir, j'accomplirai votre souhait. » Une telle sottise de la part de cet homme le rendit la risée de tous ses contemporains ; il pouvait obtenir indifféremment le gouvernement de la moitié du royaume ou le poste de premier ministre et il s’était borné à demander un vil emploi...