‹ Cinq cents contes et apologues (volume 3)Chapitre 6 sur 72 · CID REX TD 2 NS · texte numérisé non relu

CID REX TD 2 NS

Autrefois, il y a de celaldes kalpas aussi innombrables que les grains de poussière, il y avait un Bodhisattva nommé Racine de joie (/75 ken, Pritimüla ?); au milieu d'une grande assemblée il expliquait le mo-ho-yen (mahä-

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yâna); Wen-ichou-che-li (Mañjucri), en ce temps était un homme du commun qui était sorti du monde pour pratiquer la sagesse et qui appliquait toute son énergie à mener une vie d’austérités. IL accomplissait les douze feou-lo (dhütas) et le bonheur qui en résultait sauvait tous les

êtres.

Comme c'était le moment où (le Bodhisattva Racine de joie) expliquait la Loi, (Mañjucri) alla l'écouter. Racine de

joie exposait la doctrine de la réalité et de l'apparence; il

disait que l’impudicité, la colère et la folie ne different point de la sagesse car elles aussi sont la sagesse, elles aussi sont le nie-p'an (nirvâna. Lorsque Wen-lchou (Mañjucri) entendit cela, il n’y ajouta pas foi et aussitôt il quitta (le Bodhisattva) et s’en alla.

Etant arrivé à la demeure d’un disciple de Racine de joie, il lui exposa la doctrine des liquides mauvais et des impuretés. Mais le disciple de Racine de joie lui posa une objection en disant : « Ce qui n’a pas d’existence est la réalité des dharmas; si tous les dharmas sont vides, comment devra-t-il y avoir la distinction du pur et de l'impur ? » Le bhiksu /1) qui observait les Feou-f’o (dhütas) garda le silence et ne sut que répondre; mais il était irrité dans son cœur et concevait une forte indignation.

Alors le disciple de Racine de joie prononça soixantedix gâthâs pour célébrer la doctrine de la réalité et de l'apparence ; à chaque nouvelle gâthâ qu’entendait le bhiksu observateur des feou-l’o {dhütas), sa colère doublait, et quand les soixante-dix gâthâs furent terminées, sa colère était soixante-dix fois plus forte. À peine Les gàthàs furent-elles terminées que la terre se fendit; alors Les ni-lr (nirâyas, enfers) sans distinction apparurent tous et le bhiksu observateur des Peou-lo (dhûtas) y fut précipité. Après des kalpas innombrables, sa peine étant finie, il en

(1) Celui qui devait être plus tard Mañjucri.

sortit; après cela il sut combien était grave la faute de ne pas ajouter foi à la merveilleuse Loi; il devint ensuite un bhiksu qui appliqua toute son énergie à s'instruire; il obtint alors une grande sagesse et fut celui qui compre-

nait le mieux le vide. — Cette histoire montre que, lorsque le Buddha expose la pan-jo (prajñä), ceux qui ny ajoutent pas foi et qui le blàäment, quoiqu'ils en éprouvent du dommage au moment présent, retirent ensuite un grand avantage {de l’avoir entendu).

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Autrefois, dans l’Inde du Nord, il y avait un artisan qui travaillait le bois; avec une grande ingéniosité, il fabriqua une femme en bois; elle était d’une beauté sans égale; avec ses vêtements, sa ceinture et ses magnifiques ornements elle n'était point différente d’une femme réelle; elle allait, elle venait, elle pouvait aussi servir le vin et regarder les hôtes; la parole seule lui manquait. En ce temps, dans l’Inde du Sud, il y avait un peintre qui, lui aussi, était fort habile à peindre. L’artisan qui travaillait le bois, ayant entendu parler de lui, prépara un excellent banquet, puis il invita le peintre. Quand le peintre fut venu, l’autre chargea alors la femme en bois de servir le vin et d'offrir les mets et cela dura depuis le matin jusqu’à la nuit. Le peintre, qui ne savait rien, pensait que c'était une femme véritable; ses désirs devinrent extrêmes et il pensait sans cesse à elle. En ce moment, comme le soleil avait disparu, l'artisan qui travaillait le bois se retira dans sa chambre à coucher; mais il retint le peintre en le priant de rester; il plaça cette femme en bois à côté de lui pour le servir et dit à son hôte : « Je

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