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(Trip., XXIV, 8, p. 80 v°.)
Celut qui avait prétendu faussement être aveugle.
Autrefois, un travailleur, qui était employé à un service du roi et qui n'en pouvait supporter les fatigues, prétendit faussement être aveugle et parvint aiusi à s’affranchir de ces peines ; un autre travailleur, ayant appris cela, voulait se détruire les yeux afin d'échapper, lui aussi, aux dures corvées ; mais un homme lui dit: « Pourquoi, en vous mutilant vous-même, vous infligez-vous inutilement une souffrance ? » Ainsi ce sot fut la risée de ses
contemporains.
(Trip., XXIV, 8, p. 80 v°.)
Celui qui, attaqué par des brigands, perdit son manteau (1).
Deux compagnons voyagaient ensemble dans une région déserte ; l’un deux portait un manteau de drap dont il fut dépouillé au milieu du chemin par des brigands ; l’autre compagnon s'enfuit et alla se réfugier dans les herbes. Quant à celui qui avait été dépouillé de son manteau de drap, il avait auparavant caché dans le bord du vêtement une pièce d’or (2); il dit alors aux brigands : « Le vêtement
(1) Cf. Julien, les Avadänas, t. IT, p. 102-104.
(2) D’après le texte chinois, la pièce d'or parait avoir été cachée dans l'ourlet du manteau dont s'étaient emparés les voleurs ; mais il est probable que, d’après le conte original, la pièce d'or était cachée dans l’ourlet d'un autre vêtement que les voleurs n'avaient pas pris. La sottise de
vaut juste une pièce d'or; je vous propose de vous le
racheter pour une pièce d’or. » Les brigands lui ayant. —.
demandé où était cette pièce d’or, il ouvrit le bord du manteau, la pritet la leur montra, puis il dit aux brigands : « Ceci est de l'or véritable : si vous ne me croyez pas, il y a précisément maintenant dans les herbes un excellent essayeur d’or; vous pouvez aller lui demander son avis. » Quand les brigands furent informés de cela, ils lui reprirent son vêtement ; de la sorte ce sot perdit à la fois entièrement son habit de drap et sa pièce d’or; il se priva lui-même d’un avantage et fit en outre que son compaognon fut dépouillé.… |
LS
CRIER RINESES DE 80 V0)
Le petit enfant qui avail pris une grande tortue (1).
Autrefois, un jeune enfant qui s’amusait sur la terre ferme trouva une grande tortue ; il aurait voulu la tuer, mais il ne savait comment s’y prendre. Il demanda à des gens comment il pourrait la tuer; quelqu'un lui dit: « Vous n'avez qu'à la jeter dans l’eau et vous la ferez périr aussitôt. » Le jeune garçon ajouta foi à ce conseil et jeta donc dans l’eau la tortue qui, dès qu’elle fut dans l’eau, s’échappa.…
l’homme fut äonc de vouloir racheter son manteau; car ainsi il se fit enlever, non seulement son manteau, mais encore sa pièce d'or, et en outre, il révéla niaisement l'endroit où son compagnon avait réussi à se dissimuler. |
(1) Cf. Julien. les Avadänas, t. I, p. 199-200.