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chan-p'o-li (cambara ?) sur lequel se trouvait un oiseau aux ailes d’or (Garuda) ; cet oiseau a un corps fort grand ; ses deux ailes ont un écartement de cent cinquante gojanas. La coutume de cet oiseau aux ailes d’or est de manger des nâgas ; quand il veut manger un nâga, il commence par frapper la mer avec ses deux ailes, de manière à ce que l’eau s’écarte d'un côté et de l’autre ; le corps du nâgas apparaît alors et il s’en empare et le mange. Quant aux nâgas, ils ont la coutume constante, per crainte de l’oiseau aux ailes d’or, de rechercher toujours un kasäya qu'ils placent sur la porte de leur palais ; quand l'oiseau voit le kasâya, il conçoit des sentiments de respect et ne s’avance plus pour manger ces nâgas.
En ce temps, cet oiseau avait frappé la mer de ses ailes et avait aperçu un nâga qu’il voulut dévorer ; le nâga, terrifié, prit aussitôt un kasâya qu'il se mit sur le sommet de la tête et il marcha le long du rivage, car il avait pris en ce moment la forme d’un homme ; (de son côté), l'oiseau aux ailes d'or se transforma en un brahmane: il poursuivait ce dragon et lui adressait toutes sortes d’injures en lui disant : « Pourquoi ne quittez-vous pas promptement ce kasäya? » Ce nâga, craignant de périr, se cramponnait énergiquement au kasâya et aurait bravé toutes les morts plutôt que de le lâcher. ec
Or, dans une île de la mer, il y avait la résidence d’un ascète ; les fleurs et les feuilles y étaient florissantes ; alors le nâga, saisi de crainte et ne sachant où trouver du secours, alla se précipiter dans la résidence de l’ascète. Comme cet ascète avait une grande vertu redoutable, l'oiseau aux ailes d'or n’osa pas entrer aussitôt et, s’adressant de loin à l’ascète, il prononça cette gâthà :
Maintenant, ce nâga vicieux el méchant — s'est transformé en prenant le corps d'un homme ; — craignant la
1) Le Nägänanda est, de même que ce conte, fondé sur léternelle querelle de Garuda et des nâgas et finit aussi par leur réconciliation.
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mort et cherchant son salut, — il est venu entrer ici; — à cause de la puissance de votre vertu, 6 ascèle, — je devrai souffrir de la faim et de la soif ; — j'aimerais mieux perdre ma propre vie, — plutôt que de manger ce nâga.
Alors, l’ascète se demanda qui prononçait cette gâthà ; il se leva donc et sortit pour voir (ce qui se passait) ; il aperçut ce nâga qu'avait poursuivi l'oiseau aux ailes d’or; il prononça aussitôt cette gâthà, en réponse à ce qu'avait dit l'oiseau aux ailes d’or :
Je vous ferai avoir une longue vie, — el manger toujours
l’ambroisie célesie, — car vous endurez la faimet ne mangez pas le nâga — à cause de vos sentiments respectueux envers moi.
- Alors, grâce au prestige surnaturel de l’ascète, l'oiseau aux ailes d’or n’éprouva plus ni faim, ni soif ; puis l’ascète: lui dit: « C'est pour avoir violé les défenses (dans une vie antérieure) que vous avez reçu un corps d'oiseau, et maintenant, comme vous vous livrez habituellement au meurtre, vous devreztomber dans les enfers. » Il lui exposa en détail les dix choses mauvaises, en allant jusqu'aux opinions hérétiques ; chacune de ces choses suffit à faire tomber dans les enfers, ou parmi les démons affamés ou parmi les asuras ; (il ajouta :) « Il vous faut maintenant, en même temps que ce nâga, avouer vos fautes avec repentir pour qu'il n’y ait plus de haine (entre vous). » Eux donc avouèrent leurs fautes avec repentir, après quoi chacun d’eux s’en retourna à sa première place.