CRI NN I DAT AS
Autrefois, dans un endroit solitaire, il y avait un étang. Un grand éléphant entrait dans cet étang, cueillait des racines de nénuphar, et, après les avoir bien lavées, les mangeait, en sorte que sa beauté et sa vigueur étaient dans toute leur plénitude. Or il y avait un autre éléphant qui, pour l’imiter, prit des racines de nénuphar et les mangea sans les laver ; c'est pourquoi il contracta une maladie dont il mourut.
A ce propos, le Buddha prononça cette gâthà :
Il ne put pas imiter le grand éléphant, — car le grand éléphant était inimitable ; — en voulant imiter le grand élé-
(1) I s'agit de Devadatta qui avait prétendu commander à la foule des
religieux ; ce conte est destiné à montrer que Devadatta avait agi de mème dans une existence antérieure.
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phant, — il mangea de la vase el s'attira la douleur de la mort.
Le Buddha dit à Mou-lien (Maudgalyäyana) : « Le grand éléphant, c'était moi-même; l’autre éléphant,c'était T’iao-la (Devadatta). »
(Rips NEC. D. AS; T7)
Autrefois, au bord d’un étang A-lien-jo (âranya) [1!, il y avait deux oies sauvages qui avaient contracté une étroite amitié avec une tortue. Quelque temps après, l’eau de l'étang se dessécha. Les deux oies sauvages firent entre elles cette délibération : « Maintenant l’eau de cet étang est desséchée ; notre amie va sans doute endurer de grandes souffrances. » Leur délibération étant finie, elles dirent à la tortue : « L’eau de cet étang est desséchée et vous n’avez aucun moyen de salut; il vous faut prendre dans votre bouche un bâton dont chacune de nous tiendra une extrémité dans son bec et nous irons vous déposer dans un endroit où il y a beaucoup d’eau. Tant que vous tiendrez dans votre bouche le bâton, ayez soin de ne point parler. » Aussitôt donc elles l’emportèrent avec leur bec ; comme elles passaient au-dessus d’un village, tous les petits garçons s’écrièrent en les voyant: « Des oies sauvages emportent une tortue avec leur bec! des oies sauvages emportent une tortue avec leur bec : » La tortue irritée leur dit: « En quoi cela vous regarde-t-il ? » Mais aussitôt elle lâcha le bâton, tomba à terre et mourut. Alors l'Honoré du Monde prononca à cette occasion les
gâthàs suivantes :
(1) C'est-à-dire, un étang dans la forêt.
Les hommes qui viennent à la vie — ont dans la bouche une hache ; — ce par quoi ils tranchent leur propre corps, — c'esl leurs mauvaises paroles; — ce qu’il faut condamner, au contraire ils le louent; — ce qu’il faut louer, au contraire ils le condamnent ; — ils en reçoivent une peine appropriée, — el n'ont plus jamais aucune joie. — Si on dispute pour des questions d'argent ou d'intérêt, — le mal n'est pas encore bien grand ; — mais le mauvais cœur qui se tourne contre le Buddha, — celui-là commet la plus grave faule. — D'a-feou (arbuda), il y a des cenlaines et des milliers (1); —les ni-lo (niraya) sontau nombre de trente-six (2) ; — ceux quilournent de mauvaises pensées contre un homme saint — doivent tomber dans ces enfers.
CRD NNE D "pe om)
Autrefois 1l y avait un roi nommé /’o-leou. Dans son royaume se trouvaient deux rsis; l’un, qui se nommait Lo-heou-lo (Râhula), se plaisait constamment à rester en
(1) | + Æ À +. Leterme A-feou Pnf 1e est évidemment identique au terme Ngan-feou-fo AE 1? FE (arbuda) qui désigne le premier des huit grands enfers froids (cf. le dictionnaire San tsang fa chou, à l'expression « huit enfers froids » et la note de Landresse dans le Foe koue ki de Rémusat, p. 299). — Les centaines et les milliers qui sont mis ici en connexion avec le terme a-feou désignent peut-être les années qu'il faut passer en enfer ; en eflet, comme l’a montré Feer (Journ. As., sept.-oct. 1892, p. 220), les huit enfers froids n’avaient pas à l'origine d'existence propre ; leurs noms désignent simplement des nombres d'années à passer en enfer.
(2) JÉ #E = TE SN Ni-lo (niraya) est un terme générique désignant les enfers ; mais le nombre de trente-six, dont il est question ici, ne correspond à aucune des indications que nous trouvons dans Îles dictionnaires numériques relativement aux enfers.
contemplation ; le second, qui se nommait A-nan (Ânanda) avait beaucoup étudié et ne craignait rien.
Or ce roi, ayant d’abord vu Lo-heou-la (Râhula), le combla d'honneurs et fit faire une maison pour lui. Quand cette habitation fut terminée, (Râhula) sortit pour voyager parmi les hommes. Ensuite arriva A-nan (Ânanda); le roi le combla à son tour d’honneurs et lui donna alors la maison qu'il avait fait faire auparavant.
Quand Zo-heou-la (Râhula) revint de son voyage, il invita A-nan (Ânanda) à sortir en lui disant : « Cette maison est la mienne » A-nan (Ânanda) de son côté déclara aussi: « Cette maison est la mienne. »
Tous deux se rendirent auprès du roi et lui demandèrent de décider à qui appartenait la maison. Le roi répondit: J'ai commencé, il est vrai, par la donner à Lo-heou-lo (Râhula) ; mais celui-ci l’ayant quittée et étant parti, je l'ai ensuite donnée à A-nan (Ânanda). Elle doit donc être la maison d'A-nan (Ânanda). »
Mais alors tous les devas, les nâgas, les démons et les esprits dirent : « Ce roi n'agit pas régulièrement. Pourquoi commence-t-il par donner la maison à Zo-heou-lo (Râhula) et la lui enlève-t-il ensuite pour la donner à A-nan (Ânanda) ? Nous allons maintenant détruire toute sa famille ». Alors ils se rendirent ensemble au palais du roi et firent périr, en les lapidant, le roi et ses parents.
À cette occasion, le Buddha prononça cette gâthà :
Le roi, en donnant, ne distinqua pas le premier don du second ; — les rsis entrèrent en dispute à ce sujet; — cela fit que les démons et les esprits s'irritèrent, — et il causa lui-même la destruction de sa parenté. — Agir suivant son bon plaisir, — c'est ce que le sage n’'approuve point; — c'est pourquoi il faul renoncer à son bon plaisir, — et trouver sa joie à suivre les principes de la justice.
Le Buddha dit : celui qui en ce temps était le rsi Loheou-lo (Rähula), c'est maintenant ZLo-heou-lo (Rähula) ;
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celui qui en ce temps était le rsi A-nan (Ânanda) c'est maintenant A-nan (Ânanda).
CPP RN EE p097%)
Le Buddha dit: O Ânanda, dans les temps passés il y avait un roi nommé Xin-met (Krkin). Il engendra une fille qui naquit en portant spontanément une couronne de fleurs d'or; le roi rassembla alors tous ses ministres pour délibérer sur le nom qu'on lui donnerait ; tous dire qu'il fallait interroger les brahmanes pronostiqueurs ; un décret ordonna donc que les pronostiqueurs se rassemblassent tous et fussent chargés de trouver un nom pour l’enfant ; les pronostiqueurs dirent tous: « À sa naissance, cette fille portait spontanément une couronne de fleurs d’or ; il faut donc que son nom soit Mo-li-n1 (1) (Mâlini). » Ce fut donc le nom qu’on lui imposa.
Le roi la chérissait fort ; il fit rechercher dans tout son royaume les filles qui étaient nées le même jour qu'elle et les prit pour qu’elles fussent ses suivantes; or, il se trouva qu'il y avait eu dans le royaume cinq cents filles qui étaient nées le même jour qu’elle ; on enregistra leurs noms pour qu'elles fussent à son service.
Quand cette fille fut devenue grande, le roi lui donna l’ordre de faire des offrandes à cinq cents brahmanes qu'il entretenait ; il lui dit : « Il faut que, comme je le faisais moi-même, vous prépariez cinq cents marmites de bouillon pour les leur offrir suivant leurs goûts. » La jeune fille, conformément à cet ordre, se mit à faire des
(1) Mâlini, fille du roi Min-mei, joue ici le même rôle que Mälini, femme du roi Prasenajit dans le sûtra des dix rèves du roi Prasenajit.
offrandes aux brahmanes; quand ceux-ci avaient fini de manger, ils ne manquaient pas de monter avec les cinq cents jeunes filles sur des chars tirés par quatre chevaux et allaient s’ébattre parmi les parcs et les pavillons ; ils allaient de parc en parc et de pavillon en pavillon et chaque jour ilen était ainsi.
En ce temps, Kâçyapa Buddha résidait dans un des parcs ; quand le cocher arrivait au parc où demeurait le Buddha, il ne manquait pas de faire faire volte-face à son char et n’entrait pas ; la jeune fille posa cette question au cocher : « Dans toute l’étendue du royaume, il n’est aucun parc où je ne sois entrée; pourquoi évitez-vous toujours ce parc-ci ? » Il répondit: « Dans ce parc il y a un çramana à la tête rasée nommé Kâçyapa; il ne convient pas que vous le voyiez et c'est pourquoi je n’entre pas. » La jeune fille répliqua : « En quoi le cramana Kâçyapa s’inquiéterait-il des choses humaines ? faites donc retourner le char pour que nous entrions dans le. parc et près de ce pavillon. »
On fit donc retourner le char qui entra aussi loin qu’un char pouvait aller ; puis la jeune fille mit pied à terre et avança dans le parc; elle aperçut de loin Kâçyapa Buddha dont l’extérieur était fort remarquable et qui ressemblait à une montagne d’or; dès qu’elle le vit, elle conçut des sentiments de joie ; elle s’avanca auprès du Buddha, l’adora en posant son visage sur les pieds du Buddha, puis recula et se tint debout de côté. Le Buddha lui expliqua de toutes sortes de façons la Loi merveilleuse et lui enseigna où elle trouverait profit et bonheur ; elle en arriva ainsi à voir la Loi et à obtenir le fruit, après quoi elle reçut la formule des trois refuges et celle des cinq défenses; elle se leva alors de son siège, adora les pieds du Buddha, tourna autour de lui par la droite, puis se retira.
Peu après être partie, elle fit cette réflexion : « Je fais régulièrement deux fois par jour une offrande de cinq cents marmites de bouillon à cinq cents brahmanes ; mais
ce n'est point là un champ producteur de bonheur et ilne convient pas que j'accepte de faire ces libéralités ; mieux vaut préparer des boissons et des mets exquis pour les offrir à l’'Honoré du monde, Kâcyapa. » Après avoir eu cette pensée, elle ordonna qu’on préparât des aliments, et chaque jour elle les apportait en offrande. Quand les brahmanes apprirent que Mo-li-ni (Mâlini) était devenue disciple du Buddha Kâçyapa et que, contrairement à ce qu’elle faisait auparavant, elle offrait à Kâcyapa les aliments les meilleurs, ils en concurent de l’envie et formèrent dans leur cœur le dessein d'imaginer ensemble quelque stratagème pour faire périr cette jeune fille.
En ce temps, le roi Xin-mei eut pendant la nuit onze rêves : 1° il vit en rêve un arbre grand de quatre doigts qui déjà produisait des fleurs ; 2° il vit en rêve ces fleurs qui devenaient aussitôt des fruits ; 3° il vit en songe un veau qui labourait pendant qu’un bœuf adulte restait immobile en le regardant ; 4° il vit en rêve trois marmites dans lesquelles on faisait cuire du riz ; or le riz des deux marmites latérales s’en échappait en bondissant et entrait de l’une dans l’autre, mais sans jamais tomber dans la marmite du milieu ; 5° il vit en rêve un chameau qui mangeait de l'herbe par les deux extrémités (de son corps) ; 6° il vit en rêve une jument, qui contrairement à ce qui arrive d'ordinaire, tétait un poulain ; 7° il vit en rêve un bol d’or qui cheminait dans les airs; 8° il viten rêve un chacal qui urinait dans un bol d’or ; 9° il vit en rêve un singe qui était assis sur un lit d’or ; 10° il vit en rêve du santal tête de bœuf (Gocirsa) qui était vendu au prix de l'herbe pourrie ; 11° il vit en rêve une pièce d’eau qui, au centre, était trouble tandis que les quatre bords étaient clairs et purs.
Le lendemain matin, le roi rassembla tous ses ministres pour leur exposer en détail les rèves ci-dessus et pour les interroger sur la signification de ces rêves. Ses
ministres assemblés lui dirent de s'adresser aux brahmanes pronostiqueurs ; il manda donc ces derniers pour les questionner ; les brahmanes songèrent alors que, puisque leur intention était de faire périr cette jeune fille, ils en avaient maintenant le moyen; c’est pourquoi ils dirent au roi: « Ce rêve est néfaste ; ou il vous faudra perdre votre royaume, ou vous-même périrez. » Le roi demanda :
« Y a-t-il quelque moyen d’échapper à ces calamités ? » Ils répondirent: « Il y en a un; mais, comme il meten cause ceux que vous aimez, certainement vous ne pourrez pas en profiter. »
Le roi leur ayant dit : « Parlez seulement », les pronostiqueurs ajoutèrent : « O roi, les éléphants tels et tels, les chevaux tels et tels, les grands ministres teis et tels, les grands brahmanes tels et tels, il vous faudra les prendre avec cinq cents taureaux, cinq cents buffles, cinq cents veaux femelles, cinq cents veaux mâles, cinq cents béliers, cinq cents moutons, la jeune fille MWo-li-n1 (Mâlini) et ses cinq cents suivantes, puis, au bout de sept jours, vous les immolerez sur un carrefour de quatre chemins pour les offrir en sacrifice au ciel ; alors les calamités pourront être dissipées ; mais, si vous ne faites pas cela, ces maux seront inévitables. »
Le roi crut ce qu’on lui racontait et donna des ordres pour qu’on prit des mesures en conséquence ; il appela donc cette jeune fille et lui raconta tout ce qui s'était passé ; il l’autorisa à faire les souhaits qu’elle voudrait pour les six jours qu’elle avait encore à vivre ; la jeune fille dit alors au roi: «Je ne regrette point de mourir, mais je souhaite, le premier jour, me rendre auprès du Buddha Kâcyapa avec tous les gens du peuple de la ville, hommes et femmes, grands et petits. » Le roi y ayant consenti, elle appela tous les habitants de la ville qui, l’entourant par devant et par derrière, allèrent avec elle auprès de Kâcyapa ; le Buddha leur expliqua de toutes
Cie" di. à
sortes de façons la Loi merveilleuse et leur enseigna où ils trouveraient le profit et la joie ; ils en vinrent à voir la Loi et à obtenir le fruit, puis ils reçurent la formule des trois refuges et celle des cinq défenses. La jeune fille souhaita, le second jour, aller auprès du Buddha avec tous les ministres du roi ; elle souhaita, le troisième jour, aller auprès du Buddha avec tous les fils du roi; elle souhaita, le quatrième jour, aller auprès du Buddha avec toutes les filles du roi; elle souhaita, le cinquième jour, aller auprès du Buddha avec les épouses et les concubines du roi; elle souhaita, le sixième jour, aller auprès du Buddha avec le roi lui-même. Le roi acquiesça à ces désirs successifs ; tous donc virent la Loi, obtinrent le fruit et reçurent la formule des trois refuges et celle des cinq défenses de la manière qui a été dite plus haut.
Quand le roi eut obtenu le fruit (de la sagesse), il interrogea le Buddha Kâçyapa au sujet des onze rêves qu’il avait eus, en demandant ce qu’ils présageaient. Le Buddha lui dit: « Ces onze rêves concernent l'avenir et non le présent. 1° Vous avez vu en rêve un petit arbre qui produisait des fleurs ; cela signifie : dans l'avenir il y aura un Buddha qui apparaîtra au milieu des hommes quand la durée de leur vie sera de cent ans ;, son nom sera Câkyamuni Tathâgata, l’arhat, le samyak sambuddha ; en ce temps, les hommes, dès l’âge de trente ans, auront déjà la tête blanche : 2° vous avez vu en rêve des fleurs qui devenaient aussitôt des fruits ; cela signifie : en ce temps, les hommes, dès l’âge de vingt ans, engendreront des enfants ; 3° vous avez vu en rêve un veau qui labourait tandis qu'un bœuf adulte restait immobile à le regarder ; cela signifie: en ce temps, les enfants dirigeront la maison etle père et la mère n’y seront plus les maîtres ; 4° vous avez vu en rêve trois marmites où cuisait simultanément du riz; le riz des marmites latérales sau-
tait hors de chacune d’elles et entrait de l’une dans l’autre sans jamais tomber dans la marmite du milieu; cela signifie : en ce temps, les riches se feront des présents les uns aux autres, mais les pauvres gens ne recevront rien du tout; 5° vous avez vu en rêve un chameau qui mangeait de l'herbe par les deux extrémités de son corps; cela signifie : en ce temps le roi aura une bande de ministres qui, non contents de se nourrir des appointements donnés par le roi, dépouilleront aussi le peuple de ce qu'il possède ; 6° vous avez vu en rêve une jument qui (contrairement à ce qui se passe dans la réalité) tétait un poulain; cela signifie : en ce temps, quand une mère aura marié sa fille, elle lui demandera, contrairement à ce qui devrait être, de la nourrir; 7° vous avez vu en rêve un bol d’or qui cheminait dans les airs ; cela signifie : en ce temps, les pluies n'arriveront pas aux époques voulues et ne seront pas générales ; 8° vous avez vu en rêve un chacal qui urinait dans un bol d’or; cela signifie: en ce temps, les gens ne se marieront qu'en ayant égard à la richesse et ne feront pas leur choix d’après leur caste ; 9° vous avez vu en rêve un singe assis sur un lit d’or ; cela signifie: en ce temps, le roi du royaume agira contrairement aux lois et son gouvernement sera cruel et inique ; 10° vous avez vu en rêve du santal tête de bœuf (gocirsa) qu’on vendait au prix de l'herbe pourrie ; cela signifie : en ce temps les cramanas de la race de Càkya seront avides et intéressés et c’est pourquoi ils seront mis sur le même pied que les laïcs ; 11° vous avez vu en rêve une pièce d’eau qui au centre était trouble, tandis qu'elle était limpide sur ses quatre bords ; cela signifie : en ce temps la Loi bouddhique commencera par être détruite dans le pays du milieu (Madhyadeca), tandis qu’au contraire elle sera prospère dans les royaumes de la frontière. »
Le Buddha dit: « O roi, voilà ce qui signifient vos
onze rêves; ils n’ont rien de néfaste pour la personne du grand roi. »
Alors le roi, du haut de son trône, ordonna à ses ministres de faire maintenant des dons, pour les délivrer de la crainte, à tous les êtres qu'on avait voulu sacrifier; il dit: «A partir de maintenant j'aimerais mieux perdre la vie que de tuer intentionnellement un être vivant; à combien plus forte raison ne tuerai-je pas des hommes; je ne blesserais plus intentionnellement des vers ou des fourmis ; à combien plus forte raison ne blesserai-je pas ma fille et ses compagnes. »
Le roi dit à Ânanda: « Après le parinirvâna du Buddha Kâçyapa, le roi lui éleva un stüpa d’or et d’argent qui mesurait en long et en large un demi-yojana, et en hauteur un yojana; on empila, en les disposant alternativement l’une au-dessus de l’autre, des briques d’or et d’argent; maintenant ce stüpa existe encore à l'intérieur de la terre. » Le Buddha fit alors sortir le stüpa pour le montrer aux disciples des quatre catégories ; la relique du corps entier de Kâäcyapa Buddha y était intacte comme à
l’origine.
CRPTDR NN EDF)
Autrefois 1l y avait un serpent noir qui piqua un bouvier, puis rentra dans son trou. Un magicien, en se servant de la conjuration du bélier (1), lui ordonna par conjuration de sortir de son trou, mais il ne put le faire sortir. Le magicien alors alluma devant le bouvier du feu sur
(1) Ce qui a trait au bélier dans ce conte est fort obscur,
lequel il prononça une conjuration ; le feu se transforma en une mouche enflammée qui pénétra dans le trou du serpent et piqua de sa flamme le serpent noir; celui-ci, trouvant la douleur insupportable, sortit alors de son trou; le bélier écrivit cela avec sa corne devant le magicien (1). Le magicien dit (au serpent) : « Revenez sucer votre venin (2); sinon jetez-vous dans ce feu. » Le serpent noir prononça alors cette gâthà :
Puisque j'ai craché ce venin, — jamais je ne le reprendrai ; — même si c'est pour mot un cas de mort, — je fini-
rai ma vie sans revenir.
Ainsi donc il ne prit pas le venin et se jeta dans le feu. Le Buddha dit: Celui qui en ce temps était le serpent noir, c'est Chü-li-fou (Câriputra).
CAD: ANR" 007.)
Dans les temps passés il y avait au milieu de la mer une ile qui était régulièrement incendiée par le feu une fois en sept ans. Sur cette ile, au milieu d’un fourré d'herbes, des faisans avaient mis au monde un petit; voyant que le feu allait les atteindre, le père et la mère s’en allèrent en abandonnant leur petit ; celui-ci, resté en arrière, étendit ses ailes et ses pattes pour les montrer à la divinité du feu et prononca cette gâthà :
J'ai des patles, mais je ne puis encore marcher ; — j'ai des ailes, mais je ne puis encore voler ; — j'ai élé aban-
(1) Cf. la note précédente.
2, On voit ici apparaître l’idée bien connue que le serpent peut guérir la blessure qu'il a faite en reprenant son venin.
donné par mon père el par ma mère qui sont partis ; — mon unique désir est que vous me sauviez la vie.
La divinité du feu répondit par cette gâthà :
Une demande qu’on ne pouvait attendre d'un être né Dre œuf, — vous me l’adressez maintenant ; — aussi vous concéderai-je — un espace de huit pieds tout autour de vous (1).
(1) En d’autres termes, le petit faisan sera sauvé parce que l'incendie épargnera une zone de huit pieds tout autour de son corps,
FEV
ExTRAITS DU SSEU FEN LU (1)
(Frip; XNS6;:p-5v0-6 7.)
Autrefois il y avait un jeune brahmane appelé San-jo (Samjña ; peut-être Samjaya). Il se rendit auprès d’un maitre dans l'art de tirer à l'arc et dit à ce maître : « Je désire étudier l’art de tirer à l'arc. » L'autre lui répondit aussitôt qu'il l'y autorisait. Alors, pendant sept années, San-j0o étudia le tir à l'arc; quand ces sept années furent passées, il se dit : « Quand aurai-je fini d'étudier le tir à l’arc? » Il se rendit donc auprès de son maitre et lui dit ceci : « Pendant combien de temps est-il nécessaire que j'étudie le tir à l'arc ? » Son maitre lui enseigna alors à tendre la corde et à poser la flèche, puis il lui dit: «Je dois pour quelque affaire me rendre au village ; attendez mon retour et alors vous pourrez laisser partir la flèche. » Après lui avoir donné cet ordre, le maître se rendit au village.
(1) Le Sseu fen lu (B. N., n° 1117), qui est un recueil de la Discipline des Dharmaguptas, a été traduit en 405 par Buddhayacças et l’hindou Fo-nien
(B. N., App. II, n°s 61 et 58). Cet ouvrage se trouve dans les fascicules 3 à 6 du volume XV du Tripitaka de Tôkrvé.
SSEU FEN LU (N° 372) ( 353
San-j0 fit cette réflexion : « Pourquoi mon maître m’a-t-il enseigné à tirer la corde de l'arc et à poser la flèche, mais en me prescrivant d'attendre son retour pour laisser partir la flèche ? Je puis dès maintenant la laisser partir. » En avant de San-j0, il y avait un grand arbre so-lo (çâla) ; il tira donc et atteignit l'arbre ; la flèche traversa l'arbre et s’enfonça dans la terre jusqu’à devenir invisible.
En ce moment, le maître, ayant fini ses affaires au village, revint; arrivé à l'endroit où était San-jo, il lui-demanda : « Avez-vous laissé partir la flèche ? » Comme il répondait affirmativement, son maître lui dit: « Vous avez mal agi; si vous n'aviez pas tiré, vous seriez devenu le plus grand maître dans tout le Yen-feou-fi (Jambudvipa). Maintenant c'est moi qui suis le premier et le plus grand maître du Yen-feou-lPi (Jambudvipa) ; quand je serai mort, c'est vous qui devrez me succéder. » Alors le maître para sa fille et la lui donna, en même temps que cinq cents flèches, un cheval et un char.
Après que San-jo eût recu ces dons, il lui fallut traverser une plaine déserte. San-jo installa sa femme dans le char, prit en main les cinq cents flèches et se mit à traver-
ser la plaine déserte. Il y avait une troupe de cinq
cents brigands qui mangeaïent dans cette plaine déserte; San-jo dit à sa femme: « Allez auprès de ces brigands pour leur demander de la nourriture. » La femme alla donc déclarer aux brigands : « San-jo vous demande de la nourriture. » Le chef des brigands dit : « IL est à observer que le messager qu’on nous envoie n’est pas une per-sonne ordinaire ; il convient de lui donner de la nourriture. »
Mais un des brigands se leva et s’écria : « Allons-nous donc laisser la vie à cet homme et lui permettre de s'en aller emmenant sa femme et monté sur son char ? » En cet instant San-jo tira une flèche ; atteint par la flèche, ce
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brigand mourut. Parmi ceux qui restaient, un autre se leva et s’écria : « Allons-nous donc laisser la vie à cet homme et lui permettre de s’en aller emmenant sa femme et monté sur son char?» San-jo tira sur luiencore une flèche et l’homme, atteint par la flèche, mourut. Ainsi les brigands, se levant l'un après l’autre, furent successivement atteints par les flèches et moururent. Bientôt San-jo n'eut plus qu’une flèche et seul le chef des brigands restait en vie. Comme (San-j0) ne trouvait pas d'occasion favorable, il n'avait pas encore laissé partir sa flèche, il dit alors à sa femme : « Enlevez vos vêtements et posez-les à terre.» Sa femme enleva donc ses vêtements; aussitôt San-Jo trouva un instant favorable pour (viser) le brigand (1) et décocha sa flèche ; atteint par la flèche, (le brigand) mourut.
(1, Parce que la vue de Ja femme nue avait causé au brigand un instant de distraction.
ExTRaiTs DU KEN PEN CHOUO YI TS'IE YEOU POU P'TIT NAI YE TSA CHE (1)
CPAS RNAL AED 29 00)
Autrefois, auprès d’un village, il y avait plusieurs garnements qui s'étaient réunis en bande et s’amusaient de-ci et de-là ; ils virent deux mo-na-p'o (mânavas) qui venaient le long du chemin ; ils se dirent les uns aux autres : « Nous allons battre ces deux hommes » ; ensuite ils se concertèrent et dirent : « Il ne faut pas les battre immédiatement ; commençons par leur poser une question ; s'ils y répondent d'une manière intelligente, nous ne les battrons pas ; dans le cas contraire, nous les rouerons de coups. » Un d’eux leur demanda donc : « Quand fait-il froid ? » Un des mânavas fit cette réflexion : « Dans quelle intention nous demandent-ils cela ? à voir leurs mines ils ont le désir bien arrêté de nous battre. » Il répondit alors par cette gâthà :
(1) Ouvrage sur la discipline des Mülasarvästivädins, traduit par Île célèbre pèlerin Yi-tsing # 1 en l’année 710 p. C. ; cf. Nanjio, Catalogue, n° 1121. — On peut lire la biographie d'Yi-tsing à la fin de ma traduction du Mémoire sur les religieux éminents qui allèrent chercher la Loi dans les pays d'Occident (Paris, Leroux. 1894, pp. 192-201).
Que ce soit l'hiver ou que ce soit l’élé, — cela dépend seulement du vent qui s'élève ; — si le vent se produit, il fera froid ; — s'il n'y a pas de vent, assurément il ne fera pas froid.
Quand les jeunes gens eurent entendu ces paroles, ils le laissèrent aller. Ils posèrent ensuite la même question au second mânava qui leur répondit en ces termes :
En hiver, il fait certainement froid ; — en élé, le froid n'exisle pas ; — c’est là ce que tous les hommes savent ; — vous êles des ignorants de mettre cela en doute.
Quand les garnements eurent entendu ces paroles, ils se mirent en colère ; ils le rouèrent de coups et partirent.
(Trip., XVII, 2, p. 40 v°-43 r°.)
Autrefois, dans la ville de P’o-lo-ni-sseu (Vârânasi, Bénarès), 1l y avait un marchand qui se maria ; peu après, sa femme se trouva enceinte. Or ce marchand voulut aller sur la grande mer pour chercher des objets précieux ; il dit donc à femme : « O sage personne (bhadramukhi), je vais aller dansdes pays étrangers pour y chercher des denrées merveilleuses et précieuses ; surveillez bien la maison ; ilfautque vous y mettiez tous vossoins. Elle répondit : « Homme saint, si vous agissez ainsi, je vous suivrai. ». Il répliqua: « Qui pourvoira pour vous aux besoins de la maison, si vous allez avec moi ? » Elle se mit à pleurer ; une de ses compagnes, voyant son affliction, lui en demanda la cause. Elle répondit : « Mon mari voudrait pouvoir partir avec moi, mais je ne vais pas à sa suite et c'est pourquoi je pleure . » Sa compagne lui dit : « Si son intention est de partir, pourquoi ne le suivez-vous pas ?»
Elle répondit : « Qui pourvoira pour moi (aux besoins de la maison ? » Sa compagne répliqua : «Allez seulement avec lui ; je vous suppléerai. » Elle partit donc. Lorsqu'ils furent sur la grande mer, leur bateau fut brisé par le poisson mo-kia (makara). Le marchand alors périt avec tous les autres hommes ; sa femme, ballottée deçà et de-là, put se saisir d’une planche, et, par bonheur, sous l’action du vent, elle fut poussée sur une île de la mer. Il y avait là un roi-oiseau aux ailes d’or qui prit cette femme pour en faire son épouse ; peu après, par un effet de sa grossesse antérieure, elle mit au monde un fils dont le visage était fort beau ; plus tard, elle enfanta encore un fils oiseau qui avait le même aspect que l’oiseau aux ailes d’or. Ce dernier étant mort, tous les oiseaux nommèrent roi son fils. Sa mère lui dit alors ; « Parce que vous descendezde votre père,vous avezpudevenir roi. Voici votre frère aîné ; maintenant il faut que vous l’emportiez dans la ville de P'o-lo-ni-sseu (Vâränasi) et que là vous fassiez de lui le roi d’un royaume parmi les hommes, » Il répondit : « O mère du royaume, je vais, par égard pour vous, le mettre sur le trône. « En ce temps, dans la ville de P’o-lo-ni-sseu (Vârânasi), il y avait un roi nommé Fancheou (Brahmadatta) qui, au moyen de la Loi, transformait le monde en sorte qu'il y avait le calme et la prospérité dont la description détaillée a déjà été faite ailleurs. Le roi donnait une audience plénière et se trouvait assis au milieu de l'assemblée, lorsque le roi-oiseau aux ailes d’or le saisit par les deux épaules avec ses serres et le jeta dans la grande mer ; il prittous ses merveilleux bijoux et en orna son propre frère aîné, puis il emporta celui-ci dans la ville royale et le plaça sur le trône en disant aux ministres: « Voici votre roi; ayez bien soin de le servir avec soumission ; si quelqu'un lui résistait, je reviendrais pour vous précipiter tous dans la grande mer. » Ces gens, saisis de crainte, agirent en se conformant à ses instruc-
tions, et, comme les ministres n’osèrent pas annoncer ce qui s'était passé, le peuple crut que c'était le roi F'ancheou (Brahmadatta) (qui continuait à régner). Le (nouveau) roi dit à l'oiseau aux ailes d’or de revenir de temps à autre le voir et l’autre répondit qu’il le ferait.
À quelque temps de là, le roi eut un éléphant femelle qui, parvenue au terme de sa grossesse, était en mal d’enfant; cependant la tête seule (du petit) se montrait et le reste du corps ne parvenait pas à sortir. Les ministres en informèrent le roi qui leur dit: « Emmenez l'éléphant dans le harem ; ordonnez à toutes Les femmes du harem de prononcer une formule d’incantation pour obliger le petit à sortir promptement ; la formule magique devra être la suivante : « Si, en dehors du roi, je n’ai connu aucun « homme, il faut que le petit de l'éléphant soit mis au « monde aisément. » On amena donc l'éléphant dans le harem et les femmes prononcèrent toutes la formule : « Si, en dehors du roi, je n'ai connu aucun homme, le petit de l’éléphant doit sortir. » Mais, bien qu’elles fissent ces conjurations, l'éléphant souffrait extrémement et le petit ne parvenait pas à sortir. Les gens qui étaient là poussaient de grands cris et ne savaient que faire.
Or il y avait une gardienne de bœufs qui demeurait non loin de là. Ayant entendu les cris qu'on poussait, elle demanda quelle en était la cause et pourquoi il y avait ces grandes clameurs dans le harem. Après qu'on le lui eut expliqué, elle dit: « Je prononcerai la formule de conjuration et je pourrai faire que le petit de l'éléphant puisse sortir aisément. » Quand on eut entendu ces paroles, on les rapporta aux principaux ministres qui, à leur tour, en informèrent le roi. On invita donc la gardienne de bœufs à entrer dans le harem ; elle prononça la formule de conjuration devant l'éléphant en disant : « Depuis ma naissance, en dehors de mon mari, je n’ai connu aucun homme ; si cette déclaration est vraie, je veux que le petit
de l'éléphant naisse aisément.» A peine eut-elle parlé que l'éléphant mitau mondeson petit; cependant la queue n’était pas encore sortie ; la gardienne de bœufs sourit et dit : « Une si petite faute devrait être tolérée. » Les eunuques du harem lui demandèrent quelle faute elleavait commise; elle répondit: « Autrefois, je tenais dans mes bras le petit enfant d’une autre femme ; cet enfant lâcha de l'urine qui coula jusque sur mes parties génitales ; j’eus alors comme un sentiment de jouissance. C’est à cause de cette faute légère que la queue (du petit éléphant) ne suit pas le corps. » A la suite de cette explication véridique, la queue elle aussi sortit.
Les ministres informèrent le roi que le petit éléphant était né, et, comme le roi demandait qui avait pu le faire sortir, 1ls lui dirent ce qui s’était passé. Le roi, affligé, s’écria : « Toutes les femmes de mon harem manquent de chasteté ; seule cette gardienne de bœufs s’est montrée pure. » Le roi dit: « Appelez-la en ma présence ; je veux l'interroger moi-même. » La femme étant venue, le roi lui dit: « Avez-vous pu par votre parole véridique faire que l’éléphant mit bas son petit ? » Quand elle eut répondu affirmativement, le roi fit cette réflexion : « Puisque la mère est sage, telle aussi doit être la fille ; je vais essayer de l’interroger. » (Il eut alors avec elle ce dialogue :) « Avez-vous une fille? — Oui. — Comment se nomme-t-elle ? — Miao-jong (Beau visage). — A-t-elle eu des relations avec un homme ? — Elle n’en a point encore eu. — Mère, s’il en est ainsi, il faut que vous me la donniez. — Il en sera comme le désire le roi. »
Alors donc on prépara les cérémonies d’usage et le roi épousa la fille et la fit entrer dans son harem. Mais il fit ensuite cette réflexion : « Les femmes du harem ne sont pas chastes et elles se sont trouvées en défaut lors de la conjuration. Si je fais demeurer cette. fille parmi elles, elle ne manquera pas de se conduire
d’une manière désordonnée. » Plus tard, profitant de ce que l'oiseau aux ailes d’or était venu, le roi lui raconta toute l'affaire et ajouta : « Mon frère cadet, il faut que pendant le jour vous preniez ma femme et que vous la déposiez dans une île de la mer; pendant la nuit, vous me l'apporterez, » L'oiseau aux ailes d'or accepta ; on lui remit la femme et, conformément à ce qui avait été convenu, il l’emmena chaque jour et la rapporta chaque nuit.
En ce temps, dans cette ile de la mer, il y avait une fleur à l'excellent parfum qui se nommait « le remède qui chasse (les maladies). » Cette femme chaque jour en tressait des guirlandes qu’elle apportait à Fan-eheou (Brahmadatta) (1). Or, à P’o-lo-ni-sseu (Vârânasi), il y avait alors le fils d’un brahmane qui, pour chercher du bois mort, dut aller dans la forêt de la montagne ; il y rencontra une fille divine des Kinnaras qui le prit et le fit entrer dans une caverne de rocher ; elle s’unit à lui et se satisfit avec lui; chaque fois que cette femme sortait pour aller chercher des fleurs et des fruits, après être sortie, elle prenait une grande pierre dont elle bouchait l'ouverture et l’homme ne pouvait la déplacer. À quelque temps de là, la Kinnari mit au monde un fils qui, lorsqu'il marchait, se déplaçait avec rapidité, et c’est pourquoi on le nomma Chou-tsi (le rapide). Le père disait souvent en soupirant devant son fils : « P’o-lo-ni-sseu (Vâränasi) est un endroit où il fait bon demeurer ; vous devriez le connaître. » Le fils eut un jour avec son père la conversation suivante : « En quel lieu êtes-vous né ? — P'o-lo-ni-sseu (Vârànasi) est mon lieu natal. — Pourquoi ne retournez-vous pas dans votre patrie ? — Quand votre mère sort pour aller chercher des fleurs et des
(1) Plus exactement, au roi qu'on croyait à tort être Brahmadatta. La même remarque doit être faite pour toute la suite du conte. Il est pro- - bable que nous avons affaire ici en réalité à deux récits artificiellement
soudés l’un à l’autre et que le roi Brahmadatta était bien le héros du conte où figure Miao-jong.