‹ Cinq cents contes et apologues (volume 3)Chapitre 67 sur 72 · GED, ANT 0 D · texte numérisé non relu

GED, ANT 0 D

Autrefois, au inilieu des montagnes neigeuses, dans un endroit fort reculé et sauvage, des oiseaux en grandnombre

avaient fixé leur résidence; parmi eux, il y avait un roioiseau qui les gouvernait ; mais, par suite d’une maladie, il mourut. Alors tous les oiseaux, n'ayant plus de souverain, recommencèrent à s’insulter les uns les autres et à tenir une conduite peu profitable. Ils s’assemblèrent donc en un même lieu et se dirent: « Nous n’avons point de souverain ; cela ne peut durer. Nous désirons chercher un roi des oiseaux auquel nous donnerons l’onction, et auquel nous remettrons d’un commun accord le pouvoir. En quel lieu pourrons-nous le trouver ? » Non loin de là, il y avait un vieuxhibou. Les oiseaux délibérèrent et dirent: « Cet oiseau est sage et expérimenté. Il est digne d’êtré notre souverain; si nous le nommons, nous y trouverons notre avantage particulier. Non loin de là, il y a un perroquet qui est naturellement doué d'intelligence et qui connaît bien la politique. Allons lui demander s’il convient en effet de nommer le hibou notre souverain. » Ils allèrent donc tous à la demeure du perroquet et lui demandèrent : « Nous nous proposons de choisir le hibou pour notre roi. Est-ce là ce qu'il faut faire ? » Le perroquet, ayant vu le visage du hibou, leur répondit par cette gâthà :

Il ne me plaît pas que le hibou — devienne le roi de tous les oiseaux. — S'il a un tel visage quand il n’est pas en colère, — quel visage doit-il avoir quand il est irrilé?

Quand les oiseaux eurent entendu ces paroles, ils ne nommèrent pas roi le hibou, mais ils choisirent le perroquet pour en faire leur souverain.

PI NAI YE (N° 397) x 433:

(Trip., XVI, p.28 v°-29 r°.)

Autrefois, dans une bourgade il y avait un brahmane qui

s'était marié ; peu après, sa femme donna naissance à un

fils; par la suite, elle enfanta encore un fils, puis d’autres encore, jusqu'à ce qu'elle eût mis au monde douze fils. Lorsque tous furent devenus adultes, ils se marièrent et formèrent une grande maisonnée. Peu de temps plus tard, leur mère tomba malade et mourut. Comme leur père était affaibli par l’âge, ses deux yeux devinrent aveugles et il ne put plus rien voir.

Or, ces jeunes femmes, quand les fils ne se trouvaient pas là, commettaient des actions perverses avec des gens du dehors; le brahmane savait très bien discerner les sons et, en entendant le bruit des pas, il pouvait savoir si c'étaient ceux de ses fils ou ceux d’autres personnes; c’est ainsi que, en entendant ces gens marcher, il sut que ce n'étaient pas ses fils ; il fit alors des reproches à ses bellesfilles en leur ordonnant de ne point tenir cette conduite débauchée. Ses belles-filles, comprenant qu’il était irrité, se dirent entre elles : « Ce brahmane s'oppose à nous et nous est nuisible. Il faut maintenant que nous lui supprimions sa bonne nourriture. » Elles lui donnèrent alors un riz grossier qu'elles avaient trempé dans de la sauce au vinaigre. Le brahmane, qui était affaibli par les ans, se trouva incapable de mâcher une telle nourriture; il ditalors à ses fils : « Vos jeunes femmes me donnent une nourriture grossière qu'elles ont trempée dans du vinaigre.

(1) M. Huber a analysé ce conte en le rapprochant du texte parallèle du Divyâvadâna (B. E. F.E. O.,t. vi, p. 33-34). | j

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