II
Comment pourrais-je soutenir ma vie? » Les fils, à leur tour, dirent à leurs femmes : « Pour quelle raison donnezvous à notre père du riz grossier mêlé à du vinaigre ? » Ces femmes répondirent : « Ce vieillard est malchanceux ; en quoi serions-nous coupables ? Chaque fois que nous cuisons du riz, nous jetons dans sa marmite du riz blane, mais il se transforme en riz rouge ; nous y mélons de bon beurre, mais il se change en vinaigre. » Les maris ayant déclaré que rien de pareil ne pouvait arriver, leurs femmes répliquèrent : «Si vous ne nous croyez pas, soyez-en vousmême témoins. »
Les femmes délibérèrent entre elles, disant : « Maintenant que nous avons ainsi parlé à nos maris, il faut trouver un moyen de nous disculper. » Elles allèrent alors chez un potier et lui dirent: « Homme de bien, pouvezvous fabriquer deux marmites de terre, ayant chacune un orifice et deux panses, et pouvant contenir plusieurs cheng. » Le potier répondit : « Si vous me donnez double prix, je puis vous les fabriquer.» Elles approuvèrent cela, et, quand le potier eut fini, elles le payèrent et s’en revinrent avec les marmites.
Elles préparèrent le repas du vieillard, et, en un lieu .
caché, elles mirent dans une panse de l’une des marmites du riz rouge et dans une panse de l’autre marmite du vinaigre. Puis, en présence de leurs maris, elles mirent du riz blanc dans l’autre panse de la première marmite, et du beurre excellent dans l’autre panse de la seconde marmite, Quand les deux marmites eurent bouilli, elles dirent à leurs maris : « Donnerons-nous d’abord à manger au vieillard ou voulez-vous manger les premiers ?» Ils répondirent: « Offrez d’abord de la nourriture à notre père. » Les femmes alors versèrent de l’une des marmites du riz rouge, et de l’autre marmite du vinaigre ; puis, venant vers leurs maris, elles leur donnèrent du riz blanc qu’elles mélangèrent à de l'excellent beurre ; les fils, quand