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compassion de la misère du peupleet n'en parlait qu’en sanglotant. Comme le royaume souffrait encore de la sécheresse, son cœur calme se purifia par l’abstinence et devint grave ; il repoussa les aliments et refusa ce qu’on lui offrait ; se prosternant la tête contre terre, il se repentit de ses péchés et dit : « Si le peuple n’est pas bon, la faute en est à moi seul, Je voudrais sacrifier ma vie pour donner au
-peuple la pluie fécondante.» Aïnsi chaque jour il s’apitoyait,
comme un fils très pieux qui voit mourir un père excellent.
Le bruit de sa perfection et de sa sincérité s’étant répandu au loin, il y eut cinq cents Buddhas qui de chacun (des côtés du monde) vinrent dans ce royaume ; en apprenant cette nouvelle, le roi en fut si joyeux qu'il ne sentait plus son corps; venant à leur rencontre, il se pros-
terna et les invita à se rendre dans la salle principale. La
reine et le prince héritier leur témoignèrent tous deux leur respect. Mets exquis, vêtements religieux, on leur fournit ce dont ils avaient besoin. (Le roi), se jetant à terre tout de son long, se prosterna et frappa du front le sol, puis il dit en versant des larmes : « Mon cœur est souillé et ma conduite est impure ; je ne me conforme pas aux trois
Vénérables (Triratna), ni aux enseignements relatifs aux
quatre bienfaits; j'ai été dur et cruel envers le peuple; c'est moi que le châtiment doit frapper; maisils’est étendu jusqu'aux plus humbles et la sécheresse dure depuis plusieurs années. La multitude du peuple est affamée; la haine et la souffrance altèrent son caractère; je désire débarrasser le peuple de cette calamité en faisant retomber le fléau sur moi. » Les divers Buddhas de chaque côté dirent : « Vous êtes un bon prince; vous êtes bienveillant, pitoyable et bienfaisant; par votre vertu vous égalez le souverain des devas. C’est là ce que savent tous les Buddhas. Maintenant, nous vous donnons le bonheur; ayez soin de ne pas vous contrister. Hâtez-vous d'adresser des ordres au peuple pour qu’il plante des céréales. »
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Le roi se conforma à ces instructions; hommes et femmes se mirent à l’œuvre et il n’y eut aucune famille « 7 qui n'y travaillât. Or, le riz se transforma en courges (1); : F le ministre de l’agriculture en informa le roi qui dit : « Attendez qu'elles aient müri. » Les fruits des courges k
couvrirent tout le royaume; elles renfermaient toutes du riz et avaient une contenance de. plusieurs dizaines de
boisseaux; la saveur de ce riz exhalait une odeur déli- :
cieuse dont le parfum se sentait dans le royaume entier. Tous les gens du pays étaient joyeux et célébraïent la vertu du roi; les (habitants des) royaumes ennemis qui étaient sur les quatre frontières se proclamèrent tous les
serviteurs et les servantes du roi ; la population s’assembla
comme des nuages et le territoire du royaume s’agrandit chaque jour; dans toute la région on observait les défenses et on se confiait aux trois Vénérables. Le roi, ses ministres et son peuple, quand leur vie fut terminée, naquirent tous en haut parmi les devas.
Le Buddha dit : « Celui qui en ce temps était l’homme pauvre, c'est moi-même; pendant plusieurs kalpas, je secourus par ma bonté la foule des êtres vivants; mes actes méritoires ne furent pas vains et caducs, et maintenant j'ai en effet obtenu la dignité de Buddha; on me nomme un deva entre les devas et je suis un héros dans les trois mondes. » |
Telle est la manière dont la pâramitâ de charité du Bodhisattva exerce la charité.
(1) La traduction « courge » précise plus que ne le fait le texte chinois où le mot ff désigne toute espèce de fruit trainant à terre. Il semble bien cependant, par la suite du récit, qu'il s'agisse ici de courges.
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