‹ Cinq cents contes et apologues (volume 4)Chapitre 25 sur 93 · LA · texte numérisé non relu

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désirons que vous preniez tout (ce que nous vous donnons). » Alors il accepta cela et s’en servit pour rendre au

lités.

Le roi, ainsi que ses ministres et les gens de son peuple, reçurent tous à l’envi les défenses; les fils eurent de la piété filiale, et les sujets eurent du loyalisme; les dieux du ciel accordèrent une protection éclatante; le royaume fut florissant et la population paisible. Les pays situés

dans les quatre directions se soumirent à une telle vertu

et il n’y eut personne qui ne la célébrât.

Le Buddha dit : « Celui qui en ce temps était Sien-l'an, c'était moi-même. »

Telle est la manière dont la pâramità de charité du Bodhisattva pratique la libéralité.

(Trip., VI, 5, p. 53 r°-53 v°.)

Autrefois le Bodhisattva naquit dans la condition de fils d’un maître de maison (1); dès qu’il fut tombé à terre, il dit: « Les êtres vivants ont une foule de maux : c’est moi qui les en délivrerai; ils n’ont pas vu la norme du Buddbha ; ils n’ont pas entendu la sage loi; c’est moi qui ouvrirai leurs oreilles et leurs yeux de manière à dissiper leur cécité et leur surdité; je ferai ainsi qu'ils verront et entendront (la Bodhi) sans supérieure, droite et vraie, souverain de tous les saints et principe des sages règles. En faisant

(1) L'expression PU #%£ désigne, d'après les dictionnaires numériques (Trip. de Tôkyô, XXXVII, 1, p. 88 ve), les quatre grandes castes des brahmanes, des Kksatriyas, des vaicakhas et des çüdras. Mais ce n'est pas avec cette valeur qu'elle est employée ici; elle a son sens proprement chinois et désigne un membre de l'aristocratie, c’est-à-dire, une personne appartenant aux quatre catégories de familles qui ont exercé les plus hautes charges publiques. Dans nos contes, la traduction « maître de maison » parait être celle qui rend le mieux l'idée qu'on a en vue.

roi l’or qu’il lui devait; en outre il fit de grandes libéra-.

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… des libéralités je les attirerai à moi et il n’y aura personne qui ne se soumette et n’obéisse. » Ses parents aux neuf degrés furent stupéfaits et dirent : « Nous n'avons jamais

entendu dire que, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, il yait eu un enfant qui se soit ainsi comporté; ce doit être

ei quelque manifestation surnaturelle d’un deva ou d’un

nâga, d’un démon ou d’un génie. Il faut consulter Les sorts à son sujet. » (L'enfant) répondit alors à ses parents : « C'est un grand saint qui revient en moi sous une autre forme; j'ai en moi la faculté spontanée de l’intelligence universelle; je ne suis aucun de tous ces êtres malfaisants (que vous venez d’énumérer); gardez-vous d’en douter. » Après avoir ainsi parlé, il resta silencieux. Ses parents dirent : « Cet enfant est résolu à exercer une bienfaisance aussi vaste que le ciel et que la terre; il ne sera sans doute pas un personnage ordinaire. » Ils donnèrent à l'enfant le nom de P'ou-che (« Libéralité universelle », Sarvada).

Quand cet enfant eut atteint l’âge de dix ans, il avait entièrement compris tous les livres canoniques du Bouddhisme et la multitude des sciences laïques; il prit congé de ses parents pour secourir tous les étres et faire la charité à ceux qui étaient dans le dénuement. Ses parents lui dirent : « Nous sommes connus comme étant extrêmement riches; nous vous autorisons à donner tant que vous voudrez aux pauvres. » (Leur fils) leur répondit : « Cela est insuffisant; je vous demande à devenir cramana. Donnez-moi un vêtement de religieux, un bol à aumônes et un bâton orné d’étain; c'est par là que je secourrai tous les êtres; tel est le vœu que j'ai formé depuis ma naissance. » Ses parents, se souvenant du serment qu'il avait fait à sa naissance, ne firent plus d'opposition, et, conformément à son vœu, l’autorisèrent à devenir çramana.

En parcourant le monde pour prêcher et convertir, (le jeune homme) passa par un grand royaume; dans ce

royaume, il y avait un homme de puissante famille qui, lui aussi, comprenait bien toutes sortes de livres. Il remarqua que P'ou-che avait un extérieur fort majestueux, que l’éclat de sa beauté respléndissait, que son caractère était doux, qu'il était pur comme de l'or divin, qu’il avait toutes les marques d’un saint supérieur et qu’il deviendrait un personnage éminent dans le monde; il dità P'ouche : « J'ai un désir à vous exprimer; je souhaite qu’il vous satisfasse, à homme saint; j'ai une fille que je voudrais vous donner pour qu’elle soit votre servante. » P’ou-che répondit : « Fort bien. Attendez mon retour. » Il se mit aussitôt en route, et, arrivé sur le rivage de la mer, il monta dans un bateau pour la traverser.

Lorsqu'il eut abordé à l’autre rive, il s’engagea dans les montagnes et arriva dans un endroit inhabité ; il apercut de loin une ville d’argent dont les édifices étaient brillants et beaux; il y avait un serpent venimeux qui s’enroulait sept fois autour de la ville et qui avait un corps gros de cent brasses ; quand il vit venir P’ou-che, ildressa la tête en se tournant vers lui; P'ou-che songea : « Get être plein de venin à certainement de mauvaises intentions; je vais mettre en action une bienveillance insurmontable afin de détruire ce venin. En effet la perversité est comme le feu et la bienveillance est comme l’eau ; quand on se sert de l’eau pour éteindre le feu, comment ne l’éteindrait-on pas ? » Alors il s’assit et mit en action la contemplation de bienveillance en faisant ce vœu : « Que tous les êtres vivants soient promptement délivrés des huit difficultés (1), que leurs cœurs s’éloignent des mauvaises

(1) Les huit difficultés 7\ PE sont les huit conditions dans lesquelles un être vivant ne peut pas voir le Bouddha et entendre la Loi : ce sont d'abord les trois voies mauvaises — 5, à savoir : être habitant des enfers, être un animal, être un démon affamé (preta); puis, pour l’homme, ce sont les quatre conditions suivantes : être aveugle, sourd ou muet; avoir l'intelligence et la perspicacité de ce monde: vivre avant ou après un Bouddha; habiter le pays d'Uttarakuru ŸE fH JÈ A : enfin, la hui-

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