‹ Cinq cents contes et apologues (volume 4)Chapitre 45 sur 93 · ASIE LE CONS · texte numérisé non relu

ASIE LE CONS

malade, songea à manger le foie du singe; son mari alla le lui chercher; voyant le singe qui était descendu pour boire, la tortue mâle lui dit : « Avez-vous déjà assisté à une représentation musicale? « Jamais », répondit le singe. La tortue reprit : « Dans ma demeure il y aura une fort belle représentation musicale, voulez-vous la voir? » Le singe y ayant consenti, la tortue lui dit : « Montez sur mon dos, je vous mèneraila voir. » II monta sur son dos et alla avec elle ; arrivée au milieu du cours d’eau, la tortue dit : « Ma femme voudrait manger votre foie. Comment y aurait-il réellement une représentation musicale dans l'eau? » Le singe, tout confus, se dit : « Observer les défenses est la règle constante de Ia

bonne conduite ; cependant un stratagème estle meilleur

moyen pour échapper à un danger. » Il dit (alors à la tortue): « Pourquoi ne m'avez-vous pas dit cela plus tôt? J'ai laissé mon foie pendu au sommet de tel arbre là-bas. » La tortue le crut et revint. Dès qu’il fut sur le rivage, le singe lui dit : « O tortue stupide, comment serait-il possible que mon foie qui est dans mon ventre füt suspendu à un arbre ? »

Le Buddha dit aux bhiksus : « Le frère aîné, c'était moi-même; il observait constamment la chasteté et ne commit jamais d’actes de débauche ; pour achever quelque expiation méritée par ses vies antérieures, 11 tomba dans cette condition de singe. Quant au frère cadet et à la fille du roi, tous deux reçurent un corps de tortue ; la tortue mâle, c'était Devadatta; la tortue femelle, c'était la femme de Devadatta. » |

Telle est la manière dont la pâramità de ferme résolution du Bodhisattva pratique la moralité (çila).

(Trip., VI, 5, p. 65 r°-v°.)

Autrefois le Bodhisattva était monté sur un bateau et traversait la mer pour recueillir des richesses qui lui permissent d'échapper au dénuement. Sur le rivage de la mer il y avait une ville où se trouvaient des parcs et des jardins en abondance. De belles femmes s’approchèrent du bord et invitèrent les marchands en leur disant : « Ce pays est riche et fertile; vous y trouverez autant d'objets précieux que vous le désirez. Veuillez prendre la peine d'entrer dans la ville pour voir ce que possèdent et ce dont manquent les habitants. » Les marchands, ajoutant foi à leurs paroles, les suivirent et furent ensorcelés par ces femmes démoniaques; ils restèrent donc pour demeurer avec elles.

Quand cinq années se furent écoulées, le Bodhisattva songea avec émotion à son père, à sa mère et à sa patrie; il sortit de la ville et monta sur une montagne pour regarder au loin dans les quatre directions de l’espace. Il aperçut une ville de fer dans laquelle se trouvait un homme coiffé d’un bonnet céleste et assis dans une attitude digne; cet homme dit au Bodhisattva : « Vous êtes trompés! ce sont des démons femelles que vous avez épousés et c’est pour elles que vous avez abandonné la vraie affection de vos pères, de vos mères et de vos parents aux neuf degrés. Se laisser dévorer par des démons, n'est-ce pas être trompé? Si vous avez soin de rester éveillé, vous verrez ce qui en est réellement. Précisément maintenant il y a un cheval divin qui va et vient dans ces parages pour sauver tous les êtres: il vous faut vous attacher à lui pour

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retourner chez vous et pour vous garder sain et sauf ; mais si votre affection s’attache à ces femmes malfaisantes, vous entrerez mort dans cette ville ; toutes sortes de maux vous atteindront et les regrets ne vous seront alors d’aucune utilité. »

Se conformant à ces instructions, le Bodhisattva feignit de dormir et observa ce qui se passait; il vit que la réalité était telle qu’on la lui avait décrite; son cœur fut saisi de crainte. Le lendemain, il avertit secrètement ses compa-

gnons; tous à leur tour suivirent ses conseils; chacun

d’eux étant aux aguets, ils virent leurs femmes se transformer en renards qui se disputaient pour dévorer des hommes. Tous furent découragés et dirent : « Nous sommes perdus. » Ils s’excitèrent les uns les autres à se tenir prêts, car la moindre négligence aurait causé leur

mort; le roi-cheval vint et dit : « S'il en est qui, ayant

quitté leur demeure, songent avec regrets à leurs parents, qu'ils accourent promptement ici; je les sauverai. » Les marchands tout joyeux dirent : « C’est là certainement (un secours qui nous est envoyé par le) Ciel. » Tous donc

vinrent en toute hâte confier leur vie (au cheval). Cependant

la femme (du Bodhisattva), tenant son enfant dans ses bras, suivait ses traces et disait d’une voix pitoyable : « Je t’invoque en plaignante, à Ciel majestueux! J’ai été l'épouse de cet homme pendant plusieurs années et maintenant il me prend pour un démon. » Ses lamentations étaient fort émouvantes ; elle vint les faire auprès du roi et lui raconta ce que nous venons de dire, (en ajoutant) : « Maintenant je suis saisie de crainte et n'ai plus personne en qui me confier. Je souhaite seulement, à grand roi, que vous jugiez avec compassion les sentiments de votre servante. » Le roi manda le Bodhisattva et lui demanda ce qui en était ; le Bodhisattva lui exposa de point en point tout ce qu'il avait vu.

Le roi, remarquant que cette femme était belle, s’em-

pressa de renvoyer le mari et l'introduisit dans son harem où il se livra à la débauche avec elle; le gouvernement du royaume fut troublé. Le démon, se transformant en renard, allait chaque jour dévorer des hommes et les maux qu’il causait devenaient toujours plus graves; le roi cependant ne s’en apercevait pas.

Dans la suite, chacun de ces personnages termina sa

destinée, et, dans le cycle des naissances et des morts, le Bodhisattva par l’accumulation de ses actes de vertu obtint de devenir Buddha, tandis que l’âme du démon renard allait renaître par transformation comme fille d’un brahmane ; cette fille était d’une beauté merveilleuse. Un jour, le Buddha, dans une ville où on pratiquait la Loi, mendiait sa nourriture; après avoir fini de manger, il sortit de la ville et s’assit sous un arbre. Le brahmane aperçut les marques distinctives primaires et secondaires du Buddha; il remarqua que le teint de son visage était comme l'or rouge et que son cou avait un éclat solaire semblable à la lune parmi les étoiles ; en voyant que le Buddha avait un tel aspect, il en conçut une joie sans limites et revint dire à la mère de sa fille : « J'ai trouvé pour notre fille un mari qui est un personnage éminent dans le monde. Allez promptement lui offrir de beaux vêtements et tout ce qu'il y a de plus excellent dans le monde. »

Le brahmane et sa femme emmenèrent donc leur fille pour loffrir (au Buddha). Sur la route ils remarquèrent les empreintes des pieds du Buddha; la femme dit : « Cet homme est un personnage divin exempt de désirs ; comment pourrions-nous troubler son caractère par des pensées de luxure? » Le père répliqua : « Notre fille est la plus belle du royaume ; comment la plus haute vertu ne battrait-elle pas en retraite devant elle? » La femme exprima alors sa pensée par cette gâthà :

L'homme débauché marche en laissant traîner ses

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pieds ; — l’homme irascible s'avance avec les doigts de pieds serrés ; — le sol enfonce ses pieds dans le sol ; — mais les empreintes que voici sont celles d’un personnage vénérable entre tous les devas et les hommes.

Ne vous exposez pas à un affront. » Le père répliqua : « Votre sagesse est mince. » Il agit donc d’une manière déraisonnable et vint offrir sa fille. L’Honoré du monde lui dit : « Quand le Mäâra du sixième ciel (1) m’a offert ses trois filles, je les ai changées en vieux démons. Maintenant vous, sac à ordures, dans quelle intention venezvous encore? » Le brahmane fut couvert de honte et sa femme fut encore plus humiliée.

En ce moment, un ascète s’avança et dit en se prosternant la tête contre terre : « Je désire que vous me fassiez don de cette fille. » L'Honoré du monde l’avertit en lui disant : « C’est vous qui autrefois étiez le roi et cette fille était le démon, elle vous trompa par sa beauté et dévora tout votre peuple; n’en êtes-vous pas dégoûté? » L'ascète fut couvert de confusion; il se retira en méditation et atteignit à la fixité ; 1l obtint la voie de srôtapanna.

Le Buddha dit à Câriputra : « À partir du moment où le Bodhisattva eut reçu l’avertissement de l'homme qui se trouvait dans la ville et fut revenu chez lui, il confia sa destinée aux trois Vénérables et formula ce vœu : « Quand je devrai mourir, même la mort ne me fera pas violer la sagesse droite et vraie du Tathâgata Arhat, ni les importantes défenses pures. » Ayant accumulé un nombre considérable de grandes actions conformes aux défenses, la sagesse du Buddha fut réalisée en moi. Celui qui en ce temps était Le maître de maison (2), c’était moi-même. Le roi, c'était ce bhiksu; la râksasi, c'était la fille du brah-

(1) $ 7 JÆ K Mara estle souverain du sixième Kämadevaloka.

(2) Nous sommes ramenés ici à l’histoire du début ; le maître de maison est celui qui s'était laissé séduire avec les cinq cents marchands par les raksasis et qui fut délivré par le cheval divin.

mane ; l'homme divin qui était dans la ville (1), c'était Çariputra. »

Telle est la manière dont la pâramitâ de ferme résolution du Bodhisattva pratique la moralité (çila).

(Trip., VI, 5, p. 65 v°-66 r°.)

Voici ce que j'ai entendu dire : Un jour le Buddha se trouvait dans le royaume de Wen-wou (entendre — objets — ÇCrâvasti), dans le Jetavana, dans le jardin d’Anâthapindada. Le Buddha dit alors aux çramanas assemblés :

Dans l'antiquité il y avait un royaume nommé Po-lo-nai (Vârânasi, Bénarès) dont le roi avait un héritier présomptif appelé Mou-p'o (2) (admirer — âme) : dès sa naissance, (ce jeune prince) avait eu une intelligence inépuisable ; dans le passé, le présent et l'avenir toutes choses lui étaient connues sans que rien restât douteux; sa beauté était respiendissante: telle la lune au milieu des étoiles. Le roi n'avait que ce seul fils qui était aimé de tous les habitants du royaume. Cependant jusqu’à l’âge de treize ans, cet enfant était resté bouche close et n’avait pas parlé; il semblait être muet.

Le roi et la reine s’en inquiétèrent; ils appelérent la multitude des brahmanes pour leur demander qu’elle était la cause de ce fait; ils répondirent : « Cet enfant a une influence néfaste ; s’il est beau mais ne parle pas, de

(1; Cf. p. 122, lignes 20-21.

(2) HÉ. L'édition de Corée donne seule la leçon X£ ff« tombe — âme ». Dans le sûtra traduit par Fa-hou, l'édition de Corée présente aussi la leçon HE tandis que les trois autres éditions écrivent %.

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quelle utilité vous est-il, 6 grand roi? Si les femmes de

votre harem ne vous donnent pas d’héritier, ne serait-ce pas parce qu’il vous nuit ? Il vous faut l’enterrer vivant et alors aurez certainement un noble héritier. » Le roi, tout déconcerté, entra auprès de la reine pour délibérer; la reine, ainsi que les femmes du harem furent toutes saisies d’affliction et dirent en soupirant : « Comment l’héritier présomptif a-t-il une si mauvaise fortune qu’il reçoive vivant un tel malheur ? » Ceux qui se lamentaient remplissaient les chemins comme s’il y eût eu un grand enterrement.

On revêtit (le prince) de vêtements précieux, puis on le remit aux fossoyeurs; les fossoyeurs lui enlevèrent ses beaux habits et tous ensemble se mirent à faire la fosse. Mou-p'o se dit alors : « Le roi et les gens du pays croient que je suis réellement muet. » Il rassembla silencieusement ses vêtements et entra dans l’eau pour s’y baigner ; il se frotta le corps de parfums et revêtit ses habits précieux; puis il s’approcha de la fosse et cria : « Que faitesvous là ? » Les fossoyeurs répliquèrent : « Le prince-héritier est muet et sourd et il est cause que le roi n’a pas de successeur; le roi a ordonné de l’enterrer vivant dans l'espérance que lui-même pourrait alors engendrer un sage successeur. » Le prince dit : « C’est moi qui suis Mou-p'o. »

Les fossoyeurs allèrent regarder dans le char qui se trouva être soudainement devenu vide; ils virent que l'extérieur du prince était brillant et lumineux; dans la campagne, au loin et au près, il y avait comme l'éclat du soleil; l'intelligence surnaturelle du prince était fort grande ; son esprit ébranlait les divinités. Les fossoyeurs, grands et petits, furent saisis de peur ; ils se regardaient mutuellement et le teint de leur visage était jaune et vert. La parole du prince était parfaite et son élocution était excellente; tous donc étaient anxieux; levant les yeux

vers le ciel, ils dirent : « La vertu surnaturelle du princehéritier est-elle donc si grande ? » Alors, se prosternant la tête contre terre, ils exposèrent leur pensée en disant : « Nous désirons retourner pour tranquilliser le roi et pour faire que le peuple ne gémisse plus. » Le princehéritier dit : « Allez promptement annoncer au roi que je peux parler. »

Ces gens ayant été en toute hâte porter cette information, le roi, la reine et la foule du peuple s’émerveillèrent de ce qui s’était passé ; très contents, ils proclamèrent que c'était bien et il n’y eut personne qui ne fût joyeux; les chars qui s'élançaient et les hommes qui couraient remplissaient entièrement les routes. Mou-p'o dit: « Si je puis devenir çramana et tenir une conduite pure et chaste, ne sera-ce pas bien aussi? » À peine eut-il conçu cette pensée que le souverain Cakra créa miraculeusement un parc avec des étangs et des arbres, tel qu'on n’en voit point dans le monde; puis il enleva (au prince-héritier) ses vêtements précieux et en fit miraculeusement un kasâya.

Quand le roi fut venu, le prince-héritier se prosterna à terre tout de son long et salua suivant les rites. Le roi prit alors place et écouta sa voix; l’éclat en était surnaturel et le soleil et la lune en étaient ébranlés. Le roi, tout joyeux, fit cette déclaration : « Depuis que je vous ai eu comme fils, tout le royaume vous a respecté et aimé; il faut que vous me succédiez dans ma dignité céleste et que vous deveniez le père et la mère du peuple. » Le prince répondit : « Je désire, ôÔ grand roi, que vous acceptiez avec compassion mes humbles paroles; j'ai été autrefois roi de ce royaume; mon nom était Siu-nien (devoir-penser à); je régnai et je gouvernai le peuple pendant vingt-cinq années; je m'acquittais personnellement des dix actions vertueuses ; je nourrissais mon peuple avec bonté; le fouet, le bâton et les armes de toutes sortes n'étaient plus aucunement en usage; dans les prisons il n'y avait plus de

gens chargés de liens; sur les chemins on n’entendait ni paroles de haine ni gémissements; ma bienfaisance se répandait partout et il n'était personne qu'elle ne favorisât, cependant, parce que, dans mes sorties, les personnes composant mon cortège étaient fort nombreuses et parce que mes éclaireurs faisaient évacuer la route en toute hâte et que la multitude en était saisie de crainte, en définitive j'entrai dans (les enfers de) la Grande Montagne où je fus brülé et déchiré ; (ces supplices) durèrent soixante mille années pendant lesquelles je demandais la mort sans l'obtenir, je criais et je gémissais sans être secouru. Or, en ce temps, j'avais, dans ma famille, mes parents aux neuf degrés, et, en dehors d’elle, mes ministres et mon peuple ; ils avaient des richesses par centaines de milliers de charretées ; ils jouissaient de toutes sortes de joies sans limites; comment auraient-ils vu que j'étais entré dans les enfers de la Grande Montagne, que j'y étais brûlé et torturé et que jy endurais des souffrances infinies ? De la femme, du fils, des ministres et du peuple que je possédais lors de ma gloire dans la vie, qui aurait pu se charger pour moi d’une partie de tous ces maux? Je fus seul à endurer tous ces tourments qui furent sans limites; chaque fois que j'y songe, mon cœur est saisi de peur et mes os éprouvent de la souffrance; mon corps se couvre d’une sueur sans cause et mes poils se hérissent de froid. Quand certaines paroles ont été prononcées, le malheur survient ; l’infortune les suit comme l'ombre suit le corps. Ainsi, bien que désirant profiter des paroles, je craignais d'attirer sur moi de nouvelles calamités ; je ne saurais endurer une seconde fois les tourments de la Grande Montagne ; c’est pourquoi donc j'ai lié ma langue et j'ai voulu résolument ne pas parler; cependant, au bout de treize années, des maîtres funestes vous ont engagé à m’enterrer vivant; j'ai craint alors, à grand roi, que vous n'attiriez sur vous-

même les souffrances de la Grande Montagne, et, dans ces

circonstances, j'ai prononcé encore une parole. Maintenant je voudrais me faire çramana et tenir une conduite exempte de désirs; je considère la porte d’où proviennent tous les maux et je ne veux plus être roi. Je souhaite que vous ne trouviez pas cela étrange. »

Le roi répliqua : « Vous avez été un excellent souverain; vos actions étaient élevées et votre vertu respectable; vous guidiez le peuple par la sagesse; votre faute n'était pas plus grosse qu’un fil ou un cheveu et aucun homme n'yeût prêté attention; c’est là cependant ce qui vous a valu un châtiment et ce qui a fait que vous avez été tourmenté à ce point. Or, moi, je suis maintenant le roi des hommes; je me laisse entraîner par les désirs de mon cœur et je n’observe pas la vraie Loi. Que m'arrivera-t-il donc en k définitive? » (Le roi) alors permit (à son fils) d'étudier la Ç sagesse.

À son retour, le roi gouverna son royaume suivant les principes corrects et non suivant les principes faux; il produisit ainsi la prospérité et la joie. Quant à Mou-p'o, ïl disciplina ses sentiments et supprima ses désirs; il fut résolu à progresser dans la sagesse et dans la vérité. Il parvint ainsi à obtenir la dignité de Buddha; il développa l'explication des belles règles; il secourut tous les êtres vivants pour les faire parvenir au Nirvâna.

Le Buddha dit aux bhiksus : Celui qui en ce temps était Mou-p'o, c'était moi-même ; le roi son père, c'était celui qui estmaintenant le roi Guddhodana; sa mère, c'était ma mère qui est maintenant Chü-miao. La gloire, la beauté, l’hérésie et les réjouissances sont les réchauds où brüle le corps ; la pureté, la chasteté, le calme et le repos sont les demeures exemptes de tourments. Si on désire éviter les difficultés et échapper au châtiment, il faut ne pas abandonner la religion bouddhique. Quoique la pratique de la sagesse soit dure, mieux vaut encore s’y tenir que de tomber dans les trois voies ; (grâce à elle), si on est dans

la condition d’homme, on sera loin de la misère et on ne se trouvera pas aux prises avec les huit sortesde difficultés. Quand on a résolu d'étudier la sagesse, il faut se conduire comme le Buddha; si on désire parvenir au parinir- “ . vâna des Pratyeka Buddhas et des arhats, on pourra obte- | nir ce qu’on cherche à atteindre. Le Buddha ayant fini d'expliquer les livres saints, tous les çramanas sans exception furent joyeux; ils se prosternèrent et rendirent hommage.

(Frib:; VE 5 D. 66 r°-66 No.)

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