‹ Cinq cents contes et apologues (volume 4)Chapitre 58 sur 93 · IN · texte numérisé non relu

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Autrefois le Bodhisattva était un roi-cheval ; il se nommait Tchôü-ye, il demeurait constamment au bord de la mer et sauvait les hommes qui étaient ballottés par Les flots; il y avait alors sur l’autre rivage de la mer des râksasis débauchées dont le nombre était fort considérable ; quand elles apercevaient des marchands, elles produisaient magiquement une ville avec ses remparts et ses faubourgs, des résidences, des parcs, des orchestres et des festins ; elles se transformaient en femmes gracieuses dont le visage

avait une beauté éclatante ; elles invitaient avec insistance ces marchands et les divertissaient avec le vin et la musique ; ces êtres démoniaques fascinaient les hommes et

les retenaient tous pour s’accoupler avec eux; au bout d’un an, les râksasis débauchées se trouvant lassées d’eux, elles leur perçaient la gorge avec un trident en fer, buvaient leur sang, mangeaient leur chair et suçaient leur moelle. |

Le roi-cheval, voyant de loin ces râksasis débauchées dévorer des hommes, en pleura; c’est pourquoi, il tra- : versa la mer en volant; parvenu sur l’autre rive de la |

mer, il y trouva du riz non glutineux préparé et pilé ; quand le roi-cheval eut fini de manger et de boire; il monta sur la montagne et cria : « Qui désire traverser (la mer) ? » Il poussa ce cri par trois fois. Les marchands l’ouirent et, tout joyeux, ils se dirent: « Nous avons toujours entendu raconter qu’un cheval divin sauve par compassion ceux qui sont en péril ; serait-ce lui qui arrive ? » Ils se rendirent avec joie auprès de lui et lui demandèrent de les sauver par compassion. Le cheval leur dit: « Quand vous partirez, les râksasis débauchées ne manqueront pas de prendre avec elles les fils (qu'elles ont eus de vous) pour vous les montrer et elles vous poursuivront en criant d’une manière lamentable ; s’il y en a parmi vous qui sont retenus par leurs sentiments affectueux, après mon départ les râksasis ne manqueront pas de leur percer à eux aussi la gorge avec des tridents de fer; elles boiront votre sang et dévoreront votre chair. Mais ceux dont le cœur droit conservera des sentiments excellents pourront être sauvés. Que ceux qui veulent s’en retourner montent sur mon dos, ou saisissent ma crinière ou ma queue, ou s’attachent à mon cou ; que les autres se cramponnent à ceux qui auront prise sur moi ; certainement vous pourrez vivants revoir vos parents. »

Ceux des marchands qui crurent à ses avis et qui les

suivirent purent tous sauver leur vie et revenir voir leurs parents aux six degrés ; quant à ceux qui furent fascinés par la débauche et qui ajoutèrent foi aux sortilèges des râksasis, ils furent tous dévorés. Ainsi, celui qui croit à la vérité et rejette la fausseté jouit dans la vie présente d'une perpétuelle tranquillité. |

Le Buddha dit aux bhiksus: « Celui qui en ce temps était le roi-cheval, c'est moi-même. » ;

Tele est la manière dont la pâramità de volonté ardente du Bodhisattva est énergique.

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Autrefois le Boddhisattva était un roi-poisson ; il avait à sa gauche et à sa droite deux ministres qui tenaient une conduite élevée; ils observaient constamment les enseignements du Buddha et ne les transgressaient ni en mangeant niense reposant ; ils se nourrissaient d’eau et de légumes crus ; s'1l s'agissait de sauver la vie des êtres, ils soignaient avec bienveillance la multitude des plus petits comme s'ils eussent protégé leur propre corps. En suivant les marées, ils s’ébattaient et ils instruisaient les autres des défenses bouddhiques, lorsque, sans qu'ils s’en aperçussent, un pêcheur les enserra avec son filet ; tous les nombreux poissons, grands et petits, furent saisis de crainte. Le roipoisson eut compassion d'eux et leur dit: « Ne craignez point ; pensez de tout votre cœur au Buddha en souhaitant que tous les êtres jouissent du calme ; à ce grand vœu de bienveillance universelle la prospérité envoyée par le ciel répondra comme l'écho répond au son. Venez promp-

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tement les uns à la suite des autres, je vous sauverai. » Le roi-poisson se renversa et enfonça sa tête dans la boue ; puis mettant sa queue comme un étai, il souleva le filet (1) ; tous les poissons sortirent en hâte et obtinrent ainsi la vie sauve; tous s’attachèrent avec affection au roi-poisson. |

Le Buddha dit aux bhiksus : « Celui qui en ce temps était le roi-poisson, c'est moi-même ; les deux ministres à sa gauche et à sa droite étaient Câriputra et Mahäfnaudgalyäyana. » |

Telle est la manière dont la pâramitâ de volonté ardente du Bodhisattva est énergique.

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