‹ Cinq cents contes et apologues (volume 4)Chapitre 59 sur 93 · CARD NAS DIS · texte numérisé non relu

CARD NAS DIS

Autrefois le Bodhisattva était un roi-tortue qui, jour et nuit, progressait dans la perfection. Il songea à un excellent procédé pour faire que les âmes de tous les êtres vivants obtinssent de parvenir à l'impersonnalité primitive. IL y avait encore un autre roi-tortue qui demeurait avec lui au plus profond des montagnes. Tous deux ensemble ils aperçurent un lézard qui montait sur un arbre, puis se jetait en bas et qui répétait ce manège sans relâche. Le Bodhisattva en tira un augure et dit: « C’est là un signe que nous sommes en danger. Le mieux est que nous allions au plus tôt nous mettre à l'abri. » L'autre roitortue s’obstina stupidement dans sa propre opinion et ne

(1) Dans le Mitacinti-jâtaka (Fausbôll, no 114), le Bodhisattva, qui est un poisson,sauve deux autres poissons pris dans un filet en se Hvrant à une manœuvre qui fait croire au pêcheur que les poissons capturés ont pu rompre le filet.

suivit pas cet avis véridique. Quant au Bodhisattva, il employa toute son énergie à sauver ceux qui voulurent le suivre et à faire qu'ils pussent éviter le péril. Dix jours plus tard, un roi-éléphant et toute sa bande vinrent auprès de cet arbre pour se reposer ; le lézard, en se jetant à terre, tomba dans l'oreille de l'éléphant qui poussa aussitôt un barrissement d’effroi; toute la troupe des éléphants s'enfuit précipitamment ; allant de ci et de là, elle tua en les foulant aux pieds toutes les tortues. Le roi-tortue dit avec irritation (au Bodhisattva) : « Vous saviez ce qui allait se passer et vous ne me l’avez pas indiqué; je meurs et vous vivez; est-ce là la marque d’un bon cœur ? Pendant des kalpas multipliés je vous poursuivrai et, toutes les fois que je vous rencontrerai, je chercherai à vous faire périr. »

Le Buddha dit aux bhiksus : « La tortue qui sut bien ürer son augure, c'était moi-même ; celle qui s’obstina et ne s’en alla pas, c'était Devadatta. »

Telle est la manière dont la pâramità de volonté ardente

du Bodhisattva est énergique.

CPAS Oo pi 207800)

Autrefois le Bodhisattva était un roi-perroquet ; il avait trois mille compagnons ; deux de ces perroquets qui surpassaient en force tous les autres, tenaient dans leur bec un barreau de bambou qui formait un véhicule sur lequel se posait le roi; qu'on volât ou qu'on s’arrêtât ou qu’on allât de ci et de là pour se divertir, le roi montait tou-

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