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lève sans régularité, il prend une maladie telle que celle-ci et tantôt il guérit, tantôt il meurt. » Le prince demanda : « Moi aussi je bois et je mange sans mesure; je me couche et je me lève sans régularité; dois-je devenir aussi malade ? » On lui répondit : « Toute personne ayant un corps devient malade; on ne saurait échapper à cette infortune. » Le prince dit : « Puisque je n’échapperai pas à cette infortune, voici donc dans quel état je serai plus tard, » Revenu dans son palais, il songea à ce qu’il avait vu, par la concentration de sa pensée, et il entra en contemplation. "
Plus tard, le prince étant sorti de nouveau, le souverain Cakra se transforma derechef en un homme mort; des gens l’emportaient sur leurs épaules; d’autres tenaient dressées des oriflammes ; leslamentations remplissaient la route. Le prince demanda : « Qu'est-ce encore que cet homme? » On lui dit que c'était un homme mort, et, comme il demanda ce que c'était que la mort, on lui répondit : « Quand la vie est terminée, l’âme s’en va; le corps se désagrège; (l’homme) se sépare pour toujours de ceux qui lui sont chers et les affligés ont peine à rester là. » Le prince héritier dit : « En sera-t-il de même pour moi ? » On lui répondit : « Même les saints supérieurs d'une vertu absolue n’évitent pas cette infortune. » Le prince fit faire volte-face à son char et revint au palais ; par la concentration de sa pensée, il entra en contemplation.
Plus tard, il sortit encore une fois pour se promener et se rendit auprès d’une ferme dans les champs du roi: il s’assit sous un arbre et regarda les laboureurs ; à mcsure qu'ils retournaient la terre, des vers apparaissaient, les uns blessés, les autres morts, et des oiseaux les recherchaient pour les dévorer; son cœur s’en affligea, et, pous sant un profond soupir, il dit : « Hélas! la multitude des êtres vivantsest incessamment tourmentée ; ses souffrances
sont difficiles à endurer; en songeant à cela je me sens attristé ». Concentrant alors sa pensée, il entra en contemplation. En cemomentle soleil sortit dans touteson ardeuret brilla sur le corps du prince; mais l'arbre, à cause de cela, abaissa ses branches pour empêcher que le soleil ne le brülât (1). Le roi, qui était à sa recherche, aperçut de loin ce miracle attestant une vertu sainte sans supérieure; partagé entre l’affliction et la joie, il se précipita à terre, | sans même s'en apercevoir et adora le prince en se pros- 1 ternant le front contre le sol; le prince, à son tour, se prosterna le front contre le sol. Quand le père et le fils 54 eurent pris congé l’un de l’autre, le roi revint dans son | palais; quant au prince héritier, il concentra sa pensée pour entrer en contemplation.
Telle est la manière dont le Bodhisattva concentra son cœur par la pâramità de contemplation.