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(rip; NL:5,.p, 83-r°:)
En poursuivant sa route, le Buddha rencontra un petit sentier au bord duquel était un arbre ; le Buddha s’assit au-dessous avec les douze cent cinquante bhiksus. Concentrant son cœur, il entra en contemplation ; sur ces entrefaites, cinq cents chars vinrent à passer; or le Buddha, qui avait fort soif, dit à Ânanda : « Allez me chercher de l’eau, car je désire en boire. » Ananda répondit: « Justement, cinq cents chars sont en train de passer ; l’eau est fort trouble, et on ne peut la boire. » Le Buddha réitéra son ordre en disant : «Je suis encore plus altéré ; allez promptement me chercher de l’eau. » Il répéta cela deux ou trois fois. Ânanda lui dit alors : « Il y a un ruisseau nommé K’ieou-touet (Kakutthä) ; l’eau en est pure, limpide et bonne ; on peut s’y laver; on peut la boire. » Avant que le Buddha eût fini sa conversation avec Ânanda, intervint un homme appelé Pao-ki (Pukkusa), qui avait servi comme son maître un âjivaka nommé Lo-kia-lan (Ârata kâläma) (4) ; ce Pao-ki remarqua l'éclat surnaturel du Buddha, son corps qui avait la couleur de l’or rouge, ses marques primaires
(1) Un des deux maîtres du Buddha.
et secondaires qui étaient fort merveilleuses et telles que les anciens sages en eurent rarement de semblables ; son cœur déborda de joie ; joignant les mains, il s’avança directement, se prosterna et dit : « Il y a justement cinq cents chars qui ont passé ; Ô Honoré du monde, ne l’avez-vous ni vu ni entendu ? » Le Buddha répondit: « Je ne l'ai ni entendu ni vu. » Pao-ki (Pukkusa) reprit: « O Honoré du monde, étiez-vous endormi? » Il répondit : « J'étais assis en contemplation et j'avais obtenu la fixité de l’unité de la pensée. » Pao-ki (Pukkusa) le loua en disant: « Peut-elle produire de tels effets, la méditation profonde sur la sagesse sans attachements, correcte et vraie du Tathâgata ? Ces chars ont tout récemment ébranlé le royaume et votre corps en est tout sali de poussière ; cependant, votre sagesse résolue ne s’est pas laissé distraire et vous n'avez rien entendu et rien vu. Le ciel et la terre peuvent être ébranlés, mais une telle résolution est difficile à renverser. Lorsque mon maître était encore en vie, lui aussi avait réussi à entrer en contemplation sous un arbre au bord de la route; en ce temps aussi il y eut cinq cents chars qui passèrent devant lui; quelqu'un lui ayant demandé s’il les avait entendus ou vus, ildit qu'il ne les avait ni entendus ni vus; cette même personne lui demanda : « Étiez-vous donc absent d’esprit, parce que endormi ? » Il répondit : « Concentrant toutes les forces de mon cœur, j'avais obtenu la fixité pure et calme ; c’est pourquoi je nai rien entendu. » Cet homme lui dit encore : « Est-il possible que telle soit la profondeur à laquelle atteint l’application d’un Arhat à la sagesse ? des chars passent devant lui; son corps en est tout souillé de poussière et il nes’en aperçoit pas ! » Cethomme donc, voyant la profondeur mystérieuse de la volonté (de ce sage), le servit comme un maître jusqu'à la fin de sa vie. » Paoki (Pukkusa) dit encore : « Votre résolution silencieuse et fixe, qui ne se laisse point distraire, est toute semblable
à celle de mon ancien maître ; à partir de maintenant et jusqu’à la fin de mes jours, j’observerai les cinq défenses du Buddha et je me conduirai en homme pur et croyant ; comment oserais-je dorénavant m’engager dans lesdiverses actions mauvaises ? » Le Buddha demanda à Pao-ki (Pukkusa) : « Le bruit que font cinq cents chars est-il aussi fort que celui d’un coup de tonnerre ? » Il répondit: « Même le bruit de mille chars ne serait pas comparable à un petit coup de tonnerre dans un orage ; à combien plus forte raison n'équivaudrait-il pas à un éclat de foudre violent. »
L'Honoré du monde dit: « Autrefois, je me trouvais assis sous une hutte d'herbes dans la ville de A-Fan et je méditais sur l’origine de la naissance et de la mort; il y eut un ouragan de pluie, de grêle, de tonnerre et d’éclairs, qui tua quatre bœufs et deux jeunes laboureurs ; les habitants de cette ville qui en furent témoins furent très nombreux ; pour moi, j'étais alors occupé à produire un texte saint; il y eut un homme qui vint auprès de moi et je lui demandai : « Que vont donc regarder tous ces gens ? » Cet homme me raconta ce qui s’était passé et ajouta : « O Buddha, où étiez-vous en ce temps ?» Comme je lui répondais que j'étais resté seul dans cette demeure, il me demanda si j étais alors endormi ; sur ma réponse négative, il s’écria : « Comment peut-il se faire que, étant éveillé, vous n'ayez pas entendu (l'orage) ? Votre application à la sagesse a dû être d’une extrême profondeur. Dorénavant, je désire vous servir comme mon maître, Ô Honoré du monde, recevoir les cinq défenses parfaites, devenir un homme pur et croyant, et, jusqu'à la fin de ma vie, rester fidèle à la vérité. »
En entendant ces paroles, Pao-ki (Pukkusa) sentit son cœur s'ouvrir et ses liens se dénouer ; il éprouva une joie sans limites ; se retournant alors vers un de ses suivants, il lui donna cet ordre: « Dans mon trésor, il y a mille vêtements faits en tissu d’or; prenez le plus beau et
apportez-le moi pour que je l'offre au Buddha ». Le suivant se conforma à ces instructions, retourna à la maison et rapporta le vêtement; Pao-ki (Pukkusa), de ses propres mains, en revêtit Le corps de Buddha ; puis il recula, se prosterna et dit: « Maintenant, d Honoré du monde, je souhaite que vous abaissiez votre lumineuse divinité jusqu’à venir dans mon pays qui est un lieu où se trouvent des gens purs et. croyants ; en même temps, vous daignerez descendre dans ma demeure où tous les membres de ma famille, grands et petits, feront personnellement des offrandes au Buddha. Même quand on vivrait aussi longtemps que le ciel et la terre, et qu'on ferait,avec un cœur absolument respectueux, des offrandes aux êtres tels que devas, nâgas, démons, génies, êtres qui rampent, qui volent, qui avancent comme des insectes, qui marchent, qui grouillent ou qui remuent, le mérite qu'on aurait ainsi acquis ne vaudrait pas celui qu’on s'assure en donnant à manger pendant un seul jour à un seul cramana; combien plus grand encore sera le mérite si l’offrande s'adresse au Buddha correct, vrai, sans supérieur. Je souhaite que vous incliniez votre vaste bienveillance en me donnant un bonheur illimité. » Le Buddha lui dit : « C’est fort bien. »
Telle est la manière dont le Buddha concentre son cœur par la pâramità de contemplation.
(ERIDANE "SD 83 T8 V0)
Le Bienheureux (Bhagavat) raconta ceci sur lui-même : «Autempsoù j'étais Bodhisattva, mon nométait « Toujoursaffligé» (Tch'ang-pei). Le Bodhisattva « Toujours-affligé »
constamment versait des larmes en marchant; à cette époque il y avait pas de Buddha; les règles des livres saints étaient entièrement abolies; on ne voyait plus la communauté des sages et saints çramanas. Le Bodhisattva songeait incessamment à voir le Buddha et à entendre les merveilleuses injonctions des livres saints. Les gens de ce temps étaient souillés ; ils tournaient le dos à ce qui est correct et se portaient vers les hérésies ; trompeurs et avides de gains, ils étaient comme le papillon que la flamme séduit; les quatre sortes (de bienfaisance) et les six pâramitâs sont une demeure de paix perpétuelle ; mais ces gens avaient laissé perdre cette doctrine du Buddha; ils allaient vers les maux périlleux des autres doctrines et ainsi causaient leur propre ruine. Voilà pourquoi le Bodhisattva était tourmenté et s’affligeait tout en marchant.
Dans des temps plus reculés il y avait eu un Buddha dont le nom était «le souverain Tathâgata de la loi lumineuse et sans souillure »; son nirvâna était déjà ancien ; les enseignements de ses livres saints avaient entièrement disparu.Le Bodhisattva «Toujours-affligé » viten songe le Buddha qui lui expliquait la loi et qui lui disait : « Gardez-vous de tenir la conduite des hommes orgueilleux et savants; éloignez la souillure des affections du cœur; ne mettez pas sur vous les impuretés et les peines des six sens; ne laissez pas les diverses passions, ne fussent-elles pas plus grandes qu’un poil ou un cheveu, se cacher dans votre cœur; quand toutes vos pensées seront calmées et éteintes, vous aurez atteint à l’état de non-composition (asamskrita). »
Quand le Bodhisattva entenditle Buddhalui exposer cette loi, il fut comme un affamé à qui on donne une bonne nourriture et sa joie fut sans limites; les souillures de son cœur disparurent; il entra dans la contemplation calme; puis il abandonna sa famille, quitta sa femme et ses enfants et pénétra au plus profond de la montagne
pour y demeurer dans la retraite; il se nourrissait de l’eau et des fruits de la montagne. Tandis qu'il était dans cette montagne, il leva la main pour se frapper le cœur et dit en poussant des cris de tristesse : « Je n’ai pas eu de chance en naissant : je ne me suis pas trouvé à l’époque où il y a un Buddha dans le monde; je n'ai pas entendu les livres saints du Buddha. O Honorés du monde, parfaitement vrais, qui êtes présents dans les dix régions, vous dont le regard est profond et dont l’ouïe est pénétrante, vous qui savez toutes choses, vous qui projetez une lueur éblouissante dont l'éclat atteint tous les êtres, je désire que vous manifestiez votre merveilleuse puissance surnaturelle en faisant en sorte que je voie le Buddha et que je puisse l’entendre développer ce qu'ilya de plus intéressant dans la grande loi. » À peine sa voix plaintive avait-elle cessé (de se faire entendre), qu'une divinité du ciel descendit et lui dit : « O homme sage à ce point, ne vous lamentez plus. Les Buddhas ont une grande loi dont le nom est : la science des sages pâramitàäs. Tous les Buddhas du passé, ceux du présent et de l'avenir se sont formés grâce à elle. Ayez soin de la rechercher, de vous exercer à en réciter le texte, d’en garder et d’en connaître le senset ae la mettre en pratique; alors vous obtiendrez certainement les quatre motifs de ne plus craindre (vaicàradyas), les dix sortes de forces (dacabala), les dix-huit dharmas non-communs (âävenika dharma); votre corps sera couleur d’or; votre nuque aura un éclat illimité; dans la doctrine des livres saints des dix régions, vous serez un maitre sage ; vous serez respecté entre tous les saints assemblés ; vous serez un maître des devas et des hommes ; les Arhats et les Buddhas célèbres n'auront point eu de telles qualités. »
Le Bodhisattva «Toujours-affligé » leva les yeux et répondit: « De qui entendrai-je cette loi vénérable? par quel moyen ? et en allant dans quel pays ? Ce maïître, comment
se nomme-t-il ? » Le personnage céleste lui répondit : « Partez d'ici et dirigez-vous droit vers l'Est. Ne songez ni aux formes, ni aux souffrances, ni aux caractéristiques, ni aux actes, niaux connaissances; ne songez ni à la douleur ni à la joie, ni au bien ni au mal, ni aux oreilles, aux yeux, au nez, à la bouche, au corps, à la pensée, ni au moi, ni à autrui, ni à l’évolution du passé, ni aux choses à venir; ne songez ni à la terre, ni à l’eau, ni au feu, niau vent,niau vide, ni au bleu et au jaune, au noir et au blanc, et, d'une manière générale, à toutes les couleurs, n1 à l’avidité, ni à la luxure, ni à la colère, ni à la stupidité, ni à l'envie, ni aux hommes, ni aux femmes, ni aux parents aux neuf degrés, ni à la gauche, ni à la droite, ni au devant ni au derrière, ni au haut, ni au bas, ni au lent, ni au prompt; ne songez ni qu'il y a un Buddha, ni qu'iln'y a pas de Buddha, ni qu’il y a une doctrine des livres sacrés, ni qu’il n’y a pas de doctrine des livres sacrés, ni qu’il y a des saints, ni qu’il n’y a pas de saints; videz votre esprit; supprimez en vous tout désir; que votre cœur ferme ne s’écarte pas de mes instructions et présentement vous verrez la sainte loi des sages pâramitâs. »
Le Bodhisattva « Toujours-affligé » leva la tête et dit : « Avec respect; j y consens, et, du commencement jusqu'à la fin, je m'abstiendrai de tout cela. » Le personnage céleste lui répéta encore d'observer avec énergie ces prescriptions, puis, quand il eut fini de parler, il disparut soudain.
Le Bodhisattva, ayant recu ces instructions, rectifia son cœur et calma sa pensée, puis il se dirigea vers l'Est à la recherche (du Buddha). Au bout de quelques jours, ils’arrêta, et, méditant profondément, ilse dit : « Mes existences antérieures m'ont valu peu de bonheur; dans ma vie je n'ai pas rencontré le Buddha et il n’y a pas de çramanas dans le monde; princes et sujets ont l’esprit troublé et aucun d’eux ne connaît le Buddha. Ce maître vénérable
qui comprend les pâramitàs et qui dissipe l'obscurité, à quelle distance est-il d'ici? » Comme il ne l'avait point encore vu, son cœur en conçut une violente affliction et il marchait en se lamentant; la perfection de sa sincérité émut tous les Buddhas; d'en haut un Buddha vint en volant et se présenta devant lui; son corps avait la couleur de l’or rouge; les marques distinctives primaires et secondaires signalaient son extraordinaire sainteté; son visage était comme la pleine lune ; sur sa nuque il avait un éclat pareil à celui du soleil; les devas en foule l’escortaient avec des tentes précieuses et des dais ornés, en faisant de la musique et en répandant des fleurs, en joignant les mains et en se prosternant. Le Buddha loua le Bodhisattva en disant : « C’est très bien ! c’est très bien ! Votre persévérance active est une chose qu’on voit rarement dans le monde. »
En voyant le Buddha, le Bodhisattva, partagé entre la joie et l’affliction, se prosterna et dit : « Je désire, à Buddha, que vous ayez pitié de moi; coupez mes liens, déliez mes entraves, dissipez ma cécité, guérissez ma maladie, expliquez-moi les livres saints. » Le Buddha lui dit : « Dans les trois mondes tout est vide; l’être est entièrement non existant; toutes choses sont illusoires; dès qu’elles naissent, elles disparaissent comme des bulles d’eau. Considérez que, dans le monde, tout est ainsi et songez à cela. Je vous ai exposé les livres saints; écoutez-les sincèrement avec un cœur correct et gardez-vous de les oublier. A vingt mille /: de marche vers l’Est à partir d'ici, il y a un royaume nommé Âien-Po-yue (Gandhäâra); c’est la ville où sont réunis des Bodhisattvas; dans tout l’intérieur de ce royaume il n’y a que des hommes supérieurs et il n’y a pas d'hommes ordinaires; je désire vous exposer la vertu de tous ces Bodhisattvas dont la vertu est surabondante même après que le nombre des kalpas est terminé. Celui de ces Bodhisattvas qui est le plus vénérable et qui a la plus
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