‹ Cinq cents contes et apologues (volume 4)Chapitre 71 sur 93 · CT ET · texte numérisé non relu

CT ET

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RAD LEE EN 7 n)

présence du roi, disant: «O grand roi, l'éléphant est réellement tel que je le décris. » Le roi Face de miroir (Âdarcamukha) rit alors aux éclats et dit : » Comme ces aveugles, comme ces aveugles vous êtes, vous tous qui n'avez pas vu les livres bouddhiques. » Puis il prononça cette gâthà :

Maintenant, vous qui êles une troupe d'aveugles, — vous disputlez vainement el vous prétendez dire vrai; — ayant aperçu un point, vous dites que le reste est faux, — el à propos d'un éléphant vous vous querellez.

Il ajouta encore: « Ceux qui s'appliquent à l'étude des litres mesquins et qui n'ont pas vu que les livres bouddhiques sont d’une vérité et d’une rectitude si vastes que rien ne leur est extérieur, si hautes que rien ne les recouvre, ceux-là sont comme les gens privés d’yeux. » Alors tous, qu'ils fussent de condition haute ou de condition basse, récitèrent ensemble les livres bouddhiques.

Le Buddha dit aux bhiksus: « Le roi Face de miroir c'était moi-même; quant aux gens privés de la vue, c’étaient ces brahmanes de la salle de conférences; en ce temps, ces gens étaient sans sagesse et, à cause de leur cécité, ils en

arrivèrent à se disputer ; maintenant, quand ils disputent,

ils sont aussi dans l’obscurité et, à cause de leurs disputes, ils ne font aucun progrès (1).

(1) Nous omettons ici une série de gâthâs qui constituent la partie essentielle du Y? {sou king mais qui n'ont plus de rapport avec le présent conte.

(Trip. VI, 5, p. 89 v°-90 re.)

Sûtra du roi Tch'a-wei.

Autrefois le Bodhisattva était le roi d’un grand royaume et se nommait 7'ch'a-wei (examiner-minutie). Sa volonté était pure et sa conduite intègre; il se confiait aux trois Vénérables ; ses dispositions naturelles se plaisaient aux livres bouddhiques ; son cœur calme conservait la justice, il avait observé profondément l’origine de l’homme qui naît de l’impersonnalité primitive : la partie solide du fluide originel a formé la terre ; la partie molle a formé l’eau; la partie chaude a formé le feu; la partie mobile a formé le vent ; quand ces quatre éléments se combinent, ‘âme intelligente naît. (Le Bodhisattva) avec sa haute perspicacité put comprendre cela; alors il réprima ses désirs, vida son cœur et fit parvenir son âme à l’impersonnalité primitive ; il fit en conséquence ce vœu : « L'intelligence est associée à ce qui est dénué de conscience ; l'âme repose sur les quatre éléments ; quand on agit avec une bonté supérieure, on devient deva ; quand on agit avec une bonté inférieure, on devient homme ; ceux qui agissent d’une manière confuse, au milieu des impuretés, forment les animaux qui rampent, ceux qui volent, ceux qui se meuvent comme des insectes, ceux qui marchent, ceux qui grouillent et ceux quise tortilient. La manière dont on a agi détermine le corps qu'on recoit: ces corps eux-mêmes peuvent être de dix mille sortes. L’intelligence, ainsi que l'âme primitive, sont subtiles et difficiles à apercevoir ; leur forme matérielle n’a pas même l'épais-

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