CHAPITRE PREMIER
(ÉRIDS XXE TE p.418 7-7)
Autrefois, il y a de cela des générations innombrables, il y avait un marchand auquel on donnait le titre de sa-po (sârthavâha); un jour, il se rendit dans un royaume étranger pour y vendre les marchandises qu'il avait apportées ; l'endroit où il séjourna se trouvait voisin de la famille d’un disciple du Buddha; la famille de ce disciple du Buddha accomplissait alors des actes producteurs de beaucoup de bonheur, en assurant le calme et en faisant des dons à un abbé éminent; les religieux assemblés expliquaient la Loi, discouraient sur les peines et les récompenses, sur le bien et le mal qui sont faits par le cœur, le corps et la bouche, ainsi que sur les quatre vérités, sur l’impermanence et sur les lois de la souffrance et du vide; le marchand, qui arrivait de loin, vint un jour les écouter momentanément; son cœur s'ouvrit; il devint croyant, se réjouit et accepta alors les cinq défenses; il se déclara upâsaka. Le sthâvira
(1) Cet ouvrage est le n° 1359 du Catalogue de Nanjio. Dans le Tripilaka de Tôokyô, il occupe les pages IS r°-28 r° du fascicule 7 du volume XTX.
l’'encouragea et le réjouitau moyen de la Loi en lui disant : « O homme de bien, celui qui conserve, dans leur intégrité, les dix actes excellents du corps, de la bouche et du cœur, a pour chaque défense cinq dieux, soit, pour les cinq défenses, vingt-cinq dieux, qui, pendant la vie présente, le protègent et empêchent qu’il soit traité injustement, et qui, dans les vies à venir, lui assureront la grande sagesse non-composée. » En entendant la Loi, le marchand concut une nouvelle joie illimitée.
Plus tard, il revint dans son pays; or, ce pays ne connaissait aucunement la Loi bouddhique ; il voulut donc y répandre les enseignements; mais, craignant qu'on ne les acceptât pas, il commenca par instruire dans la religion qu'il avait lui-même reçue, son père etsa mère, ses frères, sa femme, et tous ses parents en ligne masculine et en ligne féminine; tous alors se soumirent à la Loi.
A mille /: du pays de ce marchand, se trouvait un royaume où la population était fort heureuse et prospère, et où les denrées de prix étaient abondantes et de bonne qualité; cependant, depuis plus de cent années, toute relation était malheureusement interceptée entre ces deux royaumes qui n'avaient plus aucune communication entre eux; la raison en était qu'un Yaksa demeurait sur la route et dévorait aussitôt les hommes qu'il pouvait saisir; le cas s'était déjà présenté à mainte reprise; voilà pourquoi on avait renoncé à toutes les allées et venues.
Ce marchand songea à part lui : « J’observe les défenses du Buddha; or, d'après ce que disent les livres saints, il y a vingt-cinq dieux par qui, sans qu'on en puisse douter, je Serai aidé; j'ai entendu dire, d'autre part, que ce démon était tout seul; si donc je vais le soumettre, certainement je m’emparerai de lui. » En ce temps, il y avait plus de cinq cents autres marchands comme lui auxquels il dit : « Je possède une force extraordinaire qui me permet de soumettre les démons. Si vous pouviez vous rendre dans
cet autre royaume n’y trouveriez-vous pas un grand profit?» Tous ces gens assemblés délibérèrent entre eux, disant : « C’est depuis fort longtemps que ces deux royaumes ne communiquent plus entre eux; si nous pouvions aller là-bas, les gains que nous ferions seraient incalculables. » Ils consentirent donc à aller; ils se mirent en route et partirent.
Quant ils furent arrivés à mi-chemin, ils virent l'endroit où le démon mangeait; des ossements et des cheveux - humains jonchaient toute la surface du sol. Le särthaväha (sa-po) songea à part lui : « Voici la preuve évidente que ce démon a pu manger des hommes à mainte reprise; si je meurs, c'est mon devoir qui l'exige; mais je crains pour toute la caravane » ; il s'adressa alors à la bande en disant : « Vous autres, arrêtez-vous ici; je désire avancer
Le Dao th 2. À