NATIONS
(Éripe REC #60 20710)
Le Buddha et la foule des bhiksus s’étant rendus à une invitation, il y eut un cramana et un crâmanera qui vinrent après les autres; sur la route, ils rencontrèrent une femme débauchée qui entraîna avec elle le çramana; le çcramana se livra à ses désirs avec elle; quand ses désirs furent assouvis, il arriva à la maison où avait lieu le repas. Le Buddha apostropha le çrâmanera en disant : « Allez au pied de la montagne Sumeru et prenez-y de l’ambroisie que vous m'apporterez. » Le crâmanera, qui avait obtenu la sagesse, lança alors son bol en avant et, les mains jointes, le suivit; au bout d’un moment, il revint rapportant de l’eau. Son maître fut accablé de honte et de crainte. Il regretta son péché et se fit des reproches; il obtint alors de devenir arhat. Cette femmé, dans une naissance antérieure, lui avait été appariée; quand :il la rencontra, il
s'unit à elle et, ce n’est qu'après avoir consommé cette faute qu’il obtint la Voie.
(Trip., XIX, 7, p. 20 r°-v°.)
Autrefois, le roi Açoka donnait chaque jour à manger à mille arhats; survint après tous les autres un jeune çramana qui entra dans le palais avec les mille religieux; quand ce jeune çramana fut assis, il examina en haut et en bas la salle du palais; puis il regarda l’épouse principale (du roi) avec persistance ; le roi en conçut de lirritation; quand le repas fut fini et que chacun s’en alla, le roi retint trois des chefs religieux (sthâvirä) et leur demanda : « D’où vient ce jeune homme ? comment s’appelle-t-il de son nom de famille et de son nom personnel ? quels sont les maîtres qu’il sert ? si cet homme n’est point un çramana, pourquoi l’a-t-on fait entrer dans le palais ? il a considéré mon épouse principale sans détourner d'elle ses yeux et avec persistance. »
(Les chefs de religieux) répondirent : « Ce çramana vient du T’ien-tchou (Inde); ses maîtres se nomment telet tel; son nom de famille est tel; son nom personnel est tel; il est doué d'intelligence et comprend les livres saints: il est venu tout exprès pour examiner comment était constituée la salle de votre palais; puis, en haut, il a examiné les (palais des) devas Trayastrimças et les a trouvés exactement semblables ; il a songé que, dans une existence antérieure, votre Majesté avais mis une poignée de sable dans le bol du Buddha, et que telle était la magnificence (qui en était résultée), et (il en a conclu) que puisque, de nouveau maintenant, vous aviez chaque jour donné à man-
ger à mille arhats, votre bonheur serait illimité. S'il a regardé l'épouse principale, c'est que cette femme, qui surpasse par sa beauté incomparable seize mille autres femmes, doit dans sept jours terminer sa vie et entrer dans les enfers; telle est limpermanence des choses de ce monde: voilà pourquoi il regardait fixement (l'épouse principale). »
Le roi, saisi de crainte, appela son épouse et remit son sort aux trois religieux; ceux-ci lui dirent : « O roi, quoique vous ayez nourri chaque jour mille hommes tels que nous, ces mille hommes seraient incapables d'ouvrir les pensées de votre épouse; il vous faut donc obtenir que le jeune çramana lui explique les livres saints et alors elle pourra promptement voir les vérités saintes et la sagesse. » Le roi fit chercher le religieux, et, celui-ci étant revenu, le roi et son épouse se prosternèrent tous deux le visage contre terre etsouhaitèrent de lui remettre leur destinée afin qu'il allégeât la gravité de leurs fautes; ce religieux alors expliqua à l'épouse ce qui pouvait être apercu de ses vies antérieures et lui rendit manifestes les points essentiels de la Loi; aussitôt elle se réjouit et tous les poils dont son corps était couvert se hérissèrent ; elle obtint le degré de srotäpanna.
Cinq cents générations auparavant, cette épouse avait été la sœur aînée d'un religieux et ils avaient fait ensemble le serment que celui d’entre eux qui obtiendrait le premier la sagesse sauverait l’autre.
Le maître dit: «S'il n'y avait pas pour les hommes les naissances antérieures, ils ne trouveraient jamais d’où tirer des explications, et si d’ailleurs ils ne voyaient pas (la personne qui est capable de les convertir) et ne causaient pas avec elle, en définitive, ils ne seraient pas persuadés ; il faut que chacun ait le maître qui lui est destiné !. »
(1) Cette fin assez obscure me parait signifier ceci : Les vies antérieures
sont un principe qui permet d'expliquer certains faits en apparence bizarres, comme par exemple lattitude du çramana à l'égard de la reine ; d'autre
3i2 CONTES BOUDDHIQUES (N° 406)
(Trip., XIX, 5, p.20 y.)
Autrefois il y avait un maître de maison dont le nom était Yi-li-cha; sa richesse était ircalculable ; mais il était avare et avide et ne voulait ni bons vêtements ni bonne nourriture ;en ce temps, il y avait un vieillard pauvre qui demeurait dans son voisinage ; chaque jour il buvait et mangeait ; il avait à satiété du poisson et de la viande, et des hôtes venaient chez lui constamment. Le maître de maison pensa à part lui: « Mes richesses sont illimitées et cependant je n’en fais pas autant que ce vieillard. » Alors il tua un poulet, fit cuire un dixième de boisseau de riz blanc, plaça le tout dans son char et se rendit dans un endroit inhabité. Il descendit de son char, mais, au moment oùil voulait manger, Gakra, roi des devas, se présenta à lui sous la forme d’un chien qui Le considéra depuis le haut jusqu’au bas et lui demanda (à manger); (l’homme) dit au chien : « Si vous ne pouvez pas vous tenir suspendu dans les airs la tête en bas, devrai-je vous donner {à manger) ? » Le chien aussitôt se tint suspendu dans les airs la tête en bas; le maitre de maison eut alors fort peur dans son esprit, (car il ne comprenait pas) comment cela pouvait se produire ; il dit: « Si vos yeux (ne peuvent pas) être arrachés et posés à terre, devrai-je vous donner (à manger) ? » Alors les deux yeux du chien furent arrachés et tombèerent à terre. Le maitre de maison s’en alla aussitôt.
part, les vies antérieures sont la raison pour laquelle tel homme aura une influence morale sur telautre homme qui serait resté insensible aux paroles d’une tierce personne
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