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(Cakra), roi des devas, se transforma en la personne même du maître de maison et prit sa voix ; il monta sur son char et s’en revint ; il ordonna que, si quelque étranger se prétendait faussement être le maître de maison, on le chassât promptement en le frappant. Le maître de maison revint dans la soirée ; les portiers l’injurièrent en lui ordonnant de s’en aller. (Cakra), roi des devas, prit toutes ses richesses et en fit de grandes libéralités.
Le maître de maison, de son côté, ne pouvant pas récupérer ses richesses, en devint fou. (Cakra,) roi des devas, se changea en un homme et lui demanda : « Pourquoi êtes-vous affligé ? » Il répondit: « Mes richesses sont entièrement dissipées. » (Gakra,) roi des devas, lui dit : « La possession des objets précieux cause beaucoup de soucis aux hommes ; les cinq personnes (1) surviennent finalement à l’improviste. Celui qui entasse des richesses sans donner à manger et sans faire des libéralités devient après sa mort un démon affamé qui est constamment privé de vêtements et de nourriture ; s'il échappe (à cette condition) pour devenir un homme, il tombe toujours dans la catégorie des gens inférieurs et misérables. Vous n’aviez pas compris l’impermanence ; vous étiez riche, mais avare et avide et vous ne donniez pas à manger; vers quel but se portaient vos désirs ? » (Cakra,) roi des devas, lui expliqua les quatre vérités saintes, la souffrance, le vide, la non-réalité du corps. Le maître de maison sentit s'ouvrir son esprit et fut joyeux; (Gakra,) roi des devas, alors s’en alla. Le maître de maison put rentrer chez lui; il se repentit de ses sentiments passés, se livra de tout son cœur aux libéralités et obtint les premiers principes de la sagesse.
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(Trip., XIX, 7, p. 20 v°-21 r°.)
Autrefois il était un fils de grande famille qui était fort beau ; il fit en or l’image d'une fille et dit à son père et à sa mère: « S'il y a une fille telle que celle-ci, je l’'épouserai. » En ce temps, dans un autre royaume, il y avait une fille qui elle aussi était fort belle ; elle aussi fit en or l’image d’un homme et dit à son père et à sa mère: « S'il y a un homme tel que celui-ci, je l’épouserai. » Les parents chacun de leur côté apprirent ce qui en était, et alors, de loin, ils fiancèrent et unirent ces deux personnes pour qu'elles fussent mari et femme,
En ce temps, le roi du royaume, ayant pris un miroir pour se regarder, dit à ses ministres rassemblés : « Dans le monde y a-t-il un homme dont la figure vaille la mienne? » On lui répondit: « Nous, vos sujets, avons entendu dire que dans tel royaume il y a un homme d’une beauté sans égale. » (Le roi) envoya alors un messager pour le quérir. Quand le messager fut arrivé, il dit (au jeune homme): « Le roi désire vous voir parce que vous êtes un sage. » (Le jeune homme) alors prépara son char et se mit en route; au bout d’un moment, il fit cette réflexion : « C’est à cause de mon intelligence que le roi m'a fait appeler. » Il retourna donc chez lui pour y prendre les enseignements essentiels de ses livres, mais il vit alors sa femme qui se livrait à la débauche avec un étranger. Tout déconcerté et plein d'émotion, il en concut de l'irritation; sa figure s’altéra, il prit une physionomie extraordinaire
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et devint de plus en plus laid (1); le ministre (du roi), le voyant devenir un tel homme, pensa que les cahots du voyage avaient amaigri son visage et lui réserva alors une place dans l'écurie pour l'y installer commodément. Au milieu de la nuit, (le jeunehomme) vit, dans l’écurie, épouse principale du roi qui était sortie pour s'unir à un palefrenier. Son cœur aussitôt fut éclairé (et il se dit) : « Si l’épouse du roi agit ainsi, à combien plus forte raison ma femme (agira-t-elle de même)! » Ses soucis se dissipèrent et sa figure redevint comme auparavant (2).
Il eut alors une entrevue avec le roi et le roi lui demanda : « Pourquoi êtes-vous resté trois jours hors (du palais) ? » Il répondit: « Quand votre ministre est venu me chercher, j'ai oublié quelque objet ; j'ai rebroussé chemin et suis rentré chez moi afin de le prendre. J'ai vu alors ma femme qui se livrait à la débauche avec un étranger. Je me suis irrité, et, à cause de cela, j'ai eu de l’affliction et de la colère ; aussi ma figure s’est-elle altérée ; je suis resté dans l'écurie pendant trois jours ; hier, dans l'écurie, j'ai vu votre épouse principale, 6 roi, qui venait pour s'unir secrètement à un palefrenier. Si votre femme en use ainsi, à combien plus forte raison les autres femmes ! Mes soucis se sont dissipés et ma figure est rede-
(1) Cf. Joconde, premier des contes de La Fontaine :
Le souvenir fâcheux d’un si perfide tour Altérait fort la beauté de Joconde ;
Ce n'était plus ce miracle d'amour
Qui devait charmer tout le monde.
(2) Cf. Joconde :
= DUIS eh tira
Consolation non petite :
Car voici comme il raisonna :
Je ne suis pas le seul ; et puisque même on quitte Un prince si charmant pour un nain contrefait,
Il ne faut pas que je nr'irrite
D'être quitté pour un valet.
Ce penser le console : il reprend tous ses charmes, Il devient plus beau que jamais.
venue comme auparavant. » Le roi répondit : « Si ma femme elle-même est telle, à combien plus forte raison les autres femmes ordinaires ! » Ces deux hommes entrèrent alors dans la montagne ; ils se coupèrent la barbe et les cheveux et se firent çramanas. Songeant qu’il n’est pas possible en compagnie des femmes de s’adonner aux occupations (saintes), ils firent des progrès dans l'excellence sans jamais se ralentir, et obtinrent tous deux la voie de Pratyeka Buddha.
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Autrefois, il y eut une femme qui enfanta une fille d’une beauté sans égale. Quand (cette fille) eut trois ans, le roi du royaume la prit pour la regarder et appela un religieux pour déterminer, d’après son horoscope, si elle pourrait ou non devenir plus tard son épouse principale. Le religieux lui dit : « Cette fille connaîtra un homme, et Votre Majesté ne viendra certainement qu'après lui. » (Le roi dit :) « Je la tiendrai prisonnière et bien cachée. » Il appela alors auprès de lui une grue (et lui demanda :) « Où est l'endroit où vous habitez ? » Elle répondit au roi: « Je réside sur un arbre qui est à mi-côte d’une haute montagne; c’est un lieu par où ne peuvent passer ni les hommes ni les animaux. En bas, est un tourbillon d’eau sur lequel les bateaux ne peuvent aller. » Le roi lui dit: « Je vous confie cette fille pour que vous l’éleviez. » Aussitôt elle la saisit et l’emporta. Chaque jour elle allait prendre de la nourriture chez le roi pour la donner à la fille. Après qu'il en eut été pendant longtemps ainsi, il y eut au som-
met (de la montagne) un village qui fut emporté par les eaux; un arbre suivit, tantôt droit et tantôt incliné, le fil de l’eau et descendit le courant; or un jeune homme avait pu se cramponner à cet arbre et tomba dans le tourbillon d’eau sans pouvoir en sortir; arrivé à la fin du tourbillon, l'arbre sortit en bondissant et resta appuyé contre la montagne; le jeune homme put monter sur l'arbre de la grue et s’unit avec la fille; la fille alors le tint caché. (Cependant) la grue soulevait chaque jour la fille pour la peser, (pensant que), si elle devenait lourde, ce serait preuve qu'elle était enceinte, tandis que si elle n’était point encore (enceinte), elle serait légère; la grue s’aperçut (ainsi) que la fille était devenue lourde; elle chercha de tous côtés et trouva le jeune homme; elle le prit et le chassa; puis elle alla raconter au roi ce qui s’était passé. Le roi dit: « Le religieux était habile à dresser des horoscopes ». |
Le maitre dit: « Quand des personnnes sont appariées pour des causes provenant de naissances antérieures il, n'y a aucune force qui puisse les maîtriser; dès que l’une d'elles rencontre celui à qui elle est appariée, alors leur union doit avoir lieu. Il en est aussi de même pour les animaux vivants de toute espèce. »