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(Trip, XEX, 7, p. 21) (0)
Autrefois, il était un royaume où les cinq sortes de céréales mürissaient et prospéraient et où le peuple était paisible; on n'avait pas de maladies et jour et nuit on chantait et on se réjouissait sans éprouver aucun chagrin. Le roi demanda à ses ministres : « J'ai entendu dire que dans le monde il y avaitle malheur; comment est-il fait ? » Ils lui répondirent : « Nous, non plus, ne l'avons pas vu. » Le roi envoya donc un de ses ministres dans un royaume
voisin pour demander à acheter le malheur.
Un deva se changea alors en homme et sur la place publique mit en vente (le malheur), sous la forme d’un porc qu'il tenait lié avec une chaîne de fer. Le ministre lui demanda : « Comment s’appelle cet être ? » « C’est un
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malheur femelle », lui fut-il répondu. Il reprit : « Pour quelle somme le vendez-vous ? » « Pour un million de pièces de monnaie, » répondit l’autre. Le ministre alors dit en considérant (le porc) : « De quoi se nourrit-il ? » « Il mange chaque jour un dixième de boisseau d’aiguilles, » répliqua (le vendeur).
Le ministre alla de maison en maison pour chercher des aiguilles; alors les gens par groupes de deux ou de trois se rencontrèrent en se demandant les uns aux autres des aiguilles, et cela fit que toutes les provinces et toutes les villes furent bouleversées; partout où se trouvait (le porc), il y avait des calamités inguérissables.
Les ministres dirent au roi: « Ce malheur femelle a
1) Cet apologue a déjà été traduit par Julien (Les avadänas, t. 1, p. 51-55.)
jeté le trouble parmi le peuple, et les hommes et les femmes ont perdu tout ce qu'ils possédaient, nous désirons qu'on le tue pour s’en débarrasser. » Le roi approuva fort ce conseil. Alors, en dehors de la porte de la ville (on voulut le tuer), mais les armes tranchantes ne le pénétraient pas, les haches ne le blessaient pas, les bâtons ne le faisaient pas périr. On entassa du bois mort pour le brûler; quand le corps de la bête fut devenu rouge comme le feu, elle parvint à s'échapper; elle traversa le bourg et l'incendia, passa par la place du marché et l’incendia, entra dans la ville et l’incendia. Ainsi en parcourant le royaume elle le bouleversa; la population mourut de faim. Telles furent les conséquences qui furent produites parce qu'on avait été rassasié de joie et qu'on avait acheté le malheur.
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CPIPREXERS FD 2229)
Autrefois un perroquet vola et vint se poser sur une montagne étrangère. Tous les animaux qui étaient dans cette montagne à l’envi le comblèrent d’amitiés et ne lui firent aucun mal. Le perroquet pensa à part lui: « Quoiqu'il en soit ainsi, je ne saurais m'attarder ici; je dois m'en retourner. » Il partit donc. Or, quelques mois plus tard, un incendie se déclara sur la grande montagne, dont les quatre côtés furent en feu. Le perroquet, apercevant de loin ce qui se passait, entra dans l’eau, et, prenant de l’eau sur ses ailes, s’envola dans les airs; avec l'eau conservée dans les plumes dont il était couvert, il aspergea l'incendie afin de l’éteindre: 1l allait et venait sans cesse
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en répétant ce manège. Un deva lui dit : « Hé ! perroquet,
quelle est votre sottise ? Prétendez-vous éteindre un feu
de mille /: de superficie avec l’eau de vos deux ailes ? » Le perroquet répondit : « Je sais bien que je ne l’éteindrai pas. Mais j'ai été autrefois un hôte de la montagne et tous les animaux de cette montagne ont été bons pour moi et ont été entièrement comme des frères à mon égard. Je ne puis supporter de voir (ce qui se passe en ce moment). »
Le deva fut ému de l'élévation de ses sentiments; il fit.
alors tomber de la pluie qui éteignit l'incendie.
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Le Buddha marchait en compagnie des bhiksus lorsqu'il se détourna de son chemin pour entrer dans la jungle. Ânanda demanda au Buddha : « Pour quelle raison quittezvous la route pour marcher dans la jungle ? » Le Buddha lui dit: « En avant de nous il y a des brigands. Les trois brahmanes qui viennent derrière nous vont être pris par ces brigands. »
Les trois hommes qui venaient derrière (le Buddha et ses disciples) aperçurent un monceau d’or sur le bord du chemin ; ils s’arrétèrent alors et ensemble le prirent ; ils ordonnèrent à l’un d'eux de retourner chercher de la nourriture au marché qui était dans le village ; cet homme prit du poison et le mit dans la nourriture afin de tuer les deux autres (en se disant) : « Je serai seul à posséder cet or. » Les deux autres hommes à leur tour concurent une pensée (analogue) et quand ils le virent revenir, ils s'unirent pour le tuer ; après quoi ils mangèrent la nourriture