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empoisonnée et moururent tous deux. Tous trois avaient,
chacun pour son compte, conçu de mauvaises pensées et
c'est ainsi qu'ils se tuèrent mutuellement les uns après
les autres.
CRD RER" 7 ;2p-02"r)
Autrefois il y avait un maître de maison qui tenait sa femme enfermée et ne laissait aucun homme la voir. Cette
femme chargea un serviteur de faire un souterrain et elle
eut des rapports avec un ciseleur d'argent. Le mari, par la suite, eut vent de la chose, mais sa femme lui dit: « De ma vie je n’ai rien commis de semblable; ne prononcez pas des paroles inconsidérées. » Le mari répliqua : « Je vous mènerai à l'endroit où est l'arbre sacré. » La femme dit que c'était fort bien et ils entrèrent dans la chambre du jeûne pour observer le jeùne pendant sept jours ; la femme dit secrètement au ciseleur d’argent : « Qu’allez-vous faire ? Feignez d’être insensé, et ayez les cheveux épars. Les gens que vous rencontrerez sur la place du marché, emportez-les en les tenant dans vos bras. » Le mari, quand le jeûne fut terminé, fit alors sortir sa femme; celle-ci lui dit: « De ma vie je n’ai vu la place du marché; faites-moi passer par la place du marché. » Le ciseleur d'argent la saisit alors dans ses bras et la coucha sur le sol au lieu même où elle était ; la femme cria à son mari: « Pourquoi laissez-vous un homme me prendre dans ses bras ? » Le mari répondit: « C’est un fou. » Le mari et la femme arrivèrent ensemble à l'endroit où était le dieu. (La femme) diten se prosternant la tête contre terre : « De
ma vie je n’ai rien fait de mal ; ce fou seul m'a tenue dans ses bras. » Ainsi la femme put sauver sa vie. Le mari confus garda le silence. Telle est la fourberie des femmes.
(Erin ARE SP Ep. 2207)
Autrefois il y avait une femme qui allait se marier ; plu- i sieurs femmes qui l’accompagnaient étaient avec elle sur une tour ; elles buvaient, mangeaient et s'amusaient entre elles. Une orange vint tomber à terre; ces femmes la regardant ensemble, dirent : « Celle d’entre nous qui osera
descendre pour ramasser l'orange et la rapporter, nous lui donnerons toutes à boire et à manger. » La femme qui devait se marier descendit de la tour et vit un jeune homme qui avait pris alors l'orange ets’en allait. La femme lui demanda de la lui donner ; le jeune homme lui répondit: « Si, au moment où vous serez près de consommer le mariage, vous venez d’abord chez moi, je vous rendrai l'orange ; sinon, je ne vous la céderai pas. » La femme y ayant consenti, le jeune homme lui donna donc l'orange. La femme put revenir en tenant (le fruit) et toutes les autres femmes lui offrirent à boire et à manger ; puis elles la conduisirent chez son époux. La femme dit à celui-ci: « J'ai fait un serment solennel (en vertu duquel) je désire aller d'abord voir un jeune homme ; au retour je deviendrat votre épouse. » Son mari alors la laissa aller. Quand elle fut sortie de la ville, elle rencontra un voleur; elle s’adressa à lui en implorant sa pitié, disant: «Jai fait un serment solennel dont je dois m’acquitter. » Le voleur la laissa aller. Plus loin, elle rencontra un démon qui dévorait les
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hommes; la femme se prosterna la tête contre terre en le priant de la laisser s’acquitter de son serment; le démon la laissa aller. Elle arriva chez le jeune homme qui l'invita à entrer et à s’asseoir ; Le jeune homme n’eut aucun rapport avec elle, mais il lui prépara à boire et à manger et la renvoya en lui donnant un gâteau d’or pour son usage particulier. — Le maître dit: « Ainsi, le mari, le voleur, le démon et le jeune homme se conduisirent tous
quatre d’une manière excellente; cependant il y a là
matière à réflexion; les uns disent que le mari fut le meilleur, car 1l devait tenir à garder sa femme; d’autres disent que le voleur fut le meilleur, car il devait tenir aux richesses; d’autres disent que le démon fut le meilleur, car il devait tenir à boire et à manger; d’autres disent que le jeune homme fut le meilleur, car il se montra fort réservé. »
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