‹ Cinq cents contes et apologues (volume 4)Chapitre 83 sur 93 · VÉRINS DRE · texte numérisé non relu

VÉRINS DRE

Autrefois il y avait une femme mariée qui disait constamment: «Je ne perds rien. » Son fils prit la bague de sa mère et, après avoir été la jeter dans l’eau, il alla demander à sa mère où était sa bague d’or. Sa mère lui dit: «Je ne perds rien. » Le surlendemain, sa mère invita à diner Maudgalyâyana, Aniruddha et Mahâkâçyapa; il lui fallut alors se procurer du poisson et elle envoya un homme au marché pour acheter un poisson. Lorsque (l’homme) fut de retour, on prépara (le poisson) et dans son ventre on trouva la bague d’or. La mère dit à son fils: «Je ne perds rien. »

Le fils, très joyeux, se rendit à l'endroit où se tenait le

Buddha et lui demanda: « Pour quelle cause ma mère a-t-elle ce bonheur de ne jamais rien perdre ? » Le Buddha lui dit: « Autrefois il y avait un ascète (rsi) qui demeurait dans le Nord ; lorsque l’obscurité et le froid furent arrivés et que ce fut l'hiver, tous les habitants passèrent au sud des montagnes ; il y avait une vieille mère solitaire qui était si pauvre qu'elle ne pouvait partir ; elle resta seule et garda en lieu sûr tous les ustensiles et les biens de cette foule d’hommes; au printemps, les gens revinrent tous et la mère rendit chaque objet sans aucune exception à son propriétaire; tous ces hommes furent satisfaits. » Le Buddha dit: « Celle qui en ce temps était la mère solitaire, c'est votre mère; parce que, dans cette naissance antérieure, elle a protégé les objets qui appartenaient à une multitude d'hommes, elle a obtenu ce bonheur de ne jamais rien perdre. »

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