‹ Cinq cents contes et apologues (volume 4)Chapitre 89 sur 93 · TEXTE DE SEPT PARABOLES CONCERNANT DES ARHATS HUMILIÉS · texte numérisé non relu

TEXTE DE SEPT PARABOLES CONCERNANT DES ARHATS HUMILIÉS

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CLRID REX 750-205)

Autrefois le Buddha chargea Câriputra /Chü-li-fou) de

(1) Cf. p. 368, n. 1. Le troisième homme regrette de n’avoir pas su dérober aux périls qui menacent l'existence humaine de quoi faire des offrandes au Buddha, à la Loi et à l'Assemblée.

(2) Le cinquième homme a dit kou, c'est-à-dire kah, qui ? (Sylvain Lévi).

(3) Les sept récits qui sont placés ici comme une sorte d’appendice au Kieou isa pi yu king appartiennent à un genre nettement distinct de celui des contes. Ils sont destinés à montrer l'insuffisance du degré d’arhat et la supériorité du système mahâyâniste. Je me suis borné à traduire intéoralement le premier et le dernier d’entre eux et à donner une courte analyse des cinq autres.

se rendre du côté de l'Ouest dans le ksetra magnifique de Wei-wei (Vipacyin) pour y demander trois choses au Buddha de là-bas, à savoir : La personne de ce Buddha se porte-t-elle bien ? son enseignement de la Loi est-il comme il la toujours été ? ceux qui le recoivent augmentent-ils et font-ils des progrès ? Câriputra, animé par la puissance surnaturelle du Buddha, se rendit dans le ksetra et s’y acquitta de la commission qu’il avait reçue; le Buddha de là-bas lui répondit : « Tout est parfaitement tranquille et calme. » Alors ce Buddha fit tourner la roue d’a-wei-yue- Iche (avivartin), et, en faveur des sept Bodhisattvas qui y président, il expliqua la Loi. Après l’avoir entendu, Câri-

putra partit de ce ksetra et revint. Le teint de son visage

était brillant et il marchait plus vite que d'habitude.

Le Buddha dit à Câriputra : « Comment se fait-il que, après avoir été là-bas, vous marchiez avec tant de vivacité et que vous manifestiez tant de joie ? » Câriputra répliqua au Buddha : « Pour prendre une comparaison, quand un pauvre homme souffre de la faim et du froid, s’il trouve un trésor précieux, grand comme le mont Sumeru, ne se réjouira-t-il pas ? » « Très bien », approuva le Buddha. Câriputra reprit : « Quand je suis arrivé dans ce ksetra, j'ai pu entendre ce Buddha exposer les doctrines profondes concernant l’état d’a-wei-yue-lche (avivartin); c’est pourquoi j'ai sauté de joie et je n'ai plus pu me mépriser. » Le Buddha dit: « C’est fort bien. Ce que vous avez dit est exact. » Le Buddha dit encore à Câriputra : « Pour me servir d’une comparaison, il y avait une fois un notable, grand Æta-lo-yue (grhapati) qui ne considérait comme véritables joyaux que l’or qui donne une marque rouge quand on le frotte (avec la pierre de touche) et les perles mo-nt (mani); dans sa maison on enleva done à coups de balais le cuivre, le fer, le plomb et l’étain pour les jeter dehors sur un tas de fumier; il y eut un indigent qui les recueillit avec joie et les emporta en disant : «J'ai obtenu

beaucoup des joyaux du kia-lo-yue (grhapati). » Mais étaientce là vraiment les joyaux précieux du notable ? — « Non », répondit (Çâriputra). — Le Buddha lui dit alors : « Ce que vous avez entendu est comme ce qu'avait obtenu ce pauvre homme. Ce Buddha ne vous a expliqué que les dix

actes essentiels (1) et l'espèce de pureté qui est dans l’ac-

tion; ce que vous avez entendu ne vaut même pas la peine qu'on en parle.»

Câriputra fut mortifié et sembla se dire : « Je croyais avoir obtenu un joyau, mais ce n’était que du plomb et de l’étain. » Quand Çâriputra raconta ce qui s’était passé, des hommes innombrables concurent la pensée des pâramitäs

sans supérieures et égales pour tous; des hommes innom-

brables obtinrent la dignité d’a-wer-yen.

(Trip., XIX, 7, p. 25 v°-26 r°.)

ANALYSE : Mahâmaudgalyäyana, ayant mis en action la faculté de vision que lui donnait sa sagesse, aperçoit les huit mille ksetras des Buddhas ; émerveillé des choses qu'il a contemplées, il se croit supérieur au Buddha; mais celui-ci n'a pas de peine à le couvrir de confusion en faisant apparaître à ses yeux éblouis un spectacle infiniment plus grandiose.

(HG p 87% ne

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