XLII ENCYCLIQUE DE LÉON XII
ens qui vivent de leur travail et qui forment la très grande majorité.
Et que l’on ne pense pas que l'Eglise se laisse tellement absorber par le soin des âmes, qu'elle néglige ce qui se rapporte à la vie terrestre et mortelle. Pour ce qui est en particulier de la classe des travail leurs, elle fait tous les efforts pour les arracher à la misère. Et, certes, ce n’est pas un faible appoint qu’elle apporte à cette œuvre, par le fait seul qu'elle travaille, de paroles et d'actes, à ramener les hommes à la vertu. Les mœurs chrétiennes, dès qu'elles sont en honneur, exercent naturellement sur la prospérité temporelle leur part de bienfaisante influence ; car elles attirent la faveur de Dieu, principe et source de tout bien; elles compriment le désir excessif des richesses et la soif des voluptés, ces deux fléaux qui trop souvent jettent l'amertume et le dégoût dans le sein même de l'opulence (22); elles se contentent enfin d'une vie et d’une nourriture frugale et suppléent par l'économie à la modicité du revenu, loin de ces vices qui con-
(22) Radix omnium malorum est cupiditas.
I Tu. vi, 10.