FRAN. AUGUST. THUANUS E CARCERE \1TM JAM JAM LIBERANDUS MERITO SOLVIT
XII SEPTEMBR. M. D. C. XUI.
SFITEBOR TIBI, DOMINE, QUONIAM iXAUDISTI ME, ET FACTUS ES MIHI IN SALUTEM.
«Cette inscription fera admirer la présence et la netteté de son esprit et fera avouer à ceux qui la considéreront que l'appréhension de la mort n'avoit pas eu le pouvoir de lui causer aucun trouble. Il pria M. Thomé de faire compliment de sa part à M. le Cardinal de Lyon, et lui témoigna que, s'il eust plu à Dieu de le sortir de ce péril, il avoit dessein de quitter le monde et de se donner entièrement au service de Dieu.
«Il écrivit deux lettres qui furent portées ouvertes à M. le Chancelier, et puis remises entre les mains de son confesseur
{>our les faire tenir ; ces lettres étant fermées, il dit : Voilà a dernière pensée que je veux avoir pour le monde, partons au paradis. Et I reprit sans interruption ses discours
spirituels et se confessa une as. il demandait parfois
si l'heure de partir DOUX aller au supplice approchoit, quand on le devoit lier, et piioit qu'on l'avertist quand l'exécuteur de la justice seroit lu, aliu de l'embrasser; mais il ne le vit que sur l'échaiaud. »
Sur la paraphrase que fit M. de Thou.
Le père Montbrun, confesseur de M. de Thou, est cité dans ce rapport, et donne des détails :
M. de Thou, étant sur l'échafaud à genoux, récita aussi le Psaume 115, et le paraphrasa en français presque tout du long, d'une voix assez haute et d'une action assez vigoureuse, avec une ferveur indicible, mêlée d'une sainte joie, incroyable à ceux qui ne l'auroient point vue. Voici la paraphrase qu'il en fit et que je voudrais pouvoir accompagner de l'action avec laquelle il la disoit ; j'ai tâché de retenir ses propres paroles.
« Credidi proptcr quod locutus sum. Mon Dieu, credidi ; je l'ai cru et je le crois fermement, que vous êtes mon créateur et mon bon père, que vous avez souffert pour moi, que vous m'avez racheté au prix de votre sang, vous m'avez ouvert le paradis. Credidi. Je vous demande, mon Dieu, un grain, un petit grain de cette foi vive, qui enflammoit les cœurs des premiers chrétiens : Credidi, propter quod locutus sum. Faites, mon Dieu, que je ne vous parle pas seulement des lèvres, mais que mon coeur s'accorde à toutes mes paroles, et que ma volonté ne démente point ma bouche : Credidi. Je ne vous adore pas, mon Dieu, de la langue : je ne suis pas assez éloquent ; mais je vous adore d'esprit, oui, d'esprit, mon Dieu, je vous adore en esprit et en vérité ! Ah ! ah ! credidi. Je me suis fié en vous, mon Dieu, je me suis abandonné à votre miséricorde après tant de grâces que vous m'avez faites, proptcr quod locutus sum ; et, dans cette confiance, j'ai parlé, j'ai tout dit, je me suis accusé.
*Ego autem humiliatus nimis. Il est vrai, Seigneur, me voilà extrêmement humilié, mais non pas encore comme je le mérite. Ego dixi in excessù tneo : Omnis homo mendax. Ah ! qu'il n'est que trop vrai que tout ce monde n'est que mensonge, que folie, que vanité; ah! qu'il est vrai: Omnis homo mendax! Quid, rétribuât» Domino pro omnibus quœ rctribuit mihi ? » Il répétoit ceci d'une grande véhémence : « Calicem salutis accipiam. Mon père, il faut boire courageusement ce calice de la mort ; oui, et je le reçois d'un grand cœur, et je suis prêt à le boire tout entier.
*Et nomen Domini invocabo. Vous m'aiderez, mon père, à implorer l'assistance divine, afin qu'il plaise à Dieu de fortifier ma foiblesse, et me donner du courage autant qu'il en faut pour avaler ce calice que le bon Dieu m'a préparé pour mon salut. »
Il passa les deux versets qui suivent dans ce Psaume, et s'écria d'une voix forte et animée : « Dirupisti, Domine, vincula mea ! Ah ! mon Dieu, que vous avez lait un grand coup ! vous avez brisé ces liens qui me tenoient si fort attaché au monde !
Il falloit une puissance divine pour m'en dégager. Dirupisti, Domine, vincula mea!» Voici les propres mots qu'il dit ici : « Que ceux qui m'ont amené ici m'ont fait un grand plaisir ! que je leur ai d'obligations ! Ah ! qu'ils m'ont fait un grand bien, puisqu'ils m'ont tiré de ce monde pour me loger dans le ciel.
Ici son confesseur lui dit qu'il falloit tout oublier, qu'il ne falloit pas avoir de ressentiment contre eux. A cette parole il se tourna vers le père, tout à genoux, comme il estoit, et d'une belle action : « Quoi ! mon père, dit-il, des ressentiments ? Ah ! Dieu le sait, Dieu m'est témoin que je les aime de tout mon cœur, et qu'il n'y a dans mon âme aucune aversion pour qui que ce soit au monde. Dirupisti, Domine, vincula mea; tibi sacrificabo hosliam tandis. La voilà l'hostie. Seigneur (se montrant soimême), la voilà cette hostie qui vous doit être maintement immolée : Tibi sacrificabo hostiam laudis et nomen Domini invocabo. Vota mea Domino reddam (étendant les deux bras et la vue de tous côtés, d'un agréable mouvement, le visagje enflammé) in conspectu omnis populi ejus. Oui, Seigneur, je veux vous rendre mes vœux, mon esprit, mon cœur, mon âme, ma vie, in conspectu omnis populi ejus, devant tout ce peuple, devant toute cette assemblée ! In atriis domus Domini, in medio tui Jérusalem. In atriis domus Domini. Nous y voici à l'entrée de la maison du Seigneur. Oui, c'est d'ici, c'est de Lyon, de Lyon qu'il faut monter là-haut (levant les bras vers le ciel). Lyon, que je t'ai bien plus d'obligation qu'au lieu de ma naissance, qui m'a seulement donné une vie misérable, et tu me donnes aujourd'hui une vie éternelle ! in medio tui Jérusalem. Il est vrai que j'ai trop de passion pour cette mort. N'y a-t-il point de mal, mon père ? dit-il plus bas en souriant, se tournant à côté vers le père. J'ai trop d'aise. N'y a-t-il point de vanité ? Pour moi je n'en veux point. »
Détails du supplice de M. de Cinq-Mars. (Fragment du même rapport.)
C'est une merveille incroyable qu'il ne témoigna jamais aucune peur, ni trouble, ni aucune émotion, ains parut toujours gai, assuré, inébranlable, et témoigna une si grande fermeté d'esprit, que tous ceux qui le virent en sont encore dans l'étonnement.
M , de Cinq-Mars, san- s posa fort propre-
ment son col, dit le narrateur, sur le poteau, tenant le visage droit, tourné vers le devant <i>' l'échafaud et, embrassant fortement île sis deUS l>ras h' poteau, il ferma les Veux et la bouelie, et attendit le coup que l'exécuteur lui vint donner assez |
ment et lentement, et s'étant mis à gauche et tenant son couperet des deux mains. En recevant le coup, il poussa une voix forte, comme : Ah ! qui fut étouffée dans son sang ; il leva les genoux de dessus le bloc, comme pour se lever, et retomba dans la même assiette qu'il estoit. La tête comme n'estant pas entièrement séparée du corps par ce 'coup, l'exécuteur passa à sa droite par derrière, et prenant la tête par les cheveux de la main droite, de la gauche il scia avec son couperet une partie de la trachée-artère et de la peau du cou, qui n'estoit pas coupée : après quoi il jeta la tête sur l'échafaud, qui de là bondit à terre, où l'on remarqua soigneusement qu'elle fit encore un demi-tour et palpita assez longtemps. Elle avoit le visage tourné vers les religieuses de Saint-Pierre, et le dessus de la tête vers l'échafaud, les yeux ouverts. Son corps demeura droit contre le poteau, qu'il tenoit toujours embrassé, tant que l'exécuteur le tira pour le dépouiller, ce qu'il fit, et pui9 le couvrit d'un drap et mit son manteau par-dessus ; la tête ayant été rendue sur l'échafaud, elle fut mise auprès du corps, bous le même drap.
L'exécution de M. de Thou ressemble, comme celle de M. de Cinq-Mars, à un assassinat ; la voici telle que la donne ce même journal, et plus horriblement minutieux que la lettre de Montrésor :
L'exécuteur vint pour lui bander les yeux avec le mouchoir ; mais comme il lui faisoit fort mal, mettant les coins du mouchoir en bas, qui couvroient sa bouche, il le retroussa et s'accommoda mieux. Il adora le crucifix avant que de mettre la tête sur le poteau. Il baisa le sang de M. de Cinq-Mars qui y estoit resté. Après, il mit son col sur le poteau, qu'un frère jésuite avait torché de son mouchoir, parce qu'il estoit tout mouillé de sang, et demanda à ce frère ^'il estoit bien, qui lui dit qu'il falloit qu'il avançast mieux sa tête sur le devant, ce qu'il fit. En même temps, l'exécuteur, s' apercevant que les cordons de sa chemise n'cstoient point déliés et qu'ils lui tenoient le cou serré, lui porta la main au col pour les dénouer ; ce qu'ayant senti, il demanda : « Qu'y a-t-il ? faut-il encore oster la chemise ? » et se disposoit déjà à l'oster. On lui dit que non, qu'il falloit seulement dénouer les cordons ; ce qu'ayant fait il tira sa chemise pour découvrir son col et ses épaules et, ayant mis sa tête sur le poteau, il prononça ses dernières paroles, qui furent : Maria, mater gratiœ, mater misericordiœ..., puis In manus tuas... et lors ses bras commencèrent à trembloter en attendant le coup, qui lui fut donné tout en haut du col, trop près de la tête, duquel coup son col n'étant coupé qu'à demi, le corps tomba
du costé gauche du poteau, à la renverse, le visage contre le ciel, remuant les jambes et haussant foiblement les mains. Le bourreau le voulut renverser pour achever par là où il avait commencé ; mais effrayé des cris que l'on faisoit contre lui, il lui donna trois ou quatre coups sur la gorge, et ainsi lui coupa la tête, qui demeura sur l'échaufaud.
L'exécuteur, l'ayant dépouillé, porta son corps, couvert d'un drap, dans le carrosse qui les avoit amenés ; puis il y mit aussi celui de M. de Cinq-Mars et leurs têtes, qui avoient encore toutes deux les yeux ouverts, particulièrement celle de M. de Thou, qui sembloit être vivante. De là, ils furent portés aux Feuillans, où M. de Cinq-Mars fut enterré devant le maîtreautel, sous le balustre de ladite église, par la bonté et autorité de M. du Gay, trésorier de France en la généralité de Lyon. M. de Thou a été embaumé par le soin de madame sa sœur et mis dans un cercueil de plomb, pour être transporté en sa sépulture.
Telle fut la fin de ces deux personnes, qui, certes, doivent laisser à la postérité une autre mémoire que celle de leur mort. Je laisse à chacun d'en faire tel jugement qu'il lui plaira, et me contente de dire que ce nous est une grande leçon de l'inconstance des choses de ce monde et de la fragilité de notre nature.
Les dernières volontés de ces deux nobles j eunes gens nous sont demeurées par des lettres qu'ils écrivirent après la prononciation de leur arrêt. Celle de M. de Cinq-Mars à la maréchale d'Effiat, sa mère, peut paraître froide à quelques personnes, par la difficulté de se reporter à cette époque où, dans les plus graves circonstances, on s'attachait à contenir plus qu'à exprimer chaleureusement ses émotions, et où le grand monde, dans les écrits et les discours, fuyait le pathétique autant que nous le cherchons.
Lettre de M. le Grand à M"" sa mère, la marquise d'Effiat.
Madame ma très chère et très honorée mère, je vous escris, puisqu'il ne m'est plus permis de vous voir, pour vous conjurer, madame, de me rendre deux marques de voire dernière bonté : l'une, madame, en donnant à mon âme le plus de prières qu'il vous sera possible, ce qui sera pour mon salut ; l'autre, soit que vous obteniez du Roy le bien que j'ai employé dans ma charge de yrand escuyer, et ce que j'en pouvois avoir d'autre part
auparavant qu'il fust confisqué, ou soit que cette grâce ne vous soit pas accordée, que vous ayez assez de générosité pour satisfaire à mes créanciers. Tout ce qui dépend de la fortune est si peu de chose, que vous ne devez pas me refuser cette dernière supplication, que je vous fais pour le repos de mon âme. Croyezmoi, madame, en cela plutôt que vos sentiments s'ils répugnent en mon souhait, puisque, ne faisant plus un pas qui ne me conduise à la mort, je suis plus capable que qui que ce soit de juger de la valeur des choses du monde. Adieu, madame, et me pardonnez si je ne vous ay pas assez respectée au temps que ]'ai vescu, et vous asseurez que je meurs,
Ma très chère et très honorée mère, Votre très humble et très obéissant et très obligé fils et serviteur,
Henri d'Effiat de Cinq-Mars.
Le manuscrit original est à la Bibliothèque royale de Paris (manuscr. n° 9327), écrit d'une main ferme et calme.
Sur la dernière lettre de M. François-Auguste de Thou.
On a vu que, laissé seul un moment dans sa prison, M. de Thou écrivit une lettre qui fut remise à son confesseur. « Voilà, disait-il, la dernière pensée que je veux avoir pour ce monde. » On a vu ses efforts pour se détacher de cette dernière pensée, et ce redoublement de prières ferventes qu'il prononce en se frappant la poitrine. Il prie Dieu d'avoir pitié de lui ; il repousse tout le monde ; il s'enveloppe déjà dans son linceul. Cette dernière pensée était déjà la plus cruelle qui puisse faire saigner le cœur d'un homme ; c'était un dernier regard jeté sur une femme aimée ; c'était un adieu à sa maîtresse, la princesse de Guéménée. Le ton est grave, et le respect du rang ne s'y perd pas, non plus que celui de sa dignité personnelle et du moment solennel qui s'approche. J'ai retrouvé dernièrement cette lettre précieuse. (Bibliothèque royale de Paris, manuscrit n ° 9276, page 223.) La voici :
Copie de la lettre de M. de Thou, escrite à Mme la princesse de Guérnénée après la prononciation de l'arrcst.
Madame,
Je ne vous ay jamais eu de l'obligation en toute ma vie qu'aujourd'huy qu'estant près de la quitter, je la pers avec moins de peyne parce que vous me l'avez rendue assès malheureuse ; j'espère que celle de l'autre monde sera bien différente pour moy de celle-cy, et que j'y trouveray des félicités autant pardessus l'imagination des hommes qu'elles doivent estre dans leur espérance : la mienne, madame, n'est fondée que sur la bonté de Dieu et le mérite de la passion de son Filz, seule capable d'effacer mes péchez dont j'estois redevable à sa justice, et qui sont à un tel excez qu'il n'y a rien qui les surpasse que celuy de sa miséricorde. Je vous demande pardon de tout mon cœur, madame, de toutes les choses que j'ay faictes qui vous ont pu desplaire et fais la mesme prière à toutes les personnes que fay haïes à vostre occasion, vous protestant, madame, qu'autant que la fidélité que je doibs à mon Dieu me le doit permettre je meurs trop asseurêment, madame, votre très humble et très obéissant serviteur.
De Thou.
De Lion, ce 12e septembre 1642.
Quel reproche amer et quel mélancolique retour sur sa vie ! Si cette femme était digne de lui, comment reçut-elle une telle lettre sans en mourir ? Fut-elle jamais consolée de mériter un tel adieu ?
La vie de M'"° la princesse de Guérnénée ne permet guère de penser que ses rigueurs aient causé tant de tristesse et une douleur si profonde. Tallemant des Réaux dit, en plusieurs endroits, que M. de Thou était son amant. On dit, ajoute-t-il (t. Ier, p. 418), qu'il lui écrivit après avoir été condamné. C'est cette lettre qu'on vient de lire. Elle me semble écrite par un homme tel que le misanthrope de Molière, avec plus de pitié, et ces mots : toutes 1rs personnes piê j'ay haïes à vostre occasion, ressemblent douloureusement à :
C'est que tout l'univers est bien reçu de vous.
Mais ne cherchons pas à devancer des peines que rien ne trahit, si ce n'est ce dernier soupir au pied de l'échafaud. Le souvenir de M. de Thou nous doit représenter une autre pensée et conduit à d'autres réflexions. Elles suivront la copie de ce traité avec l'Espagne, qui fait la base du procès criminel.
Articles du traité fait entre le Comte Duc pour le Roy d'Espagne et monsieur de Fontrailles pour et au nom de Monsieur, à Madrid, le 13 mars 1642, dont Monsieur fait mention dans sa déclaration du 7 juillet dudit an. Au tome Ier des Mémoires de Fontrailles.
Le sieur de Fontrailles ayant esté envoyé par M. le duc d'Orléans vers le Roy d'Espagne, avec lettres de Son Altesse pour Sa Majesté et monseigneur le Comte Duc de San Lucar, datées de Paris, du 20 janvier, a proposé, en vertu du pouvoir à luy donné, que Son Altesse, désirant le bien général et particulier de la France, de voir la noblesse et le peuple de ce royaume délivrés des oppressions qu'ils souffrent depuis long-temps par une si sanglante guerre, pour faire cesser la cause d'icelle, et pour establir une paix générale et raisonnable entre l'Empereur et les deux couronnes, au bénéfice de la chrestienneté, prendroit volontiers les armes à cette fin, si Sa Majesté Catholique vouloit concourir de son costé avec les moyens possibles pour advancer les affaires ; Et après avoir déclaré le particulier de sa commission, en ce qui est des offres et demandes que font ledit seigneur duc d'Orléans et ceux de son party, à estre accordé et conclud par ledit seigneur Comte Duc pour leurs Majestés Impériale et Catholique, et au nom de Son Altesse par ledit sieur de Fontrailles, les articles suivants :
i. Comme le principal but de ce traité est de faire une forte paix entre les deux couronnes d'Espagne et de France, pour leur bien commun et de toute la chrestienneté, ont déclare unanimement qu'on ne prend en cecy aucune chose contre le Roy Très- Chrestien et au préjudice de ses Estats, ny contre les droits et autorités de la Reine Très-Chrestienne régnante ; mais au contraire, on aura soin de la maintenir en tout ce qui luy appartient.
2. Sa Majesté Catholique donnera douze mil hommes de pied et cinq mil chevaux effectifs des vieilles troupes, le tout venant d'Allemagne, ou de l'Empire, ou de Sa Majesté Catholique. Que
si, par quelque accident, il manquoit de ce nombre deux ou trois mil hommes, on n'entend point pour cela qu'on ayt manqué à ce qui est accordé, attendu qu'on les fournira le plus tost qu'il sera possible.
3. Il est accordé que, dès le jour que monsieur le duc d'Orléans se trouvera dans la place de seureté où il doit estre en estât de pouvoir lever des troupes, Sa Majesté Catholique luy baillera quatre cent mille escus comptant payables au contentement de Son Altesse, pour estre emploies en levées et autres frais utiles pour le bien commun.
4. Sa Majesté Catholique donnera le train d'artillerie avec les munitions de guerre propres aux corps d'armée, avec les vivres pour toutes les troupes, jusques à ce qu'elles soient entrées en France, là où Son Altesse entretiendra les siens, et Sa Majesté Catholique les autres, comme il sera spécifié cy-après.
5. Les places qui seront prises en France, par l'armée de Sa Majesté Catholique, ou celles de Son Altesse, seront mises entre les mains de Son Altesse et de ceux de son parti.
6. Il sera donné audit seigneur duc d'Orléans douze mille escus par mois de pension, outre ce que Sa Majesté Catholique donne en Flandre à madame la duchesse d'Orléans sa femme.
7. Est arresté que cette armée et les chefs d'icelle obéiront absolument audit seigneur duc d'Orléans; et néantmoins, attendu que ladite armée est levée des desniers de Sa Majesté Catholique, les officiers d'icelle presteront le serment de fidélité à Son Altesse de servir aux fins du présent traité, et arrivant faute de Son Altesse, s'il y a quelque prince du sang en France dans le traité, il commandera en la manière qu'il avait esté arresté dans le traité faict avec monsieur le comte de Soissons ; Et au cas que l'archiduc Léopold, ou autre personne, fils, frère ou parent de Sa Majesté Catholique, vienne à estre gouverneur pour Saditc Majesté en Flandre, comme il sera là, par mesme moyen général de ses armées que Sa Majesté Catholique a tant de paît en ce lieu, est accordé que ledit seigneur duc d'Orléans et ceux de son parti de quelque qualité et condition qu'ils soient, ayent esgard à ces considérations, tiendront forme correspondance avec ledit Archiduc ou autre que dit est, et lui communiqueront tout ce qui se présentera, en retenant tous
emble les ordres de l' Empereur, et de Sa Majesté Catholique, tant pour ce qui concerne la guerre que pour l'employ de cette aimée, <-t tous ses progrès.
8. Et d'autant que Son Altesse a deux personnes propres à e maréchaux-de-camp m cette année, que i<'>iit seigneur latwra après la < (inclusion du présent traité, Sa Majesté holique se ibtenix de l'Empereur deux lettres
patentes de mareschal-de-camp pour eux.