SCÈNE II
Introduction instrumentale. Entrée du tsure et du sbite dans cet ordre. Ils ne sont pas masqués. Ils portent le dan-noshime, vêtement tissé de fils de soie alternativement bruts et teints produisant des dessins géométriques, employé autrefois comme vêtement de cérémonie, et Yô-gucbi, large pantalon très simple sans ornements ni dessins. Par-dessus le dannoshime, ils ont le kake-bitatare, veste courte ne croisant pas sur la poitrine et dont les côtés tombant droit sont retenus par une ceinture très simple, kosbi-obi, nouée en avant. Chacun d'eux a l'éventail passé dans la ceinture et porte sur l'épaule un bambou auquel sont attachées quelques herbes. Ils viennent se placer au milieu de la scène, en face l'un de l'autre, le sbite à gauche.
SHITE et TSURE.
Aux sons de la flûte des faucheurs se mêle (bis) Le souffle du vent [qui passe] sur la lande. Le chœur répète ces vers en sourdine.
SHITE.
Les jeunes gens Fauchant sur cette colline, traversent la lande; C'est l'heure du retour, à la tombée du soir.
SHITE et TSURE.
Au bord de la merde Suma, bien court, hélas! est le Qui mène à ma maison et en ramené, [chemin
S'enfonce dans la montagne et ressort sur la grève (4) : Et de ma vie tristes sont ici les labeurs.
Ah! si Ton m'interroge.
Moi aussi je répondrai que je me désole solitaire
A la baie de Suma.
Chargé d'herbes salées (s). Si l'on savait qui je suis (bis). J'aurais moi aussi des compagnons ; Mais c'est trop [d'infortune], et de ma misère Les plus intimes mêmes se sont éloignés. [rongeJ ;
Je dois demeurer ici, c'est la pensée unique [qui me Et je traîne ma vie, abandonné au malheur (bis).
Le tsure remonte vers la droite ; le sbite se rapproche de la colonne du sbite.