‹ Cinq nôChapitre 28 sur 49 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

WAKI.

Puisqu'il en est ainsi, de la prière pour nos morts (bis) Accomplissant les rites, durant la nuit entière Récitant l'invocation, d'Atsumori Je veux encore implorer la délivrance (bis).

Introduction instrumentale. Entrée du nocbi-jite. Il porte le masque de jeune homme appelé jûroku, et le chapeau de cour noir dit nasbi-ucbi ebosbi, serré sur le front par une bandelette, hacbi-maki, blanche : les cheveux longs tombent sur les épaules et dans le dos. La veste droite à bords non croisés, figurant l'armure, bçfipi, et le large pantalon, bangiri, sont ornés de broderies et de dessins brochés ; le sabre est passé dans la ceinture. Il tient l'éventail à la main. Le bras droit est dégagé de la manche, et la partie droite du vêtement est ramenée un peu en arrière : c'est la tenue de combat.

SHITE (entrant en scène .

Au rivage d'Awaji Passent et reviennent les oiseaux de mer; a leurs cris Je m'éveille C1). De la barrière de Suma. où sont donc les

"gardiens?

(Tournéverslezi?a£/.)Holà. Rensei ! C'est Atsumori luimême que voici.

WAKI.

O prodige! Faisant tinter ma clochette (*) et accomplissant les rites, pas un instant je ne me suis endormi ; et pourtant pendant ce temps Atsumori serait venu! Ce ne peut être qu'un rêve.

SHITE.

Ht pourquoi donc serait-ce un rêve? C'est pour détruire enfin la chaîne du karma (') de ma vie que j'apparais ici.

WAKI.

Chose étrange! Une seule invocation à Amitâbha Buddha suffit à détruire d'innombrables obstacles [créés par le: péché; j'ai invoqué ce nom et sans relâche j'ai accompli les rites; en face du mérite de mes prières, quel karma pourrait donc subsister? Autant que la mer sous la grève rocheuse

SHITE.

Fût-il profond, le péché est expié et retiré de l'abîme (*).

WAKI.

L'être devient buddha. et la cause de sa délivrance.

SHITE.

C'est le mérite d'une autre existence (*). Aussi

Autrefois ennemis.

SHITE.

Maintenant au contraire,

WAKI.

En vérité par la loi,

SHITE.

Nous sommes devenus amis.

CHŒUR

Et cette parole :

« Rejette un mauvais ami, Appelle à toi un ennemi vertueux », N'est-ce pas pour lui qu'elle fut dite? O bonheur!

O bonheur ! ô reconnaissance!

Eh bien, l'aveu de toutes nos fautes ('), Oui, durant cette nuit je veux le faire (bis).

Le sbite, qui pendant ces derniers vers s'était approché du waki comme pour lui parler, revient au milieu de la scène et s'asseoit sur le sbôgi apporté par le kôken.

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