ENSEMBLE
De la ville aux neuf enceintes Va-t-il donc cherchant ce qu'il peut subsister des
[fleurs ('), Ce sentier de montagne courant sous le vert feuillage ?
Sur l'herbe drue (s) qu'écartent nos pas la rosée est
épaisse (bis) ; Vers Ohara hâtons la marche de l'Empereur. Le chœur répète ces vers en sourdine. L'Empereur se retire
sur le pont à la hauteur du premier pin. Le waki, en scène, se tourne vers lui et se prosterne.
WAKI.
J'ai hâté la marche de l'Empereur, et le voici arrivé à Ohara.
Il se relève et se tourne vers le public.
Puisque voici l'Empereur arrivé à Ohara, Promenons nos regards sur le Jakkô-in.
En ce jardin que couvre la rosée, les plantes d'été croissent luxuriantes ; Les saules verdissants emmêlent leurs fils ; Dans l'étang, les herbes flottantes balancées par les Semblent laver leur brocart ; [vagues
Sur les bords les corètes fleurissent à l'envi. Et par les interstices des nuages amoncelés, Voici que le cri solitaire du coucou sauvage Retentit. Tout semble attendre la venue du Seigneur.
l'empereur.
L'Empereur-moine abaisse ses regards sur les bords de
[l'étang.
« Sur l'eau de l'étang Les cerisiers des rives ont effeuillé leurs pétales ; [On dirait qu'Jen vérité les vagues ont épanoui leurs
[fleurs ('). »
CHŒUR
Par les fissures D'un rocher vénérable tombe en cascade (bis) Une eau dont le simple murmure parle au cœur. Cette haie aux vertes lianes, cette montagne ombrée
[comme un sourcil (8),
OHARAGOKÔ ai3
Ni par l'art du peintre en un tableau Ni par le pinceau (*) ne sauraient être égalées. Ici s'élève une chapelle.
« Ses tuiles sont brisées, et le brouillard vient y brûler
[un perpétuel encens ; Ses portes sont tombées, et la lune Y suspend une lampe éternelle Ç). » N'est-ce pas Ce lieu même [que décrivent ces vers. ? Ah ! qu'il est
[émouvant (bis) !