‹ Cinq nôChapitre 43 sur 49 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Introduction instrumentale. Rentrée de la Nyôin et de Dainagon no tsubone. La première porte des fleurs dans une corbeille et tient son rosaire à la main ; la seconde porte un petit fagot de bois et de fougères. Elles s'arrêtent sur le pont, face au public.

Hier a passé; voici qu'aujourd'hui va finir inutile, Et de demain même je ne suis pas assurée. En cet état Le visage du dernier Empereur [misérable],

Pas un instant ne cesse d'occuper mon souvenir. « Pour les plus grands pécheurs il n'est pas d'autre retours; Qui seulement invoque le nom d'Amitâbha obtient de

[naître au Paradis (4). »

Pour le Seigneur souverain d'abord, Pour la Princesse-mère, pour tous ceux du clan, l'illu-

[mination parfaite !

Adoration à Amitâbha Buddha !

Oh ! on entend des voix du côté de notre retraite.

DAINAGON NO TSUBONE.

Veuillez vous reposer un instant ici.

On apporte un siège à l'Impératrice qui s'assied ; Dainagon no tsubone s'accroupit à côté d'elle. Quelquefois toutes deux restent simplement debout.

AWA NO NAISHI (signalant leur retour à l'Empereur). Voici justement la Nyôin qui revient par ce sentier.

l'empereur.

Or çà, laquelle est la Nyôin, et laquelle est Dainagon no tsubone?

AWA NO NAISHI.

Celle qui porte une corbeille de fleurs suspendue à son

C'est la Nyôin elle-même ; [bras,

Et celle qui porte du bois et des brins de fougères,

C'est Dainagon no tsubone.

Elle remonte vers l'extrémité du pont où elle salue l'Impératrice et lui annonce :

Holà! l'Empereur-moine s'est rendu jusqu'ici.

SHITE.

Combien est fort encore mon attachement (') à ce monde

[du Jambudvîpa (*) !

Je ne puis l'oublier. Et que le bruit de ma misère une fois

[de plus Vienne à se répandre Ç), alors se répandront encore mes

[larmes, teignant Ma manche (4). Ah ! que j'ai honte de l'état où je suis!

CHŒUR

Mais quoi qu'il en soit de ces pensées, ceux qui appartiennent à la Loi En la même voie mettent leur espoir (5). A la fenêtre de l'unique invocation (bis) Où je n'espérais que la lumière du Sauveur, A la porte de rameaux tressés des dix invocations Où je n'attendais que la venue des Saints (8),

OHARAGOKO 217

Oh ! ce soir (') d'aujourd'hui que je n'imaginais pas! Suis-je donc revenue aux jours d'autrefois? A ces souvenirs mes larmes coulent encore !

En vérité du Seigneur jusqu'en ces lieux La pensée pitoyable s'est étendue.

Que sa bonté est grande ! Et Ohara, Et l'étroit sentier de la campagne de Seriu, Et la source d'Oboro (*), ce n'est plus l'éclat de la lune, Mais celui de sa présence qui les illustrera.

Pendant ce chœur, Awa no naishi a pris la corbeille de fleurs que l'Impératrice avait déposée devant elle et est allée s'accroupir à droite devant le chœur. Puis l'Impératrice et Dainagon no tsubone commencent à descendre lentement et avec des arrêts vers la scène, où elles entrent pendant le rougi suivant.

CHŒUR

Or ça, cette visite impériale, En quelle saison eut-elle lieu?

SHITE.

Le printemps est passé; déjà l'été Est venu. C'est le temps de la fête du Nord (*). Les arbres d'été tout semés de feuilles vertes Gardent encore un reste du printemps regretté.

CHŒUR

Aux montagnes lointaines ces blancs nuages accrochés,

SHITE.

Ne sont-ils pas un dernier souvenir (*) des fleurs effeuillées?

CHŒUR

L'herbe d'été Pousse drue sur la lande, où çà et là Serpente à travers elle le chemin suivi, dont le terme

SHITE.

Est ici, oui, est ici,

En [ce temple de] la paix et de la lumière (!). Cette splen-

[deur Introublée de la lumière, ah ! comme il faut s'y attacher !

De cette lumière l'éclat est brillant Comme celui d'une perle. Aux branches des pins merveilleux enlacée, fleurit

SHITE.

Au-dessus de l'étang l'ondulation des glycines s'allon-

[geant vers l'été (") ;

CHŒUR

Elle aussi à la venue de l'Empereur

SHITE.

Semble s'être préparée.

CHŒUR

Cachées sous les feuilles vertes, les [fleurs des] cerisiers

[tardifs Ont plus de grâce même que les premières fleurs. Ah ! comme tout ici revêt un aspect singulier (l) ! O merveille ! daigne admirer l'Empereur. Oserai-je dire

OHARAGOKÔ 210

1 oute ma reconnaissance pour sa visite ? Mais cette porte de rameaux tressés ! Même un court

[instant Est-il donc possible que vous daigniez demeurer là (l)?(bis).

L'Impératrice et Dainagon no tsubone sont entrées en scène. Celle-ci va se placer devant le chœur, à côté d'Awa no naishi ; la première reste au milieu de la scène où elle s'accroupit tournée vers l'Empereur.

«Je ne l'avais pas pensé, qu'au fond des montagnes établissant ma demeure.

A la lune du séjour des nues je dusse jamais dire adieu (*) î » Au rappel de ces souvenirs,

Pour votre visite impériale jusqu'en ce pays de monta-

[gnes, Je me sens de plus en plus pénétrée de gratitude.

l'empereur.

Quelqu'un disait dernièrement que la Nyôin avait pu contempler de ses yeux le spectacle des six voies (5). C'est là, certes, une chose fort étonnante, car on ne saurait voir cela à moins d'avoir atteint au rang de buddha ou de bodhisattva.

SHITE.

Il plaît à l'Empereur de parler ainsi ; mais si je réfléchis « Si je considère mon être, a ce que je suis.

C'est une herbe dont les racines ont été arrachées du

[front de la rive ;

CHŒUR

Si je recherche ce qu'est ma vie,

C'est une barque qu'aucun lien ne retient au bord du

[fleuve (*). »

SHITE.

Eh bien, les joies des demeures célestes,

Je les ai connues (*); mais, perle de rosée sur une liane

Qui ne saurait durer longtemps, les années et les mois Ont enfin amené les cinq faiblesses du déclin (*);

SHITE.

Et c'est durant ma vie qui n'a pu y trouver son terme

CHŒUR

Que j'ai erré dans les carrefours des six voies. D'abord tout notre clan fut longtemps secoué sur les

[flots de la mer occidentale.

Dans ces bateaux qui ne savaient plus où aborder, Nous nous penchions en vain vers la mer ; L'eau était salée, et nous ne pouvions [même] pas boire. Et ce fut semblable aux [tortures de] la Voie des Prêtas (5) . Puis certaines fois,

Par la violence des vagues au rivage, contre les rochers Nous avions l'angoisse d'être lancés. [de la grève

De tous les bateaux s'élevaient alors des cris et des

[pleurs, Et ces clameurs étaient aussi effrayantes que celles des

[pécheurs dans le Râurava (*).

SHITE.

Lorsqu'on se battait sur terre,

CHŒUR

Alors en vérité on avait devant les yeux Les combats de la Voie des Asuras (5).

OHARAGOKO 221

Oh ! quelle chose terrifiante ! D'innombrables Chevaux on entendait retentir les sabots ; Et c'est le spectacle même de la Voie des animaux (') Qu'on apercevait. Mais voir, entendre ces choses, de la

[Voie même des hommes Devenait le comble des douleurs.

Oh ! lamentable extrémité où fut réduite ma triste vie î

l'empereur.

En vérité, que tout cela est intéressant ! Mais veuillez me raconter ce que furent les derniers moments du précédent Empereur.

SHITE.

Ah ! qu'il m'est pénible de vous dire ce qui se passa alors ! Nous étions à Hayatomo — c'est le nom, je crois — au pays de Nagato. Tout le clan avait résolu de se retirer pour le moment en Tsukushi ("). Mais le cœur d'Ogata no Saburô (s) avait changé. On décida alors de se retirer à la côte de Satsuma. Mais on en fut empêché par la marée montante (*). Voyant que le moment suprême était arrivé, Noritsune, gouverneur de Noto, saisit Aki no Tarô et son frère (8), et les tenant serrés sous ses aisselles l'un à droite l'autre à gauche, s'élance à la mer en criant : « Soyez les compagnons de mes derniers instants ! » Le nouveau chûnagon Tomomori saisit l'ancre de son bateau qui était au large (°), la charge sur son casque (7), et lui et son frère de lait Ienaga échangeant leurs arcs (8), se jettent à la mer.

Alors la Princesse-mère, sur sa double robe sombre (*) Relevant haut et passant à sa ceinture l'extrémité de son

[bakama (,0) de soie cuite ("), [S'écrie] : « Je ne suis qu'une femme, mais

Je ne tomberai pas aux mains de mes ennemis; Et j'accompagnerai le Seigneur souverain ! » Prenant par la main l'Empereur Antoku, elle s'approche

[du bordage ; Et comme l'Empereur demande : « Où allons-nous ? » « En ce pays, [dit-elle,] les sujets sont en trop grand Voyez combien ces lieux sont effrayants. [nombre ; Le Paradis, comme on appelle Ce séjour de délices, c'est là sous ces vagues : C'est là que je vais vous conduire. »

Ainsi elle parle en versant d'abondantes larmes. Alors : « Eh bien, je suis prêt », dit [l'Empereur]. Elle le fait se tourner vers l'Est (*) Pour prendre congé de la grande déesse Amateru ;

CHŒUR

Puis vers l'Ouest pour faire les dix invocations (*).

SHITE.

« Je le sais maintenant :

CHŒUR

Dans le courant de la rivière Mimosuso, Sous les vagues, tout au fond, il est aussi une capitale (3) », Ce fut sa poésie suprême ; [dit-elle.

Et ils s'enfoncèrent dans l'abîme de mille brasses (*). Moi aussi je m'y suis jetée à leur suite ; Mais des soldats des Minamoto m'en ont retirée, Et ma vie se poursuit inutile.

En revoyant une fois encore le visage de l'Empereur, Des larmes m'échappent hors de propos, et je suis honteuse de tordre ainsi mes manches (5).

Elle se voile la figure des extrémités de son bana no bosbi.

OHARAGOKO 223

Ah ! comment donc Ces regrets pourraient-ils jamais s'éteindre? Mais déjà voici qu'on invite l'Empereur au retour (bis). On presse la marche de son palanquin : Il a quitté le Jakkô-in ; il s'éloigne.

Pendant le chant de ces vers, le cortège s*est reformé comme à l'entrée de l'Empereur, et s'est mis en marche. Il disparaît peu à peu dans le kagami no ma, tandis que les trois femmes debout devant la cabane — quelquefois le sbite s'avance lentement jusqu'à l'extrémité gauche de la scène — le suivent des yeux.

SHITE.

La Nyôin à la porte de rameaux tressés

CHŒUR

Quelque temps le regarde s'éloigner ; Puis elle rentre dans sa retraite (bis).

iWTES

Page 206 :

(*) Ce personnage prend le titre de daijin, parce qu'il est au service direct de l'Empereur; techniquement parlant, c'est un waki-zure.

(*) Les différentes parties de ce costume ont été décrites précédemment, sauf Yatsu-ita, sorte de tunique de soie brochée ou de brocart, formant vêtement de dessous.

(*) Pour la commodité de la traduction, nous remplaçons par cette expression le titre officiel de « princesse de deuxième rang ».

(*) Titre officiel de Yoshitsune.

(3) L'épée, le miroir et la perle. Les Taira les avaient emportés en emmenant l'Empereur Antoku, et il était de toute importance pour le nouvel Empereur Go-Toba, intronisé par les Minamoto, de rentrer en possession de ces insignes sacrés du pouvoir impérial.

(6) Hôô, titre donné aux empereurs ayant pris l'habit religieux après leur abdication.

Page 207 :

(*) Le Heike monog.itari reproduit ici littéralement, à deux mots près, une poésie anonyme du Kokinshû, 1. XVIII, insérée aussi dans le Wakan rôei shû.

Page 208 :

(4) Allusion à un rôei de Tachibana Naomoto, inséré au Wakan rôei shû :

Gourde et calebasse souvent sont vides,

Et l'herbe est épaisse au sentier de Yen-yuan ;

Des ansérines ferment solidement l'entrée, Et la pluie mouille l'entrée du Yuan-hien.

Yen-houei, surnom Tseu-yuan, et Yuan-sseu, surnom Hien-san, sont deux disciples de Confucius dont le Maître eut occasion de louer le mépris des biens du monde et la pauvreté supportée avec une parfaite égalité d'âme. Le premier n'avait qu'une gourde et une calebasse pour mettre sa nourriture, et il lui arrivait d'en manquer ; il demeurait à l'extrémité d'un sentier où l'herbe avait poussé parce que personne n'y passait. Quant au second, indifférent au délabrement de sa maison, dont la porte était pourrie par l'humidité, il se délectait à jouer du kin. C'est leur misère surtout que Naomoto voulut évoquer, tandis que le Heike monogatari fait plutôt allusion à l'abandon dans lequel le monde les laissait.

(•) Shikimi; ses rameaux sont employés dans la confection des bouquets rituels offerts sur les autels.

Page 211 :

(*) Pour l'imiter et obtenir l'illumination et le salut.

(*) Quelques commentateurs voient ici une allusion à la jeunesse de l'Impératrice qui, fuyant la capitale, s'est allée cacher dans les montagnes.

(3) Fukami-gusa a en poésie le sens de « pivoine » ; il ne serait pourtant admissible ici qu'à titre de « rappel » des fleurs dont il vient d'être parlé.

Page 212 :

(*) Poésie de l'Empereur Go-Shiraka\va, insérée au 1. II du Senzaishù. D'après cet ouvrage, elle aurait été composée à l'occasion d'une visite à la résidence impériale de Toba. Le Heike monogatari et le Gempei seisui ki la rapportent à la visite à Ohara.

(") Au sujet de cette comparaison, voir ci-dessus, p. 195, n. 3 de la p. i85.

Page 213 :

(') Par une description écrite, par les ressources du style ; nous dirions : - par la plume ».

(•) Le Gempei seisui ki donne ce passage en chinois, ce qui porte à croire qu'il s'agit d'un ràei ; mais on n'en connaît pas l'origine.

(s) Voir plus haut le roei de Naomoto, p. 224. n. 1 de la p. 2b8.

Page 214 :

(') Ni regret du passé, ni haine contre ceux à qui je dois d'avoir tout perdu.

Page 215 :

(*) Texte sacré récité en guise de prière. Sous cette forme, il est tiré directement du Ojô yôshû, recueil composé par le moine Genshin (971-1046), en grande faveur à l'époque, plus connu et plus répandu que les ouvrages canoniques dont il s'inspire et fait des extraits.

(*) L'attachement à ce monde et à ses apparences est un des grands obstacles à la délivrance de l'illusion, au salut, et tant qu'il n'est pas détruit, soumet l'être à la succession des existences.

(*) Nom bouddhique de la partie du monde que nous habitons, au sud du mont Meru.

(') Qu'on vienne à parler encore d'elle et de ses malheurs à propos de cette visite.

(*) La couleur sombre de ses vêtements de nonne est attribuée aux larmes qu'ont fait couler les infortunes à la suite desquelles elle a quitté le monde.

(8) L'Empereur lui aussi a quitté le monde et s'est fait moine ; il n'y a donc pas de raison de ne pas le voir.

(6) Nen, que nous traduisons par •< invocation », est employé par le bouddhisme dans le sens de pensée dirigée vers le Buddha, amenant à prononcer son nom, à l'invoquer. Une seule invocation suffit à procurer le salut ; la répétition fréquente de ces élévations de la pensée prend le nom de tanen, « nombreuses invocations », ou junen, « dix invocations » ; leur multiplicité est comparée ici à l'entrelacement des rameaux tressés formant la porte de la maison. D'autre part, c'est une pieuse croyance qu'à la mort des fidèles, Amitâbha, le Sauveur, et son cortège de bodhisattvas et d'élus descendent au-devant d'eux pour les conduire au Paradis. Dans sa vie de recluse toute consacrée à la prière, l'Impératrice n'espérait, n'attendait plus que cette seule joie ; elle l'attendait par la grâce de ces invocations, comme on attend, on guette de la fenêtre ou de la porte l'arrivée d'un heureux message ; et c'est l'Empereur, la cour et tous les souvenirs de sa vie d'autrefois qu'elle voit venir à elle.

Page 217 :

(') Kure,ûn du jour, de l'année, par extension, terme, aboutissement. C'est en ce sens qu'il faut le comprendre ici, car le texte indique assez que la scène ne se passe pas au crépuscule.

(*) Environs d'Ohara célébrés en diverses poésies pour le calme et la limpidité de leurs nuits.

(3) La grande fête du temple de Kamo, qui se célébrait vers le milieu du quatrième mois.

(*) Katami, l'objet que laisse un mourant ou un partant pour se rappeler au souvenir de ceux qui restent.

Page 218 :

(*) Il y a ici un jeu de mots entraînant un double sens de toute la phrase, sur le nom du temple, Jakkô(-in), et celui de la plus élevée des quatre terres mystiques entre lesquelles l'école Tendai répartit les progrès dans la voie de la perfection, Jakkô-do, ■ terre delà paix et de la lumière ». Au Jakkô-do ne résident que les buddhas accomplis ; suivant une formule technique, c'est le lieu du dharmâkaya ; c'est à proprement parler le nirvana. A cette terre, ou pour employer une expression plus littéraire, à cette « cité de la paix et de la lumière », on ne parvient que par la voie d'une longue pratique de toutes les vertus, voie dont le chemin qui conduisit à ce temple autrefois l'Impératrice et aujourd'hui l'Empereur — caria phrase est ainsi construite qu'elle peut se rapporter aux deux personnages — évoque le souvenir et devient un symbole.

(*) Il est impossible de rendre le double sens de la phrase japonaise : ondulation des glycines semblable à celle des vagues de l'étang qui se propage et s'étend sans cesse, floraison des glycines qui dure et se poursuit du printemps jusqu'à l'été.

(s; Dans ces montagnes les choses semblent nouvelles, et leur aspect est différent de celui qu'elles ont à la capitale.

Page 219 :

(*) Le texte indique assez qu'ici le chœur se substitue successivement aux deux interlocuteurs.

(*) Poésie que le Heike monogatari et le Gempei seisui ki attribuent à l'Impératrice lorsqu'elle se retira à Ohara.

(3) Les six voies ou modes d'existence entre lesquels se répartissent tous les êtres, savoir : les dieux, les hommes, les asuras, les prêtas, les animaux et les démons.

(*) Rôei de Lo-wei, inséré au Wakan rùei shu.

Page 220 :

(') Au temps de sa splendeur, lorsqu'elle était Impératrice, comme l'explique le Heike monogatari.

(') L'Impératrice s'est comparée aux devî ou aux apsaras ; de celles-ci la vie est très longue ; elle a pourtant un terme dont l'approche se révèle par l'apparition de cinq signes de décrépitude, go sut. Un instant aussi heureuse que celle des devî, l'existence de l'Impératrice n'est pourtant pas plus durable que celle de la rosée, et déjà elle a connu le déclin. La mention de la liane n'a pour but que de fournir une transition entre la rosée qu'elle porte et la durée de la vie, la liane « appelant »> la longueur, et celle-ci étant « reportée » sur la durée.

(3) Fantômes souffrant de la faim et de la soif, et qui durant leur existence « n'entendent même pas le nom de l'eau ».

(*) L'un des huit grands enfers bouddhiques, dans lequel les tourments arrachent sans cesse d'horribles cris aux damnés.

(5) La Voie des Asuras, sortes de génies d'une taille gigantesque, n'est qu'un combat acharné et sans repos.

Page 221 :

(') Il ne s'agit pas ici des seuls chevaux, et la comparaison a un sens plus large. Les animaux, esclaves des hommes, sont obligés de travailler, de souffrir, de mourir pour leurs maîtres : tels ces malheureux soldats qui se battaient et mouraient pour obéir à leurs chefs.

(■) Partie nord-ouest du Kyûshû.

(s) Puissant seigneur de ces régions qui abandonna le parti des Taira et passa aux Minamoto.

(*) La marée détermine dans le détroit de Shimonoseki des courants extrêmement violents qui durent exercer une grande influence sur l'issue de la bataille. Yoshitsune ne manqua pas de choisir pour attaquer l'heure à laquelle le courant le favorisait et gênait les manœuvres de ses adversaires,

(B) Qui l'assaillaient des deux côtés à la fois.

(s) C'est-à-dire qui n'était pas échoué sur le rivage, comme l'étaient à ce moment un grand nombre des bateaux des Taira.

(7) Pour être sûr de couler à fond et de ne pas être fait prisonnier.

(8) Ou se tenant par leurs arcs, comme le proposent quelques commentateurs.

(•) De couleur de deuil.

OHARAGOKO 229

(10) Large pantalon bouffant que les femmes de qualité portaient par dessus leurs robes.

(**) L'opération dite « cuisson » de la soie a pour effet d'assouplir le tissu.

Page 222 :

(*) Dans la direction du temple dise.

(*) Direction du Sukhâvatî, le paradis d'Amitâbha.

(3) La rivière Mimosuso est celle qui coule devant le temple d'Ise. Cette poésie, donnée par le Heike monogatari et le Getnpei seisui ki, ne peut s'entendre du palais du Dragon, comme on l'a proposé. L'interprétation paraît devoir en être cherchée moins loin : la princesse a vu autrefois se refléter dans l*eau claire de la Mimosuso le temple d'Ise et le cortège impérial qui s'y rendait; ce souvenir lui revient au moment où elle parle d'un pays de délices caché sous les vagues.

(*) Nom poétique de la mer.

(8) Expression assez fréquente, signifiant que les larmes coulent avec assez d'abondance pour tremper les longues manches qui les essuient.

AYA NO TSUZUMI

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