‹ Cinq Observations d'Anémies Graves de la Grossesse Suivies de GuérisonChapitre 7 sur 24 · PEN AN ES · texte numérisé non relu

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ma anémie pernicieuse cryptogénétique. Il la croyait même tout d’abord spéciale aux femmes enceintes (et même à celles du canton de Zurich). Mais, une fois connu le syndrome de Biermer, on ne tarda pas à s’apercevoir qué ce syndrome pouvail se rencontrer chez l’homme, dans tous les pays et dans les circonstances les plus variées. Tous les cas présentant ledit syndrome furent alors rangés sous la rubrique d’anémie pernicieuse cryplogénétique ; on en fut quitte pour séparer successivement de ce bloc les formes dont on parvenait à élucider, une à une, les éliologies et qui, de ce fait seul, passaient dans la catégorie des anémies symptomatiques.

On peut dire, avec AUBERTIN, que, si les anémies cryptogénéliques sont peut-être celles qui présentent avec !? plus de pureté le tableau de lanémie grave, les anémies symptomatiques n'en diffèrent guère, au fond, que parce que nous en connaissons les causes. Toutes les anémies ont une physionomie commune, avec seulement des différences de détail, et sans qu'aucun trait soit propre à l’une ou à l’autre. Deux cas d’anémies symptomatiques de la même affection pourront même différer davantage que ne différeront deux cas symptomatiques de deux affections différentes.

Bref, l’anémie pernicieuse, à vrai dire, n’existe pas en temps que maladie; mais les diverses anémies, quelles qu’en soient leurs causes, se traduisent, — une fois arrivées à un certain degré d'intensité, — toujours par les mêmes symplômes qui constituent le syndrome de l’anémie grave,

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Ce syndrome est essentiellement caractérisé par une déglobulisalion considérable, le taux des globules rouges étant en général inférieur à 2.000.000 par mme. ; celte déglobulisation est progressive et s'accompagne de symptômes cliniques qui sont en rapport direct avec elle. II est admis, depuis les travaux d’Aubertin, qu’il existe deux modalités d’anémie graves, différentes surtout au point de vue hématologique : l’anémie aplastique, très rare, et l’anémie plastique beaucoup plus fréquente et que nous décrirons en premier lieu.

Le syndrome anémique peut survenir à n'importe quel âge, chez l’homme aussi bien que chez la femme, mais plus fréquemment chez celle-ci. Sa cause déterminante peut rester totalement inconnue ou bien se rattacher (effectivement ou apparemment) à des causes physiologiques (privations, surmenage) ; à des infections aiguës ou chroniques (syphilis, tuberculose, cancer) ; à des intoxications (par le plomb, l’oxyde de carbone, l’aniline); à des affections parasilaires (paludisme, ankylostomiase) ; à des troubles gastriques et intestinaux, parfois à une néphrite. Ces causes agissent directement ou bien préparent le terrain. Il pourra arriver qu’une anémie, crue symptomatique d’une affection concomitante, ne soit reconnue essentielle que parce que le traitement causal aura amélioré cette dernière sans avoir eu la moindre action sur l’anémie.

L’anémie s’installe insidieusement ; elle est déjà avancée quand le malade vient consulter, Le plus souvent, c'est pour une faiblesse progressive qui n’a inquiété le sujet que par sa persistance et son accroissement progressif. On note, souvent aussi, d’une façon précoce, un dégoût profond et invincible pour les aliments.

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