MITES
sieurs les Cardinaux-Ducs et de Lyou , cl à Monsieur le Chancelier de tout ce qu’il luy avoit dit, et demeura ce mesiuc Père longtemps eu coufércnce avec Sou Eminence Ducale , encore qu elle ne se laissoit vepir pour lors à personne.
» Le sepliesuic, Monsieur le Chancelier fut visiter Moftsicur de Cinq-Mars, et le traita fort civilement, lay disant qu’il u’avoilpoiut sujet d’appreheuder , mais bieu d’espérer toute chose à son advantage , qu’il sçavoil bien qu’ü avoit à faire à uu bon juge , qui u’avoit garde d’estre mcscouuotssant des faveurs qu’il avoit recettes de son bienfaiteur. Qu'il sçavoil très bien que c’estoit par ses boutez cl son pouvoir, que le Roy ne l'avoit pas dépossédé de sa charge; que cette faveur estoit si grande qu elle ne mériloit pas seulement un souvenir immortel, mais des rcconnoissanccs infinies : et que c’estoit dans les occasions qu’il les y feroit puroistre. Le sujet de ce compliment estoit pris sur ce que Monsieur Le Grand avoit adoucy une fois le Roy, qui estoit en grande colère contre Monsieur le Chancecelier; mais la véritable raison de ces civilitcz estoit la crainte qu’il avoit qu'il ne le refusas! pourjuge, et qtt'iln’appelastau Parlement de Paris pour estre délivre par le peuple qui Caj niait passionnément.
* Monsieur le Grand luy respondit que cette civilité le reruplissoit de honte cl de confusion ; mais pourtant, dit-il, je voy bien que de la façon que l'on procède à mon affaire , l’on en veut à ma vie; c'est fait de may , Monsieur, le Boy ui’a abandonné. Je ne me considéré que comme une victime qu'on va immoler à la passion de mes ennemis et à la facilité du Roy. A quoy Monsieur le ChJbcelier repartit que ses sentiments n'estoient pas justes, et qu’il en avoit des expériences toutes contraires. — Dieu le veuille, dit Monsieur le Grand , mais je ne le puis croire.
» Le t) , Monsieur le Chancelier l’alla ouyr, accompagne de six Maistres des llcqueslcs, de deux Présidents et de six Conseillers de Grenoble, duquel après l'avoir interrogé depuis les sept heures du matin jusques à deux heures après midy, ils ne purent jamais rien tirer des cas à luy imposez. >
Ce rapport qui , ainsi que je l’ai dit , fut imprimé à la suite de la lettre de M. de Marca , donne encore ce trait curieux , qui atteste la présence d’esprit incroyable de M. de Thou :
« Après sa confession , il fut visité par le Père Jean Terrasse , gardien du couvent de l’Observance de Saint-François de Tarascon ,