IGNORANCE ET PRÉJUGÉS
indigènes plus doux, plus bienveillants qu'ils n'étaient en effet.
Quant au tabou, les missionnaires ont employé cette expression pour désigner tout ce qui était défendu par la loi de Dieu, le vol, le meurtre, l'adultère. Ils se sont emparés du mot, si l'on veut, mais non pas de la chose, et le peu que nous avons dit de leurs travaux prouve assez qu'ils n'étaient pas de vulgaires ambitieux.
L'auteur des lignes citées plus haut semble croire que « la bastonnade et les pénibles travaux des routes, » ont été pour les missionnaires un moyen de propagande. Nous croyons avoir montré suffisamment que s'il y eut oppression, ce fut de la part des chefs et non de la part des pasteurs, et que ceux-ci réprouvèrent toujours les moyens coercitifs employés soit contre les païens, soit contre les catholiques. Il existe même une lettre de Tameamea III, dans laquelle il justifie entièrement les missionnaires protestants à cet égard et accepte pour son gouvernement toute la responsabilité des lois pénales édictées et appliquées en cas de délit religieux.
« Avec ces moyens, » poursuit le voyageur cité par M. Figuier, « on est parvenu à mo-