CH. IV. — DANS LES PROVINCES DE L’OUEST
plement permettra d’entrevoir plus facilement l’avenir de l’élément français dans les provinces des prairies.
Lors de l’incorporation du Manitoba dans la Confédération, il y avait, dans cette province environ 25.000 habitants. Le recensement de 1881, en dénombre 62.260, dont 9.949 de langue française. Ce chiffre s’élève à 11.102, en 1891 ; à 16.021, en 1901 ; à 30.944, en 1911 et à 40.638, en 1921, sur un ensemble de 610. 118 habitants.
Si le nombre des Canadiens-Français n'a cessé de s’accroître de recensement en recensement, par contre la proportion n’a cessé de s’abaisser devant l’afflux des immigrants étrangers. En 1881, ils représentaient encore 1 /6e de la population ; en 1921, ils n’en représentent plus guère que 1 /15e.
Nombreux à l’origine, les métis français ont vu leur proportion s’abaisser également d’une manière régulière. Comme les sauvages, ils ont peu à peu vidé les lieux. En majorité en 1870, ils ne sont plus que 5.332, sur 16.012 habitants de langue française en 1901, c'est-à-dire un tiers et l’écart n’a fait que s’accentuer depuis lors.
Bien plus encore que dans le nouvel Ontario, il est difficile d’établir un tableau comparatif entre le recensement de 1921 et les recensements antérieurs, par suite des modifications nombreuses survenues dans la délimitation des circons-
CANADA
criptions territoriales. Non seulement des comtés nouveaux apparaissent pour la première fois, non seulement des comtés ont été découpés ou apparentés à d’autres pour des superficies plus ou moins étendues, mais encore le service du recensement a jugé bon de faire table rase de toutes les anciennes délimitations et de créer, de sa propre initiative, des divisions nouvelles, plus ou moins arbitraires et ne correspondant en rien au système antérieurement établi.
C’est ainsi que tel ou tel comté se trouve disséqué et partagé entre plusieurs divisions. Il est impossible, dans ces conditions, de se livrer à l’aide des documents publiés, à un travail de regroupement que seuls les recenseurs seraient capables d’effectuer. Et ce nouveau classement a été fait pour les trois provinces des prairies, précisément celles où il serait le plus intéressant de suivre la progression de la population.
En prenant le travail par la base, c’est-à-dire par la plus petite fraction, la paroisse, il n’est pas plus facile d’établir un état comparatif, car telle paroisse présentée dans son entier en 1911, ne l’est plus que par fractions en 1921. Bien plus, il en est qui, existant toujours, ne sont plus dénombrées. C’est ainsi que la paroisse de Notre-Dame de Lourdes (comté de Macdonald), mentionnée avec 442 habitants en 1911, est représentée par un blanc en 1921 ! Qu’est-