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CH. IV. — DANS DES PROVINCES DE L’OUEST

ce que les recenseurs ont bien pu faire de ses habitants, car la paroisse, non seulement n’a pas disparu, mais encore est florissante et prospère.

Il est toutefois des observations qu’il est possible de formuler pour des cas spéciaux, pour Saint-Boniface, par exemple.

Centre intellectuel et religieux des Canadiens- Français et leur place d’armes au Manitoba, Saint-Boniface n’a pas pu maintenir sa situation originelle. En 1881, sur 1.283 habitants, on en comptait 971 de langue française, soit les 3 / 4 de la population. En 1901, sur 2.019 habitants, on relève encore 1.484 Canadiens-Français. En 1911, ceux-ci sont au nombre de 3.443, sur 7.483, soit un peu moins que la moitié. Ce n’est qu’en y ajoutant 347 Belges, que l’élément français retrouve tout juste la majorité. Enfin en 1921, celui-ci n’est plus représenté que par 4.814 unités sur un ensemble de 12.821, soit le tiers.

C’est là, il faut le dire bien vite, une exception, puisque la population française de la province s’est accrue de 10.000 unités pendant la dernière décade.

C’est dans le sud du Manitoba, sur les bords de la rivière Rouge, que l’élément français est le mieux groupé. Il y a là, d’après la nouvelle méthode de classement des recenseurs, 4.312

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Canadiens-Français dans la division de Provencher, 5.013 dans celle de Morris, 15.639 dans celle de Saint-Boniface et Winnipeg, soit près de 25.000 sur les 40.000 de la province. Sans former une masse compacte, ils présentent cependant, territorialement parlant, des groupes unis les uns aux autres.

Plus à l’ouest, dans le comté de Macdonald, il y a encore d’importantes paroisses aux noms "bien français, comme Saint-Alphonse, Notre- Dame de Lourdes, Saint-Claude, Saint-Léon, etc., qui, sans former un bloc, sont cependant assez rapprochées pour se soutenir et s’étayer réciproquement.

Bnfin, plus au centre de la province, il existe dans le comté de Dauphin, entre le lac de ce nom et le lac Manitoba, un petit groupe français d’environ 3.000 âmes, autour de Sainte-Rose du Lac, Sainte- Amélie, Laurier, qui, non seulement se soutient fort bien, mais encore fait tout doucement la tache d’huile. Le village de Sainte-Rose, qui ne renfermait que 292 habitants en 1901, en comptait 527 en 1911 et 816 en 1921, en grande majorité de langue française.

Que tous ces groupes continuent à se développer comme ils le font, grâce à leur remarquable natalité, et ils se trouveront assez solidement plantés pour devenir indéracinables. Que ne

OU EST- C AN AD I E I\1 . Principaux groupes fronçais

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feraient-ils pas si, au lieu de se voir envahis par des étrangers de toutes les races et de toutes les religions, ils recevaient seulement une petite partie des Canadiens du Québec qui vont abdiquer leurs origines et leur langue aux États-Unis et voir se fondre leurs descendants dans le creuset américain.

On a beaucoup discuté sur la question de savoir quelle utilité, présentait, pour les Canadiens-Français, le peuplement des provinces de l’ouest, quel rôle ils pouvaient y jouer et quelle influence ils y exerçaient au milieu de la population bigarrée qui les entoure.

Dans une série de lettres sur la colonisation par les Canadiens-Français, lettres publiées dans Y Echo de l’Ouest, il y a une vingtaine d’années — c’était en 1908, notamment — l’abbé Bérubé, curé de Vonda (Saskatchewan), qui se dépensa sans compter pour le peuplement français de sa région, faisait ressortir tout l’intérêt que présente la question.

« Je déclare, disait-il, sans crainte de contradiction, en appelant au témoignage de tous ceux qui ont visité l’ouest, que tous nos Canadiens- Français qui restent fidèles aux principes puisés dans la province de Québec, se font hautement respecter. En fait ils commandent une influence dix fois plus grande que leur nombre ne leur permettrait. Pour dire toute ma pensée, j'ajou-

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