CH. III. — LE PEUPLEMENT FRANÇAIS
avaient pris un développement inattendu. D’un autre côté, sur les confins du Bas-Canada, les Canadiens-Français avaient réussi à s’infiltrer peu à peu dans le Haut-Canada.
En 1871, le nombre des Canadiens-Français résidant dans l’Ontario s’élevait à 75.283, sur une population totale de 1.620.851 habitants. Il passait à 102.743, en 1881, pour redescendre à 101.123, en 1891, année du recensement Johnson. En 1901, il atteignait 158.671, ayant doublé en trente ans, puis, en 1911, 202.442 et, en 1921, 248.275 sur une population totale de 2.933.662 habitants. En 1871, les Canadiens- Français représentaient plus de 4,50 % de la population totale ; en 1921, ils en comprevaient environ 8,50 %. D’augmentation, d'une décade à l’autre, est de 43.771, en 1911, et de 46.033 en 1921. A ce taux d’accroissement il y aura environ 300.000 Canadiens-Français au recesement de 1931 et vraisemblablement un demimillion peu de temps après.
Si, dans la province de Québec, les Canadiens- Français forment masse, dans celle d’Ontario ils sont dispersés aux quatre coins de la province. En les prenant suivant leur emplacement géographique, on peut les répartir en quatre groupes : celui de l’est (comtés de Prescott, Russell, etc.) ; celui du nord-ouest (nouvel Ontario) ; celui du sud (Essex) ; celui de l’ouest (Simcoe),.
CANADA
ce dernier, de beaucoup le moins important, mais intéressant à suivre.
Le groupe de l’est, encadré entre le Saint- Laurent et la rivière d’Ottawa, est établi dans un angle qui pénètre dans la province de Québec. Cette position géographique a eu une grande influence sur son peuplement français, les Canadiens du Québec débordant sur trois côtés les comtés de Prescott, Russell et Glengarry, qui forment la pointe de la province et étant ainsi plus facilement portés à y pénétrer. Comme dans les cantons de l’Est, leur infiltration lente, mais persistante, a eu pour conséquence, d’amener le recul de l’élément anglais qui cède, peu à peu, la place aux nouveaux arrivants. Dans Prescott, les Canadiens-Français forment les quatre cinquièmes de la population et, dans Russell, la proportion est à peu près la même.
Le mouvement de pénétration a fait la tache d'huile, car il s’est étendu progressivement aux comtés voisins de Glengarry, Stormont, Carieton et à la capitale fédérale, Ottawa. Partout l'élément français s’accroît à chaque recensement ; tandis que l’élément anglais subit des vicissitudes diverses : tantôt il diminue, tantôt il augmente, ou reste stationnaire. L’ensemble des cinq comtés énumérés ci-dessus et de la capitale fédérale donnait, en 1881, un total de 54.142 Canadiens-Français et de 93.787 Cana-
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die ns -Anglais. En 1921, les premiers sont 94.515 et les seconds 129.463. I/élément français s’est accru de 40.373 unités et l’élément britannique de 35 .676 seulement durant cette période.
Ee tableau suivant permet de suivre la marche progressive des Canadiens Français et Anglais dans le groupe de l’est d’Ontario.
Comtés
Prescott
Can.
Fr.
Can.
Ang.
Russell.