ON
vrai-je faire si je rencontre un ami qui veuille échanger avec moi une poignée de main”?
L'évêque se mit à rire et répliqua : — Dites à votre ami que vous êtes pressé et continuez votre chemin aussi vite que possible. Si vous ne pouvez faire autrement, parlez et plaisantez avec lui sans aucun scrupule de conscience. Le seul point important dans toute cette délicate matière, c’est que le peuple sache le moins possible que nous portons notre bon- Jieu par les rues, incognito, dans nos vêtements. Le jour où il viendra à trop le savoir, il commencera à mettre en doute que nous ayons le pouvoir de changer le pain en Dieu. Le commun du peuple est attaché à notre sainte Église, beaucoup plus que nous ne le pensons, par les imposantes cérémonies de nos processions et par les marques publiques de respect que nous donnons à Jésus-Christ lorsque nous le portons aux malades. Car le peuple est plus facilement persuadé par ce qu'il voit de ses yeux ou touche de ses mains, que par ce qu'il entend de ses oreilles.
Je me soumis à l’ordre de mon supérieur ecclésiastique; mais je manquerais d’honnêteté si je n'avouais pas que, pendant quelque temps, je perdis beaucoup de mes jouissances spirituelles dans l’admiuistration du viatique. Je continuai à croire aussi sincèrement que je le pouvais; mais les paroles moqueuses et le ton léger de mon évêque étaient tombés sur mon âme comme un brouillard gacé. La manière frivole dont il avait parlé de ce qu'on m'avait appris à considérer comme le plus vénérable ei le plus redoutable mystère de notre sainte religion, laissa dans mon esprit l'impression qu'il ne croyait pas lui-même un iota du dogme de la transsubstantiation. Et, en dépit de tous mes efforts pour me débar-
rasser de ces soupçons, ils se présentsient à mo pensée et poussaient de plus profondes racines, chaque fois que j'’abordais l'évêque pour lui parler sur quelque sujet du ministère. Il se passa plusieurs années avant que je pusse m'habituer à porter, comme faisaient les autres prêtres, mon bon-dien dans les poches de mon gilet, sans plus de céré. monie qne si c’eût été une blague à tabac, Tant que je marchais seul, je me trouvais heureux; je pouvais, silencieusement, converser avec mon Sauveur et lui iémolsner toui mon amour et toute mon adoration. J'avais l'habitude alors de répéter le 102% ou le 506 Psaume de David, le Te-Deum, ou quelque autre bel hymne, comme le Pange lingua, que je savais par cœur. Mais aucune parole ne saurait exprimer ma tristesse lorsque je rencontrais quelque ami qui, traversant la rue, voulait me presser la main et engager une conversaiion oiseuse. Il me fallait alors faire des effor:: inouis pour couvrir ma face d'un masque d’indifiérence, afin de cacher complètement l'expression de foi qui se montre en dépit de soimême quand on est absorbé par les sentiments d’une profonde adoration.
Gomme je maudissais alors le jour où mon pays était tombé sous le joug de ces protestants, dont la présence à Québec m'empêchait de suivre les inspirations de ma conscience! Comme je trouvais pesantes les chaînes avec lesquelles ces hérétiques avaient lié mes mains et mes pieds! Combien de fois je priai ardemment mon dieu galette, que je pressais dévotement sur mon cœur, de nous donn:" l’occasion de briser nos fers, et de détruire à ja: le pouvoir que la s:otestante Angleterre : ‘ait ‘ nous! Alors nous ai::°ns été libres, comm: :.1t la conquête, de rendre à notre Sauveur tou: !:: honneurs pu-
ent à ma ines, chaparler sur plusieurs à porter, bon-dien de céré Tant que * pouvais, eur et lui 1doration.
2 ou le que autre Je savais exprimer ami qui, in et enlait alors face d'un lètement t de soints d’une
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blics qui étaient du Nous pourrions alors appliquer les loi nos ancêtres, d’après lesquelles au n'avait le droit de s'établir ou de viv
S à son amour et à ga majesté, S si sages de cun hérétique re au Canada!
XXII, La simonie; commerce étrange et Sacrilége du
sang de Jésus-Christ: Société des Trois Messes et Société d'une Messe.
Pendant une des heures délicieuses que nous passions invariablement après diner d
ans le salon du presbytère, mon collègue, l’abbé Parent, dit au curé Tétu :
— Ce matin, j'ai remis à l'évêque plus de cent dollars comme prix des messes que mes pieux pénitents m'ont prié de dire pour les âmes du purgatoire. Chaque semaine je dois faire la même chose, ainsi que chacun de vous; or nous savons que parmi les centaines de prêtres du Canada il n’y en a pas un seul qui n’en donne presque autant, Maintenant, j'aimerais savoir comment l'évêque dispose de toutes ces messes, et ce qu'il fait de ces grosses sommes d'argent qui tombent dans ses mains de tous les coins du pays. Celte question: m'intrigue, et je désirerais là-dessus savoir votre opinion.
Le curé répondit en plaisantant :
— Si les messes qu'on nous paye et qui tombent dans les mains de l’évêque, sont toutes célébrées, le purgatoire doit se vider deux fois par jour. Car j'ai calculé que l'argent donné chaque jour pour ces messes ne s'élève Pas à moins de 4,OL0 dollars ; et, Comme il y a aux États-Unis trois fois plus de catholiques qu'ici, et que les catholiques irlandais ont
beaucoup plus de dévotion que les Canadiens envers
sans exagération, que 16,000 dollars au moins sont journellement donnés, dans ces deux pays, pour faire verser de l’eau froide sur les flammes brülantes de cette terrible prison.
Maintenant, ces 16,000 dollars qui sont donnés chaque jour pour des messes, multipliés par les 365 jours .de l’année, forment la jolie somme de 5,840,000 dol. lars, qui sont annuellement consacrés à cet objet en messes basses!
Mais, comme nous savons tous que l’on paye les grand'messes plus du double que les messes basses, il est évident que plus de 41,680,000 dollars sont dépensés chaque année dans la seule Amérique du Nord, afin d’aider les âmes à sortir du purgatoire.
Si ces millions de dollars ne rendent aucun service aux âmes du purgatoire, ils ne sont pas sans profit pour nos pieux évêques et nos saints-pères les papes, entre les mains desquels la plus grande partie restera jusqu’au jour du jugement. Car il n’y a pas dans le monde entier un nombre de prêtres suffisant pour pouvoir dire toutes les messes qui sont payées par le peuple.
Je ne sais pas plus que vous ce que les évêques font de ces millions de dollars : je suppose qu'ils les consacrent à leurs bonnes œuvres secrètes. Mais il est évident qu’il y a là un sérieux mystère. Je ne voudrais pas dire, cependant, que les évêques yankees et canadiens avalent ces grosses piles de dollars comme de savoureuses oranges, et qu’ils ne sont qu'une bande d’escrocs, qui en emploient d’autres, appelés Têtu, Baillargeon, Parent, Chiniquy, etc, pour remplir leurs trésors. Mais si vous voulez savoir mon opinion sur cette matière délicate, *? vous dirai que moins nous y penserons et en parlerons, mieux
les âmes du purgatoire, il s'ensuit qu’on peut dire,
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ce sera pour nous. Toutes les fois que ma pensée se dirige vers ces fleuves d'argent qui coulent jour et nuit des petites bourses de nos pieuses mais bien pauvres populations, dans nos mains, et de nos mains dans celles des évêques, je me sens comme suffoqué. Si je me trouve à table, je ne’puis ni boire ni manger; et quand je suis au lit, je ne puis pas dormir. Or, comme je veux manger, boire et dormir, je repousse ces pensées aussi loin que possible, Et je vous conseille d’en faire autant.
Les vicaires parurent disposés à accepter la conclusion du curé. Mais, comme je n'avais pas encore ouvert la bouche, ils me demandèrent de leur donner mon idée sur ce désagréable sujet. Ce que je fis de la manière suivante :
— Îl y a dans notre sainte Église beaucoup de choses qui semblent des taches noires. Mais je crois que cela n’est dû qu’à notre ignorance. Nu! doute que ces choses nous paraîtraient aussi blanches que la neige si nous pouvions les voir telles qu'elles sont. Nos saints évêques, avec la majorité des prêtres catholiques des États-Unis et du Canada, ne peuvent être cette bande de voleurs et d’escrocs, dont les fantômes glacent le sang de notre digne curé. Tant que nous ne saurons pas ce que les évêques fon! des innombrables messes qui leur sont payées, je préfère croire qu’ils agissent comme des hommes honnêtes.
J'avais à peine dit ces quelques paroles, que je fus appelé pour aller visiter un malade; et la conversation finit là.
Huit jours après, j'étais seul dans ma chambre lisant L'Aini de la Religion et du Roi, journal de Paris, publié par Picot. Ma curiosité ne fut pas peu excitée lorsque, en tête d’une page, je lus en grosses
lettres : te piété du peuple canadien-fran-
çai
La lecture de cette page me fit verser des larme de honte, et elle ébranla ma foi jusque dans ses fondements. Incapable de me contenir, je courus aux chambres des vicair. «du curé, et je leur dis :
— Îl n'y a que quelques jours, nous avons essayé, mais en vain, de savoir ce que deviennent les énormes sommes d'argent que le peuple fait passer par nos mains dans celles des évêques, pour avoir des messes, Voici la réponse : j'ai la clef de ce mystère, digne des âges les plus ténébreux de l'Église. J'aimerais mieux é‘re mort que de voir de mes yeux une telle aboraination!
Nous lûmes alors cet article, dont la teneur était que le très vénérable évêque de Québec n':vait pas envoyé moins de 200,000 francs, à différentes reprises aux prêtres de Paris, pour leur faire dire un million de messes, à cinq sous la pièce.
Nous avions là la triste preuve que notre évêque avait extorqué à notre pauvre peuple, sous prétexte de sauver les îmes du purgatoire, 800,000 francs!
Cet article tomba sur nous comme un coup de foudre. Pendant long emps nous nous regardämes les uns les autres, sans pouvoir prononcer une seule parole. Nos langues étaient comme paralysées par la honte. Nous avions l’uir de vils criminels qui viennent d’être pris sur le fait.
Enfin, Baillargeon, s' iressant au curé, dit
— Est-il possi! : que nos évêques soient des escrocs et que no let servions d'instruments pour tromper le peupic? Que dirait ce peuple s’il savait que non seulement nous ne disons pas les messes pour lesquelles il nous remplit les mains de son argent, si péniblement gagné, mais que nous en-
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pour cinq sous? Que penserait-il de nous tous, s'il savait que nos évêques empochent vingt sous sur chaque messe que nous devons dire à son intention?
Le curé répondit : — Il est vraiment heureux que notre peuple ignore cette opération financière de nos évêques : car il nous jetterait certainement tous dans la rivière. Tenons ce honteux commerce aussi secret que possible. Car en quoi consiste la simonie, si ce trafic n’en est pas?
Je répliquai: — Comment pouvez-vous espérer de garder le secret sur ce commerce infâme, lorsque non moins de 40,000 exemplaires de ce journal circulent en France, et qu’il en arrive plus de cent exemplaires aux États-Unis et au Canada. Le danger est plus grand que vous ne le supposez : il est à nos ;0rtes, N'est-ce pas à cause de pareils crimes, publiquémnent reconnus, et des vils tours d'escamotage du clergé de France, que la nation française en géuéral, a °n seulement perdu tout vestige de religion, mais à condamné à mort, il n'y a pas encore un demi-siècle, tous les prêtres et. tous les évêques de France, comme des malfaiteurs?
Mais cette opération mercantile de nos évêques revêt encore un caractère plus odieux lorsqu'on ait que ces messes de cinq sous qui sont dites à Pari ne valent pas un sou. Car qui ignore parmi nous que la plus grande partie des prêtres de Paris sont
plus qu’à moitié incrédules, et que beaucoup d’entre eux vivent publiquement une vie de débauche?
Notre peuple nous confierait-il son argent, si nous ons assez honnêtes pour lui apprendre que ces messes sont dites à Paris pour cinq sous, par de tels
voyons ces messes à Paris, afin de les faire dire
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tons son argent, à la condition, bien entendu, que nous offrirons à son intention le saint sacrifice, tandis que nous l'envoyons en France, pour en disposer d'une manière si criminelle?
Mais si vous me permettez d'ajouter quelques mots, je vous parlerai d'un autre fait étrange, étroitement lié à cette opération simoniaque,
— Vous souvenez-vous comment vous fütes enrôlés dans la société des trois messes? Qui de nous aurail pensé que par la nouvelle obligation que nous nous imposions, la plus grande partie de l’année serait employée à dire des messes par les prêtres, et qu'il nous deviendrait impossible de satisfaire aux pieuses demandes du peuple? Nous appartenions déjà à la société de la bienheureuse Vierge Marie et de Saint- Michel, ce qui élevait à cinq le nombre des messes que nous devions célébrer pour chaque prêtre défunt. Éblouis par l’idée qu'à notre mort il serait dit pour chacun de nous 2,000 messes, nous mordimes, comme des poissons affamés, à l’appât que nous présentait l'évêque, sans réfléchir à l’hameçon,
En conséquence, nous avons dû dire 165 messes pour les 33 prêtres qui sont morts depuis une année. Ce qui signifie que chacun de nous a payé à l'évêque 4 dollars pour des messes qu'il a fait dire à Paris pour 8 dollars. Chaque messe que nous célébrons ici pour un prêtre défunt, est une messe que l’évêque envoie à Paris, et sur laquelle il prélève À franc. Par conséquent, plus il enrôle de prêtres dans sa société des trois messes, plus il empoche de francs, dont le peuple et nous sommes fraudés. De là son incroyable zèle pour attirer chacun de nous dans sa société des trois messes.
Ge n’est pas la valeur de l’argent que notre évêque nous arrache si habilement des mains, que je consi-
dère. Ma:
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de sa sim de l’anné fice des les messe nellement faire pass qui les e sur chacu Mais p passé n’es dans nos M. Têt du passé; quelque r — Jen notre dis tées, capa Église au rapide cor la société messe, qui cette man nous n’en jour au li nous ouvre que nous ; serons à | pour le pe messes à les prêtres Si VOUS :
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55 messes ne année.
à l'évêque ‘e à Paris ébrons ici > l'évêque franc. Par sa société s, dont le ncroyable ociété des
re évêque je consi-
dère. Mais je suis désolé lorsque je vois que, par ces sociétés de messes, nous devenons les complices le sa simonie, Car, étant forcés la plus grande partie de l’année à célébrer le saint sacrifice pour le béné. lice des prêtres défunts, nous ne pouvons pas dire les messes pour lesquelles le peuple nous paie journellement ; en conséquence, nous sommes obligés de faire passer ces messes dans les mains de l'évêque, qui les envoie à Paris, après avoir prélevé 20 sous sur chacune.
Mais pourquoi nous lamenter sur le passé? Lo passé n’est plus en notre pouvoir; mais l'avenir est dans nos mains!
M. Têtu répondit : — Vous avez montré l'erreur du passé; maintenant, pouvez-vous nous indiquer quelque remède pour l'avenir?
— Je ne puis pas dire que le remède qui est à notre disposition soit une de ces médecines brévetées, capables de guérir toutes les infirmités de notre Église au Canada. Mais j'espère qu'il amëènera une rapide convalescence. Ce remède, c'est de détruire la société des trois messes, et d'en établir une d'une messe, qui sera dite à la mort de chaque prêtre. De cette manière, il est vrai, au lieu de 2,000 messes, nous n’en aurons, à notre mort, que 1,200, trois par jour au lieu de cinq. Mais si ces 1,200 messes ne nous ouvrent pas les portes du ciel, ce sera parce que nous serons en enfer. Par cette réduction, nous serons à même de dire beaucoup plus de messes pour le peuple; et nous diminuerons le nombre des messes à cinq sous, que notre évêque fait dire par les prêtres de Paris.
Si vous adoptez mon avis, nous nommerons immédiatement M. Têtu président de la nouvelle société. M. Parent sera le trésorier, et je consens à me char-
ger des fonctions de secrétaire. Lorsque notre société sera organisée, nous enverrons notre démission au président de la société des trois messes, et nous adresserons sans délai une circulaire à tous les prétres du Canada, pour leur indiquer les raisons de ce changement, et leur demander respectueusement de s'unir à nous dans cette nouvelle société, afin de diminuer le nombre des messes célébrées à cinq sous par les prêtres de Paris.
Deux heures aprés, la nouvelle société était complètement organisée. Les raisons de sa formation furent consignées dans un registre; et nos cinq noms furent envoyés à l’évêque, avec une lettre respectueuse l’informant que nous n’étions plus membres de la société des trois messes.
Cette lettre était signée : Ch. Chiniquy, secrétaire. Deux heures après, je recevais de l'évêché la note suivante : « Monseigneur l’Évêque de Québec désire Vous voir immédiatement pour une affaire très importante et très pressante. Ne manquez pas de venir sans relard. Votre dévoué, Charles-F. Cazeault, secrétaire »,
Je montrai cette missive au curé et aux vicaires, et je leur dis :
— Une violente tempête gronde sur la montagne. Voici le premier coup de tonnerre : l'atmosphère est sombre et pesante. Priez que je puisse parler et agir comme un prêtre honnête et courageux.
Je rencontrai, dans le vestibule de l'évêché, mon ami personnel, le secrétaire, qui me dit :
— Mon cher Chiniquy, tu vogues sur une mer périlleuse; tu seras habile marin si tu échappes au naufrage. L'évêque est très irrité contre toi. Mais ne te décourage pas, car le droit est de ton côté.
Il ouvrit ensuite la porte du salon de l’évêque, et il
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"évêque, et il
dit: — Monseigneur, M. Chiniquy est ici, attendant vos ordres,
— Faites-le entrer, répondit l’évêque.
J'entrai, et je me jetai à ses pieds, selon l’asage des prêtres. Mais l’évêque, reculant de deux ou trois pas, me dit, d’un ton sévère :
— Je n'ai pas de bénédiction pour vous avant que vous m’ayez donné une explication satisfaisante de votre étrange conduite.
Je me relevai: — Monseigneur, que désirez-vous de moi?
— Je veux, monsieur, me dit l'évêque, que vous m'expliquiez cette lettre que vous avez signée comme secrétaire d’une certaine société nouvellement éclose, appelée « société d’une messe ».
En même temps, il me montra ma lettre,
Je lui répondis : — Monseigneur, la lettre est en bon français : Votre Grandeur doit l’avoir comprise. Je ne crois pas qu’une explication puisse la rendre plus claire.
— Je veux savoir de vous, reprit-il, la raison pour
À laquelle vous quittez la société des trois messes, si jé cienne et si respectable? Ne se compose-t-elle pas à de votre évêque et de tous les prêtres du Canada? A Nétes-vous pas en assez bonne Compagnie”? Ou bien
objectez-vous aux prières qui sont dites pour les âmes du purgatoire?
Je répondis : — Monseigneur, je veux rappeler à Votre Grandeur un fait qui n’a pas assez attiré son attention. Le grand nombre des messes que nous devons dire pour les prêtres défunts, nous met dans
à l'impossibilité de célébrer celles qui nous sont payées
par le peuple. Nous sommes donc forcés de vous transmettre ces messes; mais, fair
dire par ies bons prêtres du Canada, Votre Grandeur
a recours aux prêtres de France, qui les disent pour cinq sous. Nous voyons en cela deux grands maux. Le premier, c’est que nos messes sont dites par des prêtres en qui nous n'avons aucune confiance; et, quoiqu’elles soient à bon marché, elles sont encore payées trop cher. Car, entre nous, suuf quelques rares exceptions, les messes dites par les prêtres de Paris ne valent pas un ou.
Le second mal est encore plus grand : car, à nos yeux, c'est une des plus énormes iniquités contre lesquelles l’Église ait eu à sévir dans les siècles: le crime de simonie.
— Entendez-vous dire, répliqua l’évêque avec indignation, que je sois coupable de simonie?
— Oui, Monseigneur, c’est justement ce que je veux dire.
— Vous m'insultez! s’écria l’évêque. Vous êtes l’homme le plus impudent que j'aie jamais vu. Si vous ne rétractez pas ce que vous venez de dire, je vous suspens et vous excommunie sur le champ.
— Ma suspense et mon excommunication, lui répondis-je, n’amélioreront pas la position de Votre Grandeur. Car le peuple saura bientôt que vous m'avez excommunié parce que j'ai protesté contre votre trafic de messes. Il saura que vous empochez 20 sous sur chaque messe que vous faites dire à Paris pour cinq sous, par des prêtres indignes. Et vous verrez qu’il n'y aura qu’une voix au Canada pour me bénir d’avoir protesté contre votre commerce
simoniaque sur une chose aussi sacrée et aussi sainteh
que le redoutable sacrifice du corps, du sang, de l’âme et de la divinité de Jésus-Christ.
Je prononçai ces paroles avec un calme si parfait}
que l'évêque vit que je n'avais pas la moindre peur
de ses foudres. Il commença à se promener de longk
en Jar toutes
au Ca Mais :
de v que m tion, Je LL fait de être à, Votre ( lui par Votr:
messes action autre h les pied l'Église un der tout ves connaîtr ce mon respectt tard, je l'illusion séquenc:
apprend sa bonne moi! ma peuple à sang de .
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les disent pour grands maux, dites par des confiance; et, es sont encore quelques rares rêtres de Paris
nd : car, à nos niquités contre les siècles: le
que avec indirie?
ent ce que je ue. Vous êtes jamais vu. Si nez de dire, je * le champ.
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rotesté contie vous empochez es dire à Paris gnes. Et vous | Canada pour tre commerce
et aussi sainte
, du sang, de
alme si parfait]
moindre peur
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| sang de Jésus-Christ est converti en marchandise