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en large par la chambre, et il amoncela sur ma tête toutes les épithètes qui de:
vaient m’apprendre que j'étais un insolent, un rebelle, un prêtre dangereux. — Il est évident,
me dit-il, que vous allez devenir au Canada, un réformateur, un Luther au petit pied,
Mais vous ne serez jamais qu’un singe!
Je vis que mon évêque était hors de lui-même, et que mon calme imperturbable ajoutait à son irritation,
Je lui répondis : — Si Luther n'avait jamais rien fait de pire que ce que je fais aujourd’hui, il devrait être à jamais béni par Dieu et par les hommes. Je prie Votre Grandeur de se calmer. Le sujet sur lequel je lui parle est plus sérieux qu’elle ne pense.
Votre Grandeur, en demandant 25 sous pour des messes qu'elle fait dire pour cinq sous, commet une action qu’elle condamnerait si elle était faite par un autre homme. Vous creusez sous vos pieds et sous les pieds de vos prêtres le même abime dans lequel l'Église de France a failli périr, il n’y à pas encore un demi-siècle. Vous détruisez de Vos propres mains tout vestige de religion dans le cœur du peuple, qui connaîtra tôt ou tard votre commerce simoniaque. En ce moment, je suis votre meilleur ami et le plus
respectueux de vos prêtres ; et
1, avant qu'il soit trop tard, je vous dis la vérité. Je déplore profondément
l'illusion qui vous empêche de voir la terrible conséquence qu’aura ce commerce, apprendra que vous abusez de sa bonne foi. Malheur à V
moi! malheur à notre sainte Eglise! le jour où notre peuple apprendra que
dans notre sainte religion le Le] pour
quand notre peuple son ignorance et de otre Grandeur! malheur à
remplir les trésors des évêques et des papes!
Cas dapniârss =
7 +S Päroies, prononcées avec le plus
ee
grand calme, eurent leur effet : l'évêque se tranquillisa, et me répondit :
— Vous êtes jeune et sans expérience. Votre imagination se repait facilement de fantômes. Lorsque vous serez plus âgé, vous changerez de sentiment et vous aurez plus de respect pour vos supérieurs. J'espère que votre présente erreur sera seulement momentanée. Bien que je pusse vous punir pour linsolence avec laquelle vous avez osé parler à votre évêque, je préfère vous avertir d’être plus respectueux et plus obéissant à l'avenir. Je regrette que vous m'ayez demandé de rayer votre nom de la société des trois messes, vous et les quatre imbéciles qui ont commis le même acte de folie; mais vous ètes les seuls perdants dans cette affaire.
Au lieu de 2,000 messes dites pour la délivrance de votre âme des flammes du purgatoire, vous n’en aurez que 1,200; car, soyez en certain, il y à trop de sagesse et de piété dans mon clergé pour qu’il
suive votre exemple. Vous resterez seul, et je le |
crains, couvert de ridicule : on vous appellera « le petit réformateur ».
Je répondis à l’évêque : —— Je suis jeune, il est
vrai; mais les vérités que j'ai dites à Votre Grandeur
sont aussi vieilles que l'Evangile. J'ai une telle con- 1 fiance dans les mérites infinis du saint sacrifice de |
la messe, que je crois sincèrement que 1 200 messes,
dites par de bons prêtres, seront suffisantes pour À
délivrer mon âme des feux du purgatoire.
D'ailleurs, je préfère 1,200 messes dites par de # bons prêtres à un million dites par les prêtres à k
cinq sous de Paris.
Ces dernières paroles, prononcées sur un ton demi. Ë sérieux et demi-plaisant, déridérent quelque peu le À
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