‹ Cinquante ans dans l'Eglise romaine [microforme]Chapitre 47 sur 52 · PRE · texte numérisé non relu

PRE

clure que sa guérision est naturelle. Sa vision n'était que la grande crise de Ja lièvre, pendant laquelle l'es prit vivement arrêté sur une idée, travaille avec un effor et une puissance irrésistible, en vue d'un certain résultat... C’est alors que cette chose mystérieuse dont nous connaissons si peu la nature, et que nous appelons la volonté, l'esprit, l'âme, lutte comme un géant contre la mort. Il se livre alors un vrai combat de géant dans lequel la maladie el la mort sont Souvent com me terrassées et obligées de fuir.

Mon cher père Chiniquy, vous avez livré un gran combat contre la fièvre qui vous dévorait, et contre la mort qui vous menaçait. Aussi votre victoire est complète. Je sais, d’ailleurs, que ce n'est pas la première victoire de ce senre que vous ayez remportée, el ce ne sera pas la dernière, j'en suis assuré. C’est Dieu qui vous à donné l'indomptable volonté et l'admirable force de caractère qui vous ont rendu vainqueur de la mort, cette nuit, donc on peut dire en ce sens, que c'est Dieu qui vous a guéri; mais il Vous à guéri comme il guérit tous les autres malades, avec les remèdes que lui-même a donnés. Con tinuez à combattre toute votre vie, Comme vous avez fait cette nuit, et je vous promets une longue vie, pleine de vigueur et de santé. La mort se rappellera longtemps la défaite que vous venez de lui infliger Elle n’osera vous approcher que lorsque vous serez vieux, et que vous l'appellerez à vous pour mettre fin aux fatigues, aux misères et aux ennuis de cette exis tence.

Et avec les paroles de la plus cordiale sympathie, le Dr Douglas et ses collègues me pressèrent la main et se relirèrent.

Il y a un vieux proverbe qui dit que l’homme Je plus difficile à persuader est celui qui ne veut pas

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l'être. Les paroles si pleines de sagesse et de bon sens du D' Douglas n’eurent pas d'autre effet sur: moi que de m’ennuyer, à l'exception des quelques instants où je ne pus m'empêcher de rire de ses observalions si justes. Il m'était infiniment plus agréable de croire que ma guérison était miracu. leuse. Cette idée était bien plus conforme à tout ce que mon Eglise (que j'aimais tant alors) m'avait enseigné sur le pouvoir des saints dans le ciel. D'ailleurs, l'archevêque de Québec, Monseigneur Turgeon, et mon confesseur, M. Baillargeon, curé et plus tard évêque de Québec, vinren’ bientôt me voir, et me confirmer dans l'assurance que j'avais été miraculeusement guéri.

Le peintre Plamondon, nouvellement arrivé de Rome, où ses talents lui avaient acquis une assez grande réputation, fut appelé et commença tout de suite sous ma direction, à esquisser le tableau que j'avais promis. J'y étais fidélement représenté, mourant et demandant le secours de sainte Anne et de sainte Philomène, qui m'apparaissaient assises sur ui nuage d’or élincelant de lumitre, et me guérissaient.

Trois mois plus tard, j'arrivais, le soir, avec mon tableau au presbytère du. curé de la Bonne-Sainte- Anne-du-Nord. Il s'appelait Ranvoizé et m'était un peu parent. Il était alors âgé d’environ soixantecinq ans, et avait la juste réputalion d’être très riche et très charitable. Il avait une magnifique biblothéque, et passait pour un des prêtres les plus insiruits du Canada. Après que nous eùmes pris le thé, il me dit :

— Est-il possible, mon cher cousin, que vous alliez nous jouer demain une aussi ridicule comédie? Ne Yoÿez-vous pas que cette prétendue guérison miraculeuse n’est que ce que les gens instruits appellent

un ellort suprême de la nature? Et cette vision des ‘deux saintes, ne comprenez-vous pas que ce n'est là qu'un effet de la fièvre sur votre cerveau malade”?

Il ajouta à ces paroles des remarques si inconcevantes et si blasphématoires que je n'ai pas de paroles pour dire ce que j'en éprouvai de surprise, de tristesse et de dégoût. Pendant quelque temps je restai muet de honte, Pour toute réponse, j'avais envie de prendre mon chapeau, de sortir brusquement de son presbytère et de m’en aller coucher chez son frère, notaire de l’endroit, dont la maison n’était qu'à une petite distance. Mais, après un silence assez long, je lui répondis :

— Comment osez-vous parler avec tant de iégè. reté sur un sujet aussi solennel et religieux que celui qui m'amène ici? Est-ce que vous avez cessé de croire au pouvoir que les saints du ciel ont auprès de Dieu? Ne comprenez-vous donc pas qu’étant plus purs que nous, ils sont plus aisément écoutés que nous, qui ne sommes que de vils pécheurs? N’êtes-vous pas le témoin journalier des guérisüns miraculeuses opérées dans votre église par l’intercession de sainte Anne? Que veulent dire ces milliers d’ex-voto dont les murs de votre église sont couverts?

Ma foi robuste dans l’intercession des saints, et surtout l’allusion que je fis aux béquilles suspendues aux murs de l’église, amencrent de nouveau, de sa part, un tel éclat de rire que je me trouvai complétement déconcerté et scandalisé. Je restai muet encore quelques moments. J'aurais voulu n'avoir jamais mis les pieds dans cette maison, et j'aurais volontiers donné tout ce que j'avais de sang dans les veines, pour n’avoir jamais connu un prêtre qui insultait si grossièrement, à ce qu’il me semblait, aux croyances les plus saintes de notre Église. Quand il eut ri à cœur joie, prenant un ton grave, il dit :

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— Mon cher cousin, vous êtes le premier et le seul homme au monde à qui je parle le langage de la vérité, sur ce sujet. Jamais, de ma vie, je n'ai ouvert la bouche sur cette question, Pour la pre mière fois, je dis ce que j'en pense et ce que je sais être la vérité, pour deux raisons. La première, est que vous êles mon parent : votre père était un de mes plus intimes amis, et je dois à sa mémoire d'ôter de votre esprit des fables et des mensonges qui dégradent et couvrent de ténèbres les âmes que l'Évangile a mission d'éclairer.

Ma seconde raison pour vous révéler la vérité sur celte question, est que je vous ai toujours connu et respecté comme une de nos intelligences d'élite. Si vous étiez un de ces prêtres idiots et ignorants, comme la plupart de ceux dont nos évêques d’aujourd’hui aiment à s’entourer, je vous laisserais marcher dans votre fausse route: je ne m'occuperais nullement de vous initier à des secrets que vous ne pourriez comprendre. Vous êtes jeune et me voilà vieux; il me semble que c’est pour moi un devoir de conscience et d'honneur de ne pas descendre dans mon tombeau sans révéler à quelqu'un, capable de me comprendre, la grande imposture qui séduit. tant d’intelligences, et trompe tant d’honnêtes gens, sous le nom de miracles de la Bonne-Sainte-Anne-du- - Nord. Voilà plus de trente ans que je suis curé de celte paroisse, et je suis prêt à faire serment, et à prouver devant le monde entier, qu’il ne s’est pas fait un seul miracle dans mon église pendant tout ce temps. Cependant, les échos du Canada sont pleins des récits des guérisons miraculeuses qui s’opèrent ici tous les jours! Vous pouvez me croire, mon cher cousin, je n'ai aucun intérêt à vous tromper. J'ai étudié à fond l’histoire de tous ces miracles; je vous.

CRE are

assure devant Dieu que toutes ces choses sont des impostures répétées par des prêtres idiots, après avoir été inventées par des laïques menteurs et voleurs. Quatre-vingt-dix-neuf sur cent de ces béquilles, dont vous voyez un nombre si grand sur les murs de mon église, ont été laissées là par des mendiants dont voici la fidèle histoire. Les gueux comprennent fort bien que leur métier ne leur rapportera guère, sils laissent voir leurs larges épaules, leurs bras vigoureux et leurs jambes agiles; mais qu'ils rece. vront partout de riches et abondantes aumônes, s'ils se présentent infirmes, boiteux, eslropiés, incapables de gagner leur vie. Ils se procurent donc une ou deux béquilles, avéc lesquelles ils font le tour du pays, vivant comme des seigneurs à la table de nos plus riches fermiers, et remplissant souvent leur bourse de plus d'argent que vous et moi n'en aurons jamais. Après un certain nombre d'années, plusieurs d'entre eux ont amassé une fortune assez ronde pour acheter une terre, et vivre à l'aise dans leur famille. La béquille commence alors à les ennuyer : ils voudraient bien s’en débarrasser. Mais commenl? Par un miracle, tout simplement, Notre boiteux, dont les jambes ont toujours été aussi saines que les nôtres, quilte de nouveau sa maison, et se met en roule vers la Bonne-Sainte-Anne-du-Nord pour lui demander sa guérison. Chacun l'écoute bouche bée, On admire sa piété, on exalte sa foi, et l'on redouble la somme de l'aumône ordinaire, tout en l'invitant à revenir prouver sa guérison, ce qu'il ne manque pas de faire, car cela rapporte gros. Notre boiteux arrive donc ici, il me donne une, deux et quelquefois cinq piastres pour dire des messes €n l'honneur de la sainte Anne, que je serais bien sot de refuser, vu que je sais ie gousset du porteur

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de béquilles souvent bien mieux garni que le mien, Je dis donc sa messe, à laquelle il communie, Mais la messe n'est pas encore finie, qu'on entend une béquille rouler sur le plancher, et l'église se remplit de cris de joie : « Au miracle!! au miracle!! » Des larmes d'udmiration coulent de tous les yeux, excepté des miens. Mon homme, ainsi guéri miraculeusement, retourne sur ses pas, parcourant de nouveau le Pays, en proclamant le grand pouvoir de la sainte, Les curés, non moins imbéciles que la foule. les éditeurs hypocrites de nos journaux, les évêques eux-mêmes, crient partout : « Au miracle!! au miracle!! »

Quelques autres, un sur cent peut-être, sont réellement guéris par la volonté de l'être ; ils remuent les jambes, font mouvoir les jointures avec des efforts tout nouveaux : efforts qui les auraient guéris tout naturellement, dix ou vingt années plu avaient faits. Dans ces cas, qui rés rares, les pauvres ignorants sont de bonne loi. Mais les profondes ténèbres qui enveloppent leur esprit, sont cause qu'ils attribuent à un miracle ce qui n’est que l'effet naturel d’une volonté pluiätre, d’un effort suprême. D'ailleurs, mon che cousin, ne savez-vous pas Comme moi que l'âme et la volonté humaine ont souvent une force irrésistible sur les organes? N'a-t-on pas déjà vu la joie ou la peur tuer un homme sur le coup ou guérir un malade subirement® Je n'oublierai jamais ce qui m’arriva la première fois que j'allai chez le docteur pour me faire arracher une dent qui me torturait depuis huit jours. Le docteur ouvrit la hoîte qui renfermait ses instruments de chirurgie, les aligna soigneusement sur la table, puis il ôta son habit, releva ses manches, et me dit : € Asseyez-vous là, Monsieur ». À cet instant, je fus

s'ils les

guéri, parfaitement guéri! Je pris mon chapeau et sortis, sans même dire. adieu au docteur qui se pâmait de rire. Allez-vous trouver miraculeuse ma guérison subite et complète? Ce docteur était-il un thaumaturge ou un sorcier? Non; la peur seule m'avait guéri, et guéri pour toujours, car grâce à Dieu, cette dent est toujours à sa place, et ne m'a jamais fait mal depuis. Un des points faibles de notre Eglise est la ridicule crédulité avec laquelle papes, évêques, prêtres et laïques croient aux miracles ct aux reliques. Tous ces chapelets, médailles, scapulaires, jubilés, pélerinages, ossements de saints, les. quels sont le plus souvent des os de poulets, sortis des diners des papes et des cardinaux, ne sont autre chose que les inventions du vieux paganisme qu’on 4 a eu l'habileté d'emprunter, de rajeunir et de baptiser d’un nom chrétien, Si j'étais pape, je jetterais toutes ces choses à la mer : je ne présenterais aux pécheurs que Jésus-Christ crucifié, comme objet de leur culte, de leur espérance, de leur foi et de leur amour, comme les apôtres Paul, Pierre, Jacques ct Jean ont fait dans leurs épiîtres.

Je ne répéterai pas tout ce que j'entendis en cette occasion, contre les miracles, les scapulaires et auîres Superstitions de l'Eglise de Rome. Ce serait trop long, car il parla sur ce sujet comme un protestant, comme un homme intelligent, depuis huit heures du soir jusqu’à une heure après minuit. Ce qu’il me dit me parut plus d’une fois plein de bon sens, mais je fus en général extrêmement peiné et scandalisé par ses diatribes, car le tout était dirigé contre des enseignements et des pratiques que j'avais appris à respecter. depuis ma plus tendre enfance. Trop jeune dans la prétrise, ou trop lâche pour lui imposer silence, je me contentais, de temps en temps, de jui

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montrer ma désapprobation; je le plaignais sincère-

ment, dans mon cœur, de ce que sa foi s'éiait affaiblie au lieu de se fortifier à mesure qu'il s’approchait du terme de la vie. A la fin, cependant, je crus devoir lui dire, sans cérémonie :

— Je savais depuis longtemps que les évêques de Québec ne vous aiment pas, sans en connaitre la cause; je commence à le comprendre: mais permettez-moi de vous dire que s’ils savaient comment vous parlez des miracles opérés ici, ils vous interdiraient sur-le-champ.

— Âllez-vous donc me trahir? me répondit-il avec vivacité. Avez-vous l'intention d'informer les évêques de ce que je vous ai si confidentiellement communiqué, comme mon parent et mon ami?

— Ne craignez rien, lui répondis-je, j'aimerais mieux être brûlé vif que de payer votre ühospitalité avec la monnaie d’un Judas.

Il était temps de songer à prendre quelque repos. Il me conduisit à ma chambre à coucher, me souhaitant bon sommeil, et ajouta en badinant :

— Tâchez de voir cette belle Philomène de dix-huit ans dans vos songes.

Mais ce fut en vain que je cherchai le sommeil. J'éprouvais une peine inexprimable à la pensée que ce vieux prêtre si instruit n’était qu'un protestant déguisé.

De grand matin, le lendemain, les pélerins commencèrent à arriver par milliers, non seulement de toutes les paroisses environnantes, mais des coins les plus reculés du Canada. Le fleuve St-Laurent était littéralement couvert de bateaux et de chaloupes. A dix heures du matin, plus de dix mille personnes encombraient l’église et se pressaient autour de ses murs pour voir et entendre celui qui non seulement

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avait eu l'honneur de voir deux des plus grandes saintes du paradis, mais qui avait été guéri si miraculeusement par elles. Il m'est impossible de dépeindre l'émotion qui s’empara de moi et de toute cette multitude, lorsque je découvris le magnifique tableau, ct que je le suspendis aux murs de l'église après avoir raconté l’histoire du miracle. Que de larmes de joie! que de manifestations de vive piété et de foi | sincère, en ce jour d’illusion!

Même lorsque Dieu eut changé mon cœur et mes croyances, je restai quelque temps inquiet à ce sujet, tant ma foi était ferme en la réalité de ce miracle. Comment une religion si mauvaise peut-elle produire | de pareils prodiges, me demandais-je anxieux?

Mais le Seigneur, dont les miséricordes sont infinies, devait bientôt m’arracher cette dernière illusion.

À peu près un mois après ma conversion, vers la fin de juillet 1858, j'allai préparer à la mort un Irlandais qui avait, lui aussi, abandonné les errreurs du romanisme. Il était atteint des mêmes terribles fiévres qni avaient fait tant de victimes à l’Hôpital-de- Marine en 1836 et 1837, et je contraciai de nouveau la maladie. Je passai pendant quatorze jours par toutes les phases du mal qui m'avait mis une fois déjà aux portes de la mort, et ma sentence de mort fut prononcée; mais si, en 1837, j'avais éprouvé une inexprimable terreur à la pensée des jugements de Dieu, ce'te fois-ci, n'ayant mis ma confiance qu’en Jésus-Christ, je sentais mon espérance appuyée sur un roc inébranlable. Je croyais, je savais que j'étais sauvé par le Fils de Dieu dont toutes les

2uvres sont parfaites. Mon salut était donc un salut parfait, il avait parfaitement payé mes dettes. Je voyais la mort approcher sans aucune crainte; bien

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plus, j'étais heureux à l’idée que j'arrivais au terme du voyage et que j'allais, dans quelques minutes, entrer dans ce port qui ne connaît ni tempêtes ni vaufrages. Une chose, cependant, me troublait, J'avais reçu une lumière que je désirais ardemment faire connaître à mes frères. Mais j'allais les quitter, ces frères si chers, dans les ténèbres et dans les voies de la mort! Je dis alors à Dieu du fond de mon âme, car mes lèvres étaient froides et inanimées depuis plusieurs jours :

— Bon et adorable Sauveur Jésus, je suis heureux de quitter aujourd’hui ce triste monde pour m'en aller vers toi pour l'éternité, si c’est selon ta sainte volonté. Mais je lrais prêcher ton Saint Evangile à mes chers cer: ;2triotes et leur faire connaître les erreurs et l'idoiâtrie de l'Eglise de Rome et pour cela, dans ton infinie miséricorde, veuille me donner encore quelques jours de vie.

À peine ces paroles étaient-elles montées de mon cœur vers Dieu, que j’aperçus douze évêques armés d'épées, accourant vers roi, pour m'ôter la vie. Nullement effrayé par cette terrible vision, je saisis l'épée du premier, et le frappai avec tant de force que la tête roula sur le plancher et j'en fis autant à tous les autres. Je ‘jetai alors un grand cri et me réveillai comme d'un long sommeil, en éprouvant une sorte de choc électrique, qui me secoua de la tête aux pieds! J'étais guéri! entièrement guéri! Je demandai à manger, car j’éprouvais une faim dévorante.

Cette guérison si merveilleuse, accomplie par la grace de Dieu, n'était pas seulement la guérison du Corps, mais aussi celle de la raison et celle de l’âme. Je me rappelai ma première guérison, et je compris parfaitement qu’elle n’avait pas été plus miraculeuse

que la seconde. Dans l’un et l’autre cas, mon Dieu, par son fil. Jésus, avait été mon médecin, mon Sauveur et ma vie, et il devait le rester pour le temps et pour l'éternité.

À Lui et à Lui seul soient gloire, louange, amour dans tous les siècles.

Le tableau blasphématoire que je suspendis aux jours de mon aveuglement dans l'église de Ste-Anne, y resta jusqu'en 1859, où j'allai renverser ce triste échafaudage de superstitions. C'était au péril de ma vie, car mes portraits furent alors tous brûlés sur l'ordre des prêtres qui se vengaient ainsi par contu-

mace, ne pouvant se saisir de ma personne qui leur élait devenue odieuse. :

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