XXXI. Ma nomination comme curé de Beauport
Le vingt-et-un septembre 1838 fut un jour de deuil et de larmes pour moi. Mon ami, M. Cazeault, m'avait apporté, avec ses félicitations, ma lettre de nomination à la cure de Beauport. Une sentence de mort ne m'aurait pas tant affligé que cette lettre. Je n'avais jamais caché à mes collègues ma répugnance à être curé de cette paroisse, qui était un vrai repaire d’ivrognes, ce qui ne l’empêchait pourtant pas d’être l’objet de la convoitise d’un grand nombre de prêtres.
Ses habitants étaient pauvres, misérables, ignorants, malgré la richesse de leurs carrières de pierre à chaux, la grande fertilité de leurs champs et de leurs jardins, la beauté de leurs forêts, dont ils portaient le bois à la ville de Québec. Leurs immenses revenus s’engloutissaient à l'auberge. Combien de fois n’avais-je pas vu les rues de Québec qui avoisinent le marché rendues presque impraticables par
mon Dieu, , mon Sauar le temps
ige, amour
spendis aux > Ste-Anne, r ce triste éril de ma brûlés sur par contu- 1e qui leur
>auport.
ir de deuil ault, m’are de nontence de > lettre. Je épugnance n vrai reurtant pas ombre de
les, ignode pierre 1ps et de it ils porimmenses mbien de qui avoiables par
l'encombrement des ivrognes de Beauport, L’air retentissait de leurs cris, et souvent le sol était rougi de leur sang. La cause de cette effroyable dégradation était dans le fait que leur curé avait toujours adopté la dégradante morale d’un des plus grands théologiens de Rome, Liguori, qui a dit que tant qu’un homme peut distinguer entre une épingle et une meule de foin, il n’est pas ivre; et qu'il est, par conséquent, exempt de péché mortel. Avec cet axiome le curé Bégin se persuadait lui-même et persuadait ses paroissiens qu'il n'y avait pas d'ivrognes à Beauport.
Après avoir lu la fatale missive qui m'’envoyait dans ce triste lieu, je cherchai le moyen d'échapper à ce coup de foudre. Je pensai que si j'allais parler à l'évêque et lui exprimer les raisons que j'avais de repousser le trop pesant fardeau qu’il venait de mettre sur mes épaules, il se laisserait peut-être attendrir, Je savais, d’ailleurs, qu'un grand nombre de prêtres convoitaient cetie paroisse avec autant d’ardeur que j'en mettrais à la refuser. Je me rendis donc au palais épiscopal et j'y plaidai ma cause avec une éloquence qui me parut devoir être irrésistible, L'évêque m'écouta, sans m'interrompre, avec l’attention et la bonté d’un père. Puis il me dit :
— Mon cher Chiniquy, vous oubliez trop que la première vertu d’un bon prêtre est d’obéir à ses su périeurs. Il n’y a pas longtemps encore, vous m'avez singulièrement désappointé lorsque vous avez décliné l'honneur d’être nommé évêque de l’Orégon, où nous avons tant de Canadiens qui oublient leurs principes religieux, faute d’évêque. Je ne vous le cachy pas, votre obstination à refuser de vous rendre à nos justes désirs, dans une chose qui était aussi honorable pour vous qu’utile à l'Eglise, m’a profondément
peiné. Si vous continuez à préférer vos propres idées à celles de vos supérieurs, je crains pour votre foi quelque grand naufrage, dans un avenir plus on moins éloigné. Je regrelte d'avoir trop souvent plié devant votre résistance à ma voionté. Aujourd’hui, autant par respect pour moi-même que pour vitre propre bien, j’exige de vous une soumission absolue, Quod scriptum, scriptum est. Votre nom est écrit dans mes registres comme curé de Beauport; il y restera comme tel jusqu'à ce que ‘aie de meilleurs molifs que ceux que vous m'avez donnés pour l'en elfacer. Vous m'avez parlé de l'ivrognerie qui règne à Beauport, comme une des raisons qui devraient m'empêcher de vous nommer son curé : mais c'est justement à cause de cela que je vous ai chargé du soin de cette paroisse. Je ne connais pas dans mon diocèse de prêtre plus capable que vous de lutter contre ce vice dégradant. Après tout, je ne vois pas pourquoi vous vous désolez tant d’êtresnommé curé de cette paroisse. C’est la plus belle du Canada et l'un des sites les plus enchanteurs du monde entier. Outre les revenus considérables que vous y trouverez, vous jouirez de tous les avantages de la ville, unis aux charmes d’une des plus belles campagnes de ce continent.
L'évêque s'arrêta un moment après ces paroles, puis, avec un sourire plein d'affabilité, il ajouta :
— Si vous n’êtes pas content de votre évêque aujourd’hui, je ne sais trop comment m'y prendre pour vous satisfaire.
Bien que ces paroles, pleines de bon vouloir, fussent loin de me réconcilier avec ma nouvelle position, je sentis qu’il fallait me soumettre.
Quelques jours avant de quitter Beauport pour sa nouvelle cure, M. Bégin m'invita à prendre part à la
ropres idées ur votre foi ir plus ou ouvent plié \ujourd’hui, pour vitre on absolue, m est écrit auport; il y e meilleurs s pour l'en > qui règne i devraient mais c’est chargé du dans mon de lutter ne Vois pas mmé curé Canada et nde entier. ; y trouvee la ville, campagnes
S paroles, ajouta :
ivêque aundre pour
uloir, fuselle posi-
rt pour sa > part à la
— JM —
vente publique de ses meubles pour acheter ce qui me conviendrait pour mon nouveau presbytère. Le peuple de Beauport presque tout entier m'avait devancé à la cure, non seulement pour donner une dernière marque d'estime à leur ancien curé, mais sans doute aussi pour y voir leur nouveau prêtre. Je ne fus pas longtemps parmi la foule sans m'apercevoir que ma peiite stature et ma maigreur extrême étaient l'objet de la risée et du mépris général. J’entendis un des habitants qui murmurait à l'oreille de son voisin : — Notre nouveau curé n’est pas plus gros que ma blague à tabac, je pense qu'il logerait aisément dans mes poches! Une femme qui n'était qu'à deux pas de moi, dit à sa voisine assez haut pour que je l’entendisse : — Dis donc, cousine, ce pauvre petit curé n'a-t-il pas l'air d'une sardine salée! et sa voix se perdit dans ses rires.
Un homme doué de plus d'esprit que moi aurait pu se tirer d'affaire par quelques mots, dits à propos. Mais la nature m’a refusé le don de ces réparties fines et cette présence d’esprit si utiles dans des circonslances semblables.
La vente était presque terminée, lorsqu'on apporta une longue table chargée d'une fabuleuse quantité de verres à vin, à rhum et à liqueur, ainsi qu’une mullitude incroyable de carafons et de bouteilles de toutes grandeurs. De bruyants éclats de rire et de joyeux applaudissements accueillirent cette apparition dégoûtante. Tous les regards se fixèrent sur moi, et cent voix me dirent : — Voilà pour vous, M. le curé.
Sans peser suffisamment ce que je disais, je répondis immédiatement avec un grand sérieux : — Je ne viens pas à Beauport acheter des verres et des bouteilles : mais je viens les casser.
Une étincelle en tombant sur un baril de poudre
RD Are
n'aurait pas causé une plus subite et plus terrible explosion que ces imprudentes paroles en éclatant au milieu de la foule qui m’environnait. Sans être absolument ivres, la plupart de ceux et de celles qui étaient là avaient bu quantité de verres de rhum, que le curé Bégin lui-même leur avait donnés dans une des chambres du presbytère, Un vrai déluge de jurements, de blasphèmes, d'insultes et d'outrages, comme je n'en entendis jamais, m’assaillirent de tous côtés; et force me fut de m'esquiver par le plus court chemin.
Je me rendis à l'instant au palais épiscopal, conjurer de nouveau mon évêque de donner la cure de Beauport à un autre prêtre. Je lui confessai ingénüûment mon imprudente réponse; et je lui dépeignis, sous leurs vraies couleurs, les outrages qu’elle m’avait attirés, et j'ajoutai : — Vous voyez, Monseigneur, que j'ai déjà perdu, et pour toujours, le confiance et l'estime de ce peuple : confiance et estime sans lesquelles je ne puis rien faire au milieu de lui. Envoyez-moi dans les forêts les plus reculées de votre diocèse; j'y précherai avec joie, et j'espère avec succès : mais j'aimerais mieux être porté en terre, dimanche prochain, que d'aller au milieu d’une paroisse aussi dégradée par la boisson que celle de Beauport.
L'évêque me répondit :
— Je suis loin de partager vos regrets de la réponse que vous avez faite à ces gens. Il est évident qu'ils voulaient voir de quel bois vous vous chauffiez. Si vous aviez eu la faiblesse de plier et de vous rendre à leurs désirs, vous étiez à jamais perdu dans leur estime et dans la mienne : mais vons vous êtes montré brave et intrépide jusqu’à l’héroïisme dans votre réponse, et vous avez, j'en suis cerlain, gagné
an ons ses.
md | ben mm ms hot) jus
lus terrible n éclatant Sans être celles qui de rhum, nnés dans déluge de d'outrages, ent de tous ar le plus
opal, conla cure de ai ingénuüdépeignis, elle m’anseigneur, nfiance et sans les-
> lui. Ens de votre avec sucen terre, d'une paelle de
de la rét évident chauffiez.
vous renrdu dans ous êtes me dans n, gagné
— Ai —
leur estime et leur respect pour toujours. Je connais le peuple de Beauport depuis longtemps; il est adonné à l'ivrognerie d’une manière lamentable, mais, à part ce vice, il n’y a pas au monde un peuple plus noble. Il n’a pas d'éducation, m:is il possède à un haut degré le sentiment de ce qui est juste et vrai, et vous verrez bientôt que son gros bon sens commun vaut mieux que les livres d'un grand nombre de personnes qui ne savent pas s'en servir. Vous l'avez surpris par voire brusque réponse, mais les injures que plusieurs vous ont dites ne sont qu'un de ces mouvements primo primus qu'ils ont probablement regretté un moment après. Allez, non pas avec vos mains, mais avec vos paroles, casser les verres et les carafes, et on vous bénira. Il est vrai que ce serait un véritable miracle, mais avec la grâce de Dieu, vous pouvez tout espérer. Allez à Beauport comme un vrai soldat de Jésus-Christ combattre l'ivrognerie et les autres vices qui en découlent, et le bon Dieu vous donnera la victoire.
Ces paroles si bienveillantes ne firent du bien. Je sentis qu’il fallait définitivement me résigner à porter
Je pesant fardeau qui se présentait devant moi. Il ne
me restait plus qu’à mettre ma confiance en Dieu et à marcher vers le: champ de bataille d’un pas aussi ferme que si j’eusse été certain de la victoire. Il me vint alors à la pensée que j'avais commis un grand péché, en refusant d’être évêque de l'Orégor., et que Dieu, pour m’en punir, m’envoyait dans cette paroisse de Beauport, qui m'apparaissait alors sous de si sombres couleurs.
Le dimanche suivant, l’église était littéralement bondée de gens, tous plus ou moins curieux de voir et d'entendre leur nouveau curé. J'avais passé les trois dérniers jours en jeùnes et en prières; et Dieu
— it —
sait que jamais prêtre de Rome, ni ministre de l'Evangile n'est monté en chaire avec des idées plus exaltées de sa sublime mission. Dieu sait aussi que Jamais homme ne se sentit plus profondément humilié sous le poids de sa propre misère, et de son impuissance, que je ne l’étais lorsque je me présentai devant ce peuple pour la premiére fois, afin de lui parler de ses destinées éternelles.
Je pris pour texte de mon premier sermon : « Mal heur à moi si je ne prêche l'Évangile >, (1 Cor. IX. 16) Je parlai avec une telle émotion que souvent ma voix était étouffée. Par la grande miséricorde de Dieu, l'effet de ce discours se faisait encore sentir lorsque je quittai cette paroisse quatre ans plus tard.
Après le sermon, je dis à mes auditeurs :
— J'ai une faveur à vous demander, et comme c’est la première, j'espère que vous ne me la refuserez pas. Je viens de vous parler de quelques-uns des devoirs de votre jeune curé envers vous, je souhaiterais que vous fussiez tous ici cet après-midi, à deux heures, afin que je vous entretinne de vos devoirs envers lui.
Ils furent unanimes à me le promettre, et ils tinrent parole : l'église était si possible encore plus remplie l'après-midi que le matin. Mon texte fut: «Le bon berger conduit ses brebis, et marche devant elles : et ses brebis le suivent, car elles connaissent sa voix (Jean X, 4). » Ces deux sermons, le même dimanche, étaient dans l'Eglise du Canada une nouveauté qui me valut bien des critiques amères de la part de mon évêque et des prêtres du voisinage. Ils en conclurent que j'étais un orgueilleux qui voulait se faire passer pour plus zélé et plus saint que les autres. Non contents de s'exprimer ainsi entre eux, ils en vinrent bientôt à me ie dire à moi-même dans les termes les plus pénibles.
Mai Je n’ était d trefois retena que je que p dans 1:
sentan jour. | deux c les qua j'étais un gra
Trois cidai à paroiss bime d senter prouver ma sur courage ironiqu au peu] ne sont et trom rigidité l'ivrogne nous br pas cons Est-ce les épou grâce, 1 vous vot Christ It
re de l'Édées plus aussi que nt humie son imprésentai in de lui
n: «Mal.
Cor. IX,
souvent icorde de re sentir lus tard,
comme refuserez uns des souhai- , à deux devoirs
e, et ils re plus fut: «Le nt elles ; sa Voix nanche, uté qui de mon clurent
passer )n convinrent termes
Mais mon Dieu savait que mes motifs é Je n'avais que deux choses en vue :
était d'empêcher mes paroissiens d'aller, comme autrefois, passer l'après-midi dans les lavernes, en les retenant au pied de leurs autels par des instructions que je rendais aussi intéressantes et aussi solides que possible. La seconde était de graver la vérité dans leur intelligence et dans leur cœur, en la présentant deux fois, sous différents aspects, le même jour. Mais quoique j'aie été souvent blâmé de tenir deux cultes chaque dimanche, j'ai persévéré pendant les quatre années que j'ai été curé de Beauport; car j'étais de plus en plus convaincu qu'il en résultait un grand bien sous tous les rapports.
taient purs, la première
Trois mois ne s'étaient pas écoulés que je me décidai à établir une société de Tempérance dans ma paroisse, y voyant le seul moyen de l’arracher à l'abime de l’ivrognerie où elle était tombée. J'allai présenter mon projet à l’évêque, dans l'espoir qu'il l’approuverait et le bénirait, mais quelles ne furent pas ma surprise et ma tristesse, lorsqu’au lieu de m'encourager, il se moqua de moi de la manière la plus ironique, et me défendit absolument d'en parler au peuple. Ces sociétés de Tempérance, me dit-il, ne sont que des institutions protestantes pour séduire et tromper le monde, sous une fausse apparence de rigidité et de perfection pharisaïques. Prêchez contre l'ivrognerie, mais laissez - nous tranquilles lorsque nous buvons notre vin modérément. St-Paul n’a-t-il pas conseillé à son disciple Timothée de boire du vin? Est-ce que Notre Seigneur n’a pas fait du vin que les époux de Cana et les conviés ont bu avec lui? De grâce, ne cherchez pas à nous faire accroire que vous voulez être plus parfait que les apôtres et Jésus- Christ lui-même n’ont été.
Je quittai l’évêque, mais mon âme était dans un état de détresse inexprimable, Espérant, cependant, que les prêtres qui m'environnaient comprendraient plus aisément le bien incalculable que la société de Tempérance ferait à nos populations, je me décidai à leur en parler. Mais ils furent unanimes à m'accabler sous le poids des plus amères critiques, et à rire de moi comme d’un visionnaire : ils me demandère:it tous, au nom du sens commun, de ne plus jamais leur en parler. Non, jamais je ne pourrai | primer ce que j'éprouvai de tristesse, lorsque je vis l'opposition formidable de l'évêque et de tout le clergé, à cette réforme que Dieu me montrait si clairement être la seule planche de salut de ma chère paroisse et de mon pays tout entier.
Ce Dieu bon seul, sait ce que j'ai versé de larmes, ce que J'ai passé de nuits sans sommeil, à quelles études je me suis livré, quelles ardentes prières j'ai fait monter vers le ciel, lorsque je sentais mon impuissance à lutter seul contre tant d'obstacles. J’adressais mes prières, tour à tour, à tous les saints et saintes du paradis, à tous les anges et séraphins qui sont autour du trône de Dieu, pour qu'ils vinssent à mon aide, en m'obtenant Ja grâce de détruire cette ivrognerie qui ruinait mon pays. À plusieurs reprises, Je pris la résolution de commencer seul cette grande réforme, malgré les évêques et les prêtres, mais chaque fois que je voulais commencer mon travail, j'étais terrassé par le sentiment de mon isolement et de l'opposition du clergé. Mais en attendant de mettre la main à la charrue, et de lui faire tracer le premier sillon, que de jours et de mois j'ai passés à prier Dieu et tous les saints! que de livres j'ai lus! que d'études sérieuses et profondes j'ai faites! que d’heures j'ai consacrées à méditer les meilleurs arguments en faveur des sociétés de Tempérance |!
Je Je sav:
enfants rieuses pensée pour 84 l'enfer, j'allais armes frapper la force
Un j Mathiet lande, } et des mon ch avait cc
Sa ré écrite ] homme.
tant; de m'occup prier po àme con plirent d Si c’est tous les raient cc qu'il sou bat, et cç Que son
était dans un nt, cependant, omprendraiert : la société de je me décidai mes à m'accaques, et à rire > demandére:it e plus jamais rrai exprimer je vis l'oppot le clergé, à si clairement hère paroisse
sé de larmes, eil, à quelles es prières j'ai lais mon imacles. J’adresles saints et séraphins qui u’ils vinssent détruire cette eurs reprises, cette grande rêtres, mais mon travail, isolement et int de mettre r le premier issés à pricr j'ai lus! que | que d’heu- "s arguments
Je me sentis enfin parfaitement maitre Je savais ce que j'aurais à dire pour enrôûler tous les enfants de mon cher Canada sous les bannières glorieuses que le ciel me montrait d'avance, d pensées de jour comme dans mes visions de nuit, et pour sécher tant de larmes et arracher tant d'âmes à l'enfer, Je connaissais parfaitement l'ennemi que j'allais combattre : je connaissais aussi la forre des armes que le ciel avait mises dans mes nains por le frapper à mort. Il ne me manquait plus ju une chose,
la force pour mettre ces armes en activité,
Un jour, il me vint à la pensée d'écrire au Père Mathieu, ce grand apôtre de la Tempérance en Irlande, pour lui demander le secours de ses conseils et de ses prières, afin que je pusse introduire dans mon cher Canada quelques-uns des bienfaits dont 1 aVait couvert sa patrie,
Sa réponse m'arriva bientôt, Elle me parut plutôt écrite par la main d'un ange que par celle d'un homme, Il me disait de me mettre à l'œuvre à l'ins= tant; de ne compter que sur le secours de Dieu, sans m'occuper des hommes, Il me promettait aussi de prier pour moi. Ses paroles descendirent d àme comme venant du ciel même, t plirent de lumière et de force, Je me dis à moi-même: Si c'est l'œuvre de Dieu, je réussirai quand même tous les évêques et les prêtres et tout l'univers seraient contre moi. J'élevai mon cœur qu'il soutienne mon bras et dirige lui-même le combat, et ce Dieu bon m'’entendit el exauça ma prière, Que son saint nom en soit éternellement béni!
de mon sujet,
uns mes
ans mon ant elles me rem-
vers Dieu pour